Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
thierry billet

Vice président Climat Air Energie du GRAND ANNECY

GRAMSCI et le TITANIC

Publié le 6 Janvier 2016 par Thierry BILLET

 

 

« La crise consiste justement dans le fait que l'ancien meurt et que le nouveau ne peut pas naître : pendant cet interrègne, on observe les phénomènes morbides les plus variés ». Rien que pour cette phrase, il faudrait lire et relire GRAMSCI. Ce tout petit homme enfermé de longues années par MUSSOLINI avant d'en mourir, a révolutionné la philosophie de l'action politique. Distinguant l'hégémonie idéologique et la direction idéologique, il a montré que c'est sur le plan des idées que se gagne l'adhésion des citoyens à un projet de transformation sociale. Qu'il s'agit donc d'un combat et qu'il convient donc de l'affronter comme tel, c'est à dire en se dotant d'une réflexion et d'une stratégie qui permettent de sortir le peuple du « sens commun », cette philosophie de comptoir aujourd'hui parfaitement représentée par les chaînes d'informations en continu débitant seconde après seconde des images sans recul, sans analyse dans un seul souci d'audimat.

Dans un petit livre vivifiant, Gaël BRUSTIER invite à relire GRAMSCI (« à demain Gramsci » 5 euros) pour ne pas céder à la stratégie électoraliste de VALLS et de SARKOZY de suivre le sens commun d'aujourd'hui : virer les immigrés, refermer les frontières, renforcer les pouvoirs de la police et limiter le contrôle des juges.

Le nouveau monde sera un monde frugal et durable : son avènement se heurte nécessairement à toutes les résistances du sens commun : « c'est la mort de notre industrie automobile, mon mode de vie n'est pas négociable,... » Pas étonnant que la crise dure tant le changement de paradigme est important et le saut qualitatif significatif dans notre vision du monde et de sa finitude. Le vieux monde du gaspillage est mort, le nouveau monde du respect de la terre émerge dans des initiatives citoyennes qui fleurissent partout en dehors du monde sclérosé des institutions.

La différence avec les années GRAMSCI, c'est que le nouveau régime climatique risque de mettre tout le monde d'accord avant que l'idéologie de la frugalité et du bien vivre soit devenue dirigeante : ce serait le scénario TITANIC, le « sauve qui peut général » pour essayer de sauver ce qui pourra encore l'être de l'humanité.

Il faut tout faire pour éviter cela. Et donc ne rien céder aux dirigeants d'aujourd'hui de droite et de gauche qui capitulent devant le sens commun au lieu de préparer l'avenir. Ils sont encore pléthore.

 

Commenter cet article

Catherine Chotin 06/01/2016 16:09

Je partage tout à fait ton analyse, très bon article.