Jean Claude BEVILLARD, membre de la commission AGRICULTURE de France Nature Environnement, et ancien président de la FRAPNA de la HAUTE SAVOIE, devait introduire les débats.


Jean Claude devait insister sur la question des corridors bilogiques : les Massifs deviennent des isolats ce qui est un risque pour la biodiversité du fait de la construction de nouvelles routes qui empêchent la faune de circuler. Donnons le simple exemple de l'autoroute A 41 dont les deux branches isolent le SALEVE d'une manière dramatique.

L'ppel commun de la chambre d’agriculture et de la Frapna en 2001 pour défendre le territoire agricole n'a pas eu la suite escomptée.

L'agriculture haut savoyarde est fondée sur l’herbe; ce qui est très positif car c'est un moyen important de stockage du carbone et de réservoir d’eau : la prairie est une éponge qui empêche les lessivages et s'oppose au réchauffement climatique.

Mais l'espace en prairie naturelle diminue; tandis que se développe les prairies "artificielles"  moins intéressantes sur le plan de biodiversité et traitées avec des désherbants sélectifs.

Les fauches précoces pour le foin ont pour conséquence que certaines espèces n’arrivent pas à maturité, ce qui contribue à la réduction de la flore présente dans les pâtures.

Les paysages demeurent encore, mais les fruitiers en bordure de pâtures sont en train de disparaître.

On constate un enfrichement des versants : c'est un labeur trop dur mais comment maintenir des espaces ouverts qui sont un atout touristique pour le département.

Enfin, notre département est indigent sur le plan de l’agriculture biologique: la production est très insuffisante : on importe pratiquement tout ce qui est consommé, alors que l'agriculture biologique a un effet d’exemple pour les agriculteurs conventionnels. Même si le monde agricole se félicite de son agriculture de qualité fondée sur des appellations d'origine contrôlée, il reste  encore beaucoup de progrès à faire. La "monoculture du reblochon"  masque le problème en partie, mais pour combien de temps ?

Jean Claude BEVILLARD tire la sonnette d'alarme : On urbanise pour des centaines d’années. L’espace agricole ne doit pas être conçu seulement comme un espace à urbaniser pour plus tard. Il faut préserver des zones agricoles sur la durée de plusieurs générations. En effet, la cause de ce phénomène est que les gens qui achètent dans le monde rural le font par défaut car les villes sont trop chères. La préservation des espaces agricoles et naturels passe par une politique de l'urbanisme en ville : associer qualité de vie, prix abordables et durabilité.

Cette tendance à la péri urbanisation est aggravée par le fait que les communes qui ne se développent pas beaucoup ne perçoivent pas d’aide. On entre donc dans une course productiviste classique. Pour avoir des ressources, il faut "grossir". Pour grossir, il faut s'endetter. Et pour payer les intérêts des emprunts, il faut à nouveau grandir. Les communes qui adoptent des attitudes plus mesurées apparaissent comme des demeurées...

Et donc les maires de ces communes deviennent les boucs émissaires de telle ou telle partie de leur population. Ceux qui ont refusé des permis de construire et voulu un développement plus durable se fonct sanctionner (Les Gets, Le Grand Bornand, etc.) : les bénéficiaires de permis de construire réfusés se vengent. Ailleurs, les rêves pharaoniques de certains élus (ma zone d'activité, mes lotissements, etc.) se heutent à la majorité du village qui veut raison garder (Andilly,...). La possibilité pour les maires des petites communes d'accorder les permis de construire est aujourd'hui un problème réel de "sécurité politique" des élus ruraux. Si ils ne veulent pas d'histoires avec leurs concitoyens, ils sont poussés à accepter tous les permis de construire quelles qu'en soient les conséquences sur les finances locales. Comme il n'existe aucune péréquation sur la valeur des terrains, la décision du maire peut rendre fortuné en une seule signature compte tenu de la flambée immobilière dans le département.

A suivre : les interventions des autres intervenants



La FRAPNA (Fédération Rhone Alpes de Protection de la nature) réunissait ce samedi son assemblée générale et avait organisé une table ronde sur l'aménagement du territoire en HAUTE SAVOIE d'une grande qualité.

Malheureusement, M. MONTEIL, président du Conseil général, n'avait pu se déplacer et était remplacé par un collègue. Ce fut vraiment dommage car c'était l'occasion en pleine crise des PCB dans le lac d'ANNECY et dans le RHONE de réaborder la question de la dépollution de la décharge du RAFFARAY. Pour le reste, les propos tenus par le représentant du Conseil général furent à la hauteur de l'action du Conseil en matière d'environnement et d'aménagement du territoire.

