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thierry billet

Écologiste annécien

Publié le 12 Mai 2014 par Thierry BILLET

Partir loin, dans un rythme différent, permet de rendre matûre une réflexion que l'on porte depuis des mois et qui devient progressivement évidente. La question du "pacte de responsabilité" devenue l'alpha et l'omega du Président HOLLANDE est présentée comme une démarche social-démocrate. Une démarche de compromis social dont la FRANCE a besoin pour sortir de l'ornière. La preuve d'une modernisation des relations sociales dans notre pays. J'ai toujours plaidé pour la négociation collective, je n'en change pas. En revanche, ce qui nous est présenté comme social-démocrate n'a rien à voir avec la social-démocratie. Qu'on me parle de la création d'un SMIC en ALLEMAGNE, et je vous dis qu'elle en est une illustration évidente : le capitalisme d'outre Rhin doit accepter une régulation de son fonctionnement et l'abandon de salaires à 4 euros de l'heure pour ses travailleurs roumains dans ses abattoirs. Car c'est bien de cela dont il s'agit quand on se veut social-démocrate : réguler le capitalisme pour limiter ses abus et améliorer le sort des salariés. C'est ce que la gauche a fait en 1983 avec les lois AUROUX : de nouveaux droits pour les salariés et leurs organisations syndicales dans le cadre du système économique capitaliste. De "nouveaux droits". On dirait que c'est un gros mot aujourd'hui.

Le pacte de responsabilité propose t'il le moindre nouveau droit aux salariés et aux syndicats ? La réponse est négative. La démarche est fondée uniquement sur des reculs sociaux en contre partie d'embauches putatives. Tandis que les pères La RIGUEUR du MEDEF s'octroient des augmentations de rémunération honteuses, méprisantes pour les salariés. Aucune analyse économique impartiale ne vient corréler la baisse du coût du travail et la création d'emplois pérennes. Il n'y a que les idéologues libéraux pour le prétendre. Mais François HOLLANDE a abandonné toute vélléité de débat sérieux sur la question : il s'est rallié sans aucun détour à cette antienne.

Dès lors rien ne sépare plus la politique économique et sociale de l'UMP et du gouvernement HOLLANDE. Les Français se rendent bien compte que les rodomontades et les fausses polémiques des deux écuries socialiste et ump n'ont pour objet que de masquer la compatibilité de leurs politiques.

A la différence de l'ALLEMAGNE où le SPD et la CDU gouvernent ensemble en assumant de manière dynamique leurs désaccords, la FRANCE voit s'affronter deux camps qui se présentent artificiellement  comme différents mais qui partagent la même politique économique de l'offre, de l'austérité pour les salariés et de la croissance à tous prix.

Pas étonnant donc que le slogan du F-HAINE sur l'UMPS fonctionne aussi bien. La pièce de théâtre à laquelle se livre le gouvernement et l'UMP ne fait plus recette. La crise du politique vient clairement de là : l'abstention est la fille adultérine de cette absence de confrontation d'idées réellement contradictoires d'où pourraient sortir des compromis dynamiques.

Parce que HOLLANDE ne s'assume pas comme un social-démocrate décidé à encadrer les excès du capitalisme, mais comme le pompier d'une croissance qui ne crée plus d'emplois depuis 30 ans. Parce que l'UMP est prise au piège d'une politique économique qu'elle conduirait dans les mêmes conditions, le débat idéologique se déplace sur des sujets passionnants comme la PMA ou le statut des beaux parents. Pas sûr que ça mobilisera l'électeur qui a raison de penser qu'on se moque de lui.

Ce papier de M. FASSIN dans LIBERATION me semble intéressant :