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thierry billet

Vice président Climat Air Energie du GRAND ANNECY

Retour de SLOVENIE

Publié le 21 Octobre 2014 par Thierry BILLET

Retour de trois jours de travail à IDRIJA pour un séminaire international sur la neutralité carbone des ALPES et l'assemblée générale des Villes des ALPES de l'année autour de la thématique de la participation des citoyens à la vie publique.

Foisonnement d'initiatives slovènes dans le domaine de la neutralité carbone avec l'intervention par exemple du maire de SENTE RUPERT qui a décidé de devenir autonome sur le plan énergétique à partir du constat qu'il n'était plus supportable de continuer de payer au QATAR le fait de se chauffer normalement dans la ville alors que 67% de son territoire est couvert de forêts. La dimension écologiste est présente, mais d'abord, celle de l'indépendance énergétique et de la valorisation du patrimoine local. 7 millions d'euros d'investissement dont 1 million de l'Union européenne, et l'intégration de ce projet de chaufferie bois destiné au centre de détention proche dans un projet municipal global autour de la valorisation des déchets de bois en vue d'un second réseau de chaleur destiné aux habitants dont 80% ont déclaré vouloir se raccorder.

Peut on encore sérieusement estimer normal de verser des millions d'euros pour importer de l'énergie dont on dispose ici et maintenant ? Qui peut trouver pertinent de continuer d'importer du gaz et du pétrole pour chauffer des logements que l'on peut chauffer avec de la biomasse locale ? C'est à dire faire un chèque aux pays étrangers pour qu'il puisse tirer de leur rente pétrolière et gazière les moyens de devenir les créanciers de notre pays ?

Situation objectivement urbuesque où la FRANCE donne les clés de son avenir économique à des pays étrangers par simple incapacité à valoriser sa forêt, mais aussi ses déchets ménagers, etc.

Dans des pays comme la SLOVENIE, devant l'incurie de l'Etat, ce sont les collectivités locales qui portent les projets de changement. On est objectivement dans la même situation en FRANCE; même si on ne l'admet pas tant l'image de l'Etat demeure forte et permet de trouver bien des excuses au manque d'initiatives locales sur le thème "que l'Etat donne l'exemple"... Il n'y a plus aujourd'hui grand chose à attendre d'une dynamique nationale : c'est la capacité des territoires à être innovants qui est la clé de la transformation énergétique de la société. La seule chose à espérer est que l'Etat ne bride pas le montage de ces projets par la seule volonté de faire semblant d'être encore un acteur incontournable : nuire pour montrer qu'on existe encore.

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