En revanche, l'intervention de Martial SADDIER, député maire de BONNEVILLE, fut significative d'un franc parler qu'il faut saluer.

Avant d'entrer dans le détail des propos tenus, M. SADDIER devait déclarer qu'il s'abstiendrait lors du vote de la loi sur les OGM... Et Lionel TARDY indiquait quant à lui qu'il s'abstiendrait, mais plus sûrement qu'il voterait CONTRE la loi qui revient en seconde lecture apres l'OUKAZE de l'UMP et de SARKOZY enterrant les belles paroles du GRENELLE de l'environnement.

Cette prise de position des deux jeunes députés UMP haut savoyards est loin d'être étrangère à la particularité de notre département en matière agricole : notre économie agricole est fondée sur des productions de qualité et des produits d'appellation d'origine contrôlée.

Nous savons bien que l'introduction des OGM dans l'agriculture est un moyen redoutable de détruire la réputation de nos produits par le biais de la dissémination que personne ne peut empêcher.

Retenons seulement en guise d'introduction à ce compte rendu que 400 hectares agricoles sont perdus chaque année en HAUTE SAVOIE pour l'urbanisation selon la FRAPNA. 600 hectares selon la FDSEA qui considére que l'effet est plus que proportionnel : certaines parcelles enclavées dans l'urbanisation ou isolées ou difficiles d'accès pour les engins agricoles doivent s'ajouter à ce qui est bâti. La Fédération des chasseurs estime quant à elle la perte à 650 hectares.

Le constat est unanime : il faut arrêter cette consommation insensée d'espaces naturels et agricoles.

A suivre...

Je découvre sur la liste des "cyber actions" une demande d'aide des associations de protection de la nature, à l'occasion d'un championnat de FRANCE de chasse au blaireau...

Vous avez bien lu.

Les 16, 17 et 18 mai 2008 est programmé à Cluny (Saône-et-Loire) un « championnat de France » de déterrage. Il s’agit d’un concours de chiens de chasse, dont les terrains de jeu seront les milieux naturels, et les « cibles » des animaux sauvages, en particulier des blaireaux.

Le déterrage, ou vénerie sous terre, consiste à faire capturer par des chiens un animal dans son terrier, puis à creuser une tranchée avec des pelles ou autres outils de terrassement, pour le saisir après plusieurs heures de harcèlement à l’aide de pinces métalliques dans l’accul où le maintiennent les chiens.

S’il est encore chassé en France, le blaireau ne fait pourtant plus partie de la liste des espèces nuisibles depuis 1988 ! Chez nos voisins belges, la chasse au blaireau est interdite depuis 1973 et l’espèce est protégée depuis 1992. C’est également le cas en Grande-Bretagne, Italie, Irlande, Espagne, Grèce, Pays-Bas et au Luxembourg.

Le Blaireau est une espèce patrimoniale fragile, avec un faible taux de reproduction, et une dynamique de renouvellement lente. Il facilite la régénération et la dispersion de certaines graines. Il participe sans doute à la régulation de pullulation de rongeurs en forêt. L’espèce est indiquée par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature comme espèce à surveiller ; elle peut être considérée comme indicatrice de biodiversité et du bon fonctionnement de grands ensembles paysagers. Le récent Grenelle de l’environnement a pointé l’appauvrissement de la biodiversité comme l’un des aspects les plus préoccupants de la crise écologique mondiale.

Pratiqué dans le seul but de faire concourir des chiens pour le « loisir » de quelques-uns, le déterrage ne présente aucune utilité publique. Ce championnat, activité traumatisante pour les animaux, est organisé au coeur de la période de reproduction (de mi-janvier à fin juillet). Comment justifier une chasse « concours » pendant la fermeture générale de la chasse, quand les espèces se reproduisent et que la meilleure chose à faire serait de les laisser tranquilles ? Le déterrage ne doit pas être considéré comme une « activité sportive ». Rien ne justifie, en effet, d’intervenir sur une espèce patrimoniale peu prolifique à une période clé de son cycle biologique.

Les associations signataires contestent la tenue d’un tel évènement et demandent au préfet de Saône-et-Loire de ne pas l’autoriser, considérant qu’il va nuire à la faune sauvage en perturbant un nombre important d’animaux et en détruisant leurs terriers.

Le fait que les terriers puissent être utilisés pendant des décennies, voire des siècles, par des générations successives et qu’ils représentent le lieu quasi exclusif de mise bas leur confère un rôle-clé dans la politique de conservation du blaireau. A la date prévue les jeunes blaireautins ne sont pas encore indépendants de leurs parents : la destruction des terriers a alors un impact aggravé. Certaines espèces, dont la plupart sont protégées, profitent aussi de ces terriers, comme le chat forestier, les chauves souris, le renard, les amphibiens, etc. La protection des animaux va donc de pair avec celles des terriers !

