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thierry billet

Vice président Climat Air Energie du GRAND ANNECY

On vaut mieux que ça, un exemple

Publié le 14 Mars 2016 par Thierry BILLET

Madame G vient me consulter. Elle est venue avec son mari et sa petite fille. C'est lui qui a classé les 33 contrats à durée déterminée de son épouse avec les fiches de paie dans un gros classeur. 24 CDD chez un premier employeur sous-traitant en six mois, et 9 chez le donneur d'ordre qui a rapatrié la sous-traitance et donc repris les salariés. Je ne m'aperçois qu'elle est mal voyante que quand elle me dit s'être rendue chez le médecin du travail de sa propre initiative pour se plaindre du harcèlement sexuel qu'elle subissait de la part du chef de cuisine, faits qu'elle avait dénoncés à son supérieur hiérarchique qui avait réussi à étouffer l'affaire pendant des semaines. Et puis, un jour, elle décide d'envoyer un courrier à la direction générale, à l'inspection du travail, etc. Elle a un handicap de 80% d'incapacité permanente partielle et gagnait à temps partiel de l'ordre de 500 euros par mois. La réponse du groupe est rapide : enquête et mise sur la touches des deux hiérarchiques (licenciement ? démission sous contrainte d'une plainte pénale ?). Mais Mme G ne connaît pas meilleur sort pour avoir dénoncé les faits : elle est immédiatement placée en CDD dans un autre service (car l'ambiance dans le précédent est mauvaise depuis qu'elle a dénoncé ses harceleurs, lui écrit le groupe...) et au bout de deux contrats d'une semaine dans cette nouvelle mission, le CDD n'est pas renouvelé et il ne lui est pas proposé de CDI... Elle n'aura jamais passé de visite médicale d'embauche dans les deux grands groupes qui l'auront employé. Elle n'aura jamais parlé de son handicap pour être embauchée et garder son emploi, quitte à être en permanence appelée "neu neuil", en plus des gestes et de propos sexistes. Lanceuse d'alerte, victime licenciée sans besoin de motif puisqu'en CDD... sans aucun doute pour avoir dénoncé des faits de harcèlement sexuel que la hiérarchie de l'établissement n'ignorait pas tant ils étaient faits en public, au milieu des autres salariés.

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