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thierry billet

Vice président Climat Air Energie du GRAND ANNECY

Svetlana ALEXIEVITCH, prix nobel de littérature 2015

Publié le 29 Mars 2016 par Thierry BILLET

Quelle mouche a donc piqué le jury des Nobel d'accorder à Svetlana ALEXIEVITCH le prix Nobel de littérature 2015 ? La littérature, c'est l'écriture et les livres de Mme ALEXIEVITCH sont des recueils de témoignage regroupés, mis en perspective, mais des paroles brutes, retranscrites dans un travail de "verbatim" qui reprend fidèlement les expressions employées dans un grand respect de la forme orale que prennent ces témoignages.

D'abord l'horreur de la seconde guerre mondiale dans les rangs de l'armée rouge, vue du côté des femmes combattantes, engagées volontaires le plus souvent, mais aussi résistantes ou victimes des nazis. Avec "La guerre n'a pas un visage de femme", c'est toute une génération de femmes staliniennes qui raconte une face totalement oubliée de la guerre totale entre l'URSS et les nazis. Absolument stupéfiant, je n'avais jamais rien lu de tel.

Ensuite, Tchernobyl, à quelques jours du 30° anniversaire de la catastrophe, avec ce livre écrit en 1997 pour raconter dans "La supplication", la réalité du cauchemar vécu par les biélorusses après l'explosion de la centrale. Là encore, la parole directe des témoins, des femmes des liquidateurs, des pompiers, des physiciens nucléaires menacés si ils disaient la vérité à la population, et l'incrédulité de celle-ci face à un risque atomique dont ils n'envisageaient que sa version militaire, mais évidemment pas civile. Et les médias menteurs du régime qui annoncent que tout va bien, tandis qu'au KREMLIN personne ne comprend la gravité de la population et ne s'en sort que grâce à l'esprit de sacrifice des militants communistes et l'ignorance des autres.

J'imagine notre pays devant subir une telle catastrophe... Qui seraient les liquidateurs ? Qui donnerait sa vie à coup sûr pour aller se promener sur le toit de la centrale alors que les robots tombent tous en panne ? Mais bien sûr, ça n'arrivera pas en FRANCE, j'oubliais. Déni qui ne prépare pas les français au risque nucléaire, mais accepter le risque serait reconnaître publiquement qu'il existe : insupportable pour l'establishment, comme il était insupportable au JAPON avec FUKUSHIMA.

Bravo aux Nobel pour ce remarquable prix 2015, ces deux livres sont disponibles en poche chez J'ai Lu.

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