L’observation des animaux sauvages dans la nature, l’information scientifique et la pédagogie de la préservation sont des activités accessibles à tous et plus éducatives pour valoriser et préserver la nature que cette « technique de chasse » cruelle et anachronique que nous condamnons.

 La faune sauvage est une richesse. Ensemble, agissons pour protéger notre patrimoine naturel

Coordination : FNE - CAPEN : Thierry GROSJEAN – 09 71 38 89 64 Courriel : thierry.grosjean5@wanadoo.fr

Pour participer à la cyber action :

http://www.cyberacteurs.org/actions/lettre.php?id=218
L'ESSOR SAVOYARD consacre un article aux démonteurs de néons dans les commerces annéciens.

Force est de constater que la surenchère d'éclairages la nuit pour rien exaspère de nombreux habitants pour deux raisons : le gaspillage énergétique et l'impact de ces lumières sur la vie nocturne des humains comme des animaux, notamment les nocturnes et les migrateurs.

Je vais proposer que la Ville engage une démarche environnementale plus active avec les commerçants sur cette question et sur la question du recyclage des déchets, et notamment des cartons d'emballage qui partent à l'incinération alors qu'ils sont parfaitement recyclables.

Certaines chaines comme "La mie câline" développent des programmes intégrés de consigne de leurs outils de livraison, mais beaucoup d'autres ne s'en préoccupent pas.

Une charte du commerçant éco responsable serait une voie de progrès pour tous.
Le 1er novembre 2004, la dernière ourse de souche pyrénéenne était abattue en vallée d’Aspe (Pyrénées-Atlantiques), d’un coup de carabine par René Marquèze lors d’une chasse aux sangliers.

Aujourd’hui, le tribunal correctionnel de Pau vient de le relaxer, considérant qu’il se trouvait dans un état de nécessité, autrement dit qu’il avait tiré pour se protéger.

La juge a également souligné que la présence d’un ours sur une zone donnée n’interdit pas le déroulement d’une battue ou de tout autre acte de chasse dès lors qu’il s’agit d’un jour et d’un lieu autorisés, ce qui était le cas. Aussi, en l’absence d’une interdiction formelle de chasser ce jour-là, la battue au sanglier à laquelle se livraient les 6 chasseurs était légale.

Cette décision est conforme aux réquisitions du procureur de Pau qui souhaitait ne pas faire de René Marquèze 'un bouc émissaire'. Autrement dit, la Chancellerie lui a demandé de ne pas mettre de l'huile sur le feu avec l'extrême chasse au mépris des textes sur la protection des espèces menacées.

A l’opposé, pour la vingtaine d’associations qui se sont portées partie civile, la décision a du mal à passer.

Les premières réactions sont très vives, le WWF n’hésitant pas à déclarer que

'Ce jugement revient à faire disparaître purement et simplement le statut d’espèce protégée en France. Il suffit en effet désormais de se rendre volontairement dans un lieu où l’on sait que l’on va rencontrer un animal sauvage protégé, de le tuer et d’invoquer ensuite la légitime défense pour être exonéré de toute culpabilité !'.

Au-delà de la polémique que ce jugement ne va pas manquer de générer, en relaxant René Marquèze, la justice exonère les 6 chasseurs de leur non prise en compte de l’avertissement d’une ourse accompagnée de son ourson sur la zone de battue choisie.

Cela dit, faire reposer la présence des chasseurs en ce lieu, sur leur seule responsabilité, serait dédouaner un peu rapidement l’Etat de sa responsabilité dans ce dossier. Certes, si les chasseurs avaient pris en compte cet avertissement et logiquement reporté, ou déplacé, leur battue, l’ourse Cannelle serait probablement encore vivante…

Néanmoins ce jugement met en valeur l’imperfection de la mise en œuvre d’un texte censé assurer la stricte protection des ours.

En effet, en se contentant d’une simple information en lieu et place d’une interdiction de chasse ponctuelle, lorsque la présence d’un plantigrade est avérée sur un espace où des chasseurs vont intervenir, l’Etat se défausse de sa responsabilité.

Mais même avec une interdiction, ces chasseurs n'y seraient ils pas allés quand même... Et leur relaxe n'aurait elle pas été acquise pour éviter des scénes de violence de la part de certains excités de la gachette ?

La vérité est que notre pays est toujours incapable de gérer avec civilité sa faune sauvage.

Nous n'avons pas su sauver les ours, et nous sommes incapables de gérer le retour des loups, à la différence des italiens et autres slovaques...

Avec le fiasco qui s'annonce suite au GRENELLE de l'environnement, cela n'est pas près de s'améliorer.






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