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thierry billet

Écologiste annécien

Mourir pour sauver une zone humide...

Publié le 30 Octobre 2014 par Thierry BILLET

Un jeune naturaliste venu protéger une zone humide menacée est mort, victime d'une bavure policière, et sa mort en 2014 est terrible.

L'incompréhension des productivistes de droite et de gauche sur ces manifestations écologistes pour sauver des espaces naturels menacés ne l'est pas moins.

Quand j'avais 21 ans, j'aurais pu être à MALVILLE et j'ai appris en ECOSSE  la mort de Vital MICHALON et je me souviens combien cette nouvelle m'avait abasourdi.

J'en ai presque trois fois plus et celle de Rémi FRAISSE me renverse de honte pour ce gouvernement qui n'a rien compris à la mobilisation des jeunes contre un projet dont on savait que le dossier avait été bidouillé pour arriver à la conclusion qu'il fallait le réaliser.  Qui n'a eu aucun mot de compassion, aucun geste pour la famille, aucune excuse. MITTERRAND avait eu la clairvoyance politique et le courage moral d'aller présenter ses condoléances à la famille de Malik OUSSEKINE en 1986 (voir la vidéo de sa visite sur ma page FB).

Un mort pour arriver à décider de suspendre les travaux alors que Ségolène ROYAL avait mandaté l'inspection générale et qu'il suffisait d'attendre le résultat de cette expertise au lieu de tout raser en vitesse sous la protection des gendarmes avant qu'elle ne soit rendue publique. Mais il fallait montrer l'autorité de l'Etat !

Ce que les productivistes refusent d'admettre, c'est que l'opinion publique, et la jeunesse en particulier, ne veut plus qu'on touche à la nature sans aucun ménagement à SIRVENS, comme à ND DES LANDES et dans tant d'autres endroits en FRANCE.

Et que ce refus politique de droite et de gauche de prendre en considération cet attachement croissant à la terre nourricière et à la biodiversité conduit nécessairement à la contestation et au final à la nécessité de la violence pour imposer des choix contestés. Bien sûr, il y a des casseurs, mais il y en a toujours eu et en mai 1968 la police n'a tué personne dans un contexte autrement plus dur.

Ce qui change, c'est qu'une partie de la jeunesse, si elle n'entend plus se mobiliser pour des idéologies,  prend fait et cause pour des objectifs simples, concrets : sauver la zone humide,  refuser le gaz de schiste, respirer un air pur. Et que ces aspirations simples entrent en conflit violent avec l'Etat productiviste qui se donne pour seule raison d'être de sacrifier le long terme aux intérêts de court terme. La coupure entre l'opinion publique, les jeunes et le personnel politique n'aura peut-être jamais été aussi grande.