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thierry billet

Vice président Climat Air Energie du GRAND ANNECY

Chronique du travail , précarité en secteur hospitalier

Publié le 21 Juin 2017 par Thierry BILLET

La plupart des hôpitaux ont fait le choix d'être leur propre assureur en matière d'allocations de chômage au lieu de cotiser à POLE EMPLOI. Dès lors, comment ne pas payer ce qu'on doit quand on est dans des difficultés financières comme le sont la plupart des hôpitaux ? Et bien c'est tout simple comme le montrent deux rendez vous de ces derniers jours concernant le même hôpital.

Les hôpitaux usent et abusent des CDD qui ne sont pas soumis aux mêmes règles que dans le privé, bénéficiant en plus d'une bienveillance coupable de la juridiction administrative tant en matière de durée, que de renouvellements... Sauf qu'à la fin du CDD, l'agent a droit aux allocations de chômage qui coûtent cher au budget de l'hôpital.

Certains malins ont trouvé la parade. Il suffit de proposer un nouveau CDD à la personne dont on sait qu'elle va pour des raisons valables refuser de rester parce qu'elle a un projet de formation ou qu'elle ne supporte plus cette précarité systématique ou pour toute autre raison légitime. On le fait au dernier moment, une fois que l'on sait que la personne va partir à l'issue de son CDD. Puis, on refuse la prise en charge des allocations de chômage au motif que l'agent n'a pas été involontairement privé d'emploi, dans la mesure où on lui a proposé un CDD.

Ainsi de Mme M qui indique ne plus vouloir rester dans cet état de CDD depuis 3 ans, et à laquelle in extremis on propose un CDD de 3 mois qu'elle refuse. Et bien, chère madame, vous n'êtes pas involontairement privée d'emploi, donc je ne vous verse pas d'allocations de chômage. Ou de madame P qui a un projet de formation d'aide soignante pour accéder enfin à un emploi stable, qui accepte de travailler plusieurs jours sans contrat pour rendre service et à laquelle l'hôpital refuse de payer les jours de travail puisqu'elle n'a pas signé la prolongation de CDD qu'elle avait annoncé refuser pour suivre sa formation...

Cela se passe prés d'ANNECY, dans le secteur public hospitalier et cela me navre et me met en colère.

 

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René JULIEN 23/06/2017 18:57

On est content d'avoir la confirmation que , grâce à Thatcher et les anglo-saxons , "l'entreprise" publique est aussi bien gérée que l'entreprise privée , et que la parité de traitement des salariés y est tout aussi libérale ,en octroyant à ces derniers le même "statut" : celui de variable d'ajustement d'un système comptable ,établi dans la même religion , qui le bétonne et le protège de toutes mauvaises pensées .

Ceci étant , je serais curieux de voir à quoi ressemble un avocat ( ou une avocate) réellement en colère , sans être trop rassuré si j'étais son client . Ne dit on pas que la colère ( outre que mauvaise conseillère ) est un aveu de faiblesse ?