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thierry billet

Vice président Climat Air Energie du GRAND ANNECY

Parasite de l'olivier, une fatalité ?

Publié le 29 Avril 2015 par Thierry BILLET

A propos de la bactérie qui attaque massivement les oliviers en ITALIE, encore une fois, Stéphane FOUCART dans LE MONDE, va plus loin que les propos habituels sur le sujet. Un réquisitoire contre l'agriculture industrielle dans l'élevage comme dans les cultures. Monsieur LE FOL, vous lisez le MONDE ? Ou seulement le bulletin des céréaliers avec les cours du blé et comment les manipuler ?

« Bien que Fastidiosa soit présente en Californie depuis plus de cent ans, seulement trois grandes épidémies se sont produites sur cette période, toutes associées à la vigne », écrit Rodrigo Almeida (université de Californie à Berkeley, Etats-Unis) dans un rapport publié en 2008 par l’Académie des sciences américaine sur les liens entre environnement et émergence des maladies vectorielles. La dernière épidémie en date, ajoute le biologiste, « a émergé après l’introduction d’un insecte-vecteur polyphage et invasif », à savoir la mouche pisseuse, plus présentable sous son nom savant d’Homalodisca vitripennis.

Ce qui n’était qu’un petit micro-organisme sans importance peut devenir un fléau polymorphe de grande ampleur

L’introduction, par l’homme, d’un petit insecte étranger à la région aurait donc suffi à déstabiliser suffisamment l’ensemble du système pour dévaster les vignes du sud de la Californie. Il n’est pas non plus anodin que ce soient les grandes exploitations viticoles – la vigne étant par nature génétiquement peu diversifiée – qui aient été le plus durement frappées.

C’est un autre aspect de l’accident en cours. Les vastes agrosystèmes – où les organismes mis en culture sont d’une grande homogénéité génétique – sont susceptibles d’agir comme des caisses de résonance, des amplificateurs de pathogènes naturels. Une bactérie trouvant un hôte végétal à son goût, et dont des quasi-clones sont cultivés sur des milliers d’hectares, va pouvoir croître, se multiplier, et l’augmentation de sa prévalence dans l’environnement fera grimper d’autant sa probabilité de mutation au contact des autres végétaux environnant. Ce qui n’était qu’un petit micro-organisme sans importance peut devenir un fléau polymorphe de grande ampleur.

De ce point de vue, il existe une claire analogie avec les risques présentés par les systèmes industriels de production animale, régulièrement rappelés par l’émergence de virus aviaires dans les grands élevages de volailles.

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