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Le conseil d'agglo de ce jeudi 13 portait sur le débat d'orientation budgétaire.

Alors même que chacun s'accorde à considérer que la situation des collectivités territoriales est insupportable compte tenu des transferts de charges de l'Etat et de l'absence de compensation, Pierre HERISSON et Bernard ACCOYER ont plaidé l'inverse. C'est troublant alors que l'audit financier de l'agglo prouve que ce sont les conséquences de la politique de l'Etat en matière de fiscalité qui plombe la situation.

Mais ce n'était pas l'essentiel.

Le débat a permis de préciser une offensive nette et coordonnée de l'UMP autour du thème "on dépense trop, il va falloir réduire les services rendus"... En clair, l'agglo dépense trop d'argent dans le sport...et  surtout dans la culture; il faut donc réduire la voilure du service rendu à la population.

Bien sûr, on ne cite aucun domaine en particulier, mais personne ne s'y est trompé...

Le second point porte sur la gratuité des transports.

Pierre HERISSON reprenant la demande de Philippe METRAL BOFFOD  (LCR) sur la gratuité dans les bus (dont j'ai déjà dit tout le mal qu'il fallait en penser d'un point de vue écologique et social), a clairement ouvert la porte d'une privatisation du service public des transports collectifs.

Mais cette gratuité des bus acquise grâce à une privatisation du service s'accompagnerait d'une stagnation du versement transports  (VT) par les entreprises de l'agglomération : la quadrature du cercle autrement dit !

Comment concilier la gratuité pour les usagers, des bénéfices pour l'exploitant privé qui doit rémunérer ses actionnaires et le maintien des ressources du fait de la stagnation du VT ?

Tout simplement en réduisant la qualité du service et la taille et la régularité du réseau : on ferme les lignes non rentables, on réduit les cadences des bus et on pressure le personnel ! Bernard ACCOYER avait déjà abordé ces perspectives dans l'ancien mandat.

Car c'est cela l'objectif inavoué : la gratuité comme moyen de s'attaquer à la qualité du service public. Habile et retors...

Heureusement, la LCR est plus responsable que Pierre HERISSON : M. METRAL BOFFOD veut la gratuité des bus, mais par l'augmentation du VT payé par les patrons.

Sortir de ce débat est pourtant simple : nous devons faire MIEUX, pas MOINS.

 Pour cela il faut se parler et travailler ensemble à un mode de gouvernance qui ne se contente pas de la situation actuelle de l'agglo, figée depuis sa création. Et avancer sur les projets de mutualisation qui permettront des économies d'échelle comme le souhaite Jean Luc RIGAUT.


Gilles FRANCOIS, maire d'ARGONAY, a utilement rappelé que l'alternative passait selon lui par une réflexion sur l'adéquation entre les services actuellement remplis et l'évolution des habitudes et des besoins.

Citant l'exemple des déchets, il a rappelé la réflexion engagée par la commission ENVIRONNEMENT de l'agglo : adapter le nombre de ramassages à la réduction des volumes et au développement du tri sélectif ne réduit pas la qualité du service rendu et coûte moins cher aux habitants tout en protégeant l'environnement.

Un cercle vertueux qui permet d'envisager une issue solidaire et une qualité du service public que la majorité municipale annécienne défend bec et ongles.












Le MoNDE a publié cet entretien de Claude LORIUS qui a reçu le 12 novembre le prix Blue Planet.





 

 

 

 

C'est l'une des plus prestigieuses récompenses internationales dans le domaine de l'environnement. En 1987, avec Jean Jouzel et Dominique Raynaud, il a été le premier à exploiter la présence de CO2 dans les carottes de glaces polaires pour établir un lien expérimental entre changements climatiques et concentrations des gaz à effet de serre.

Comme Claude LORIUS, je suis dubitatif sur la capacité de l'espèce humaine à prendre assez tôt, c'est à dire MAINTENANT, les mesures qui s'imposent en matièer environnementale...

Par exemple, on trouve encore normal de chauffer les rues
pour permettre à des fumeurs qui pourraient garder leurs manteaux de s'intoxiquer en plein air et au chaud.

Pour autant, peut on se résigner et ne rien faire ?

Un peu plus de vingt ans après vos travaux publiés en 1987 dans la revue Nature, tout le monde se pose la question : est-ce réversible ?

Honnêtement, je suis très pessimiste... Sur les CFC (chlorofluorocarbures), on voit bien que l'arrêt de leur utilisation a permis de réduire le trou dans la couche d'ozone, mais en ce qui concerne la crise climatique, on sait que même si on stabilisait aujourd'hui les émissions de CO2, ce gaz à effet de serre ne disparaîtrait pas pour autant. Il est là pour un moment...

Il est difficile de dire si on a dépassé les limites, mais il est évident qu'on va subir un réchauffement : on prévoit d'ici la fin du siècle un bond climatique qui pourrait être équivalent à celui que la planète a franchi en dix mille ans pour passer de l'âge glaciaire à l'holocène ! Et je ne vois pas que l'homme ait actuellement les moyens d'inverser la tendance.

Poussant jusqu'au bout la logique d'un dérèglement du climat, certains évoquent aujourd'hui le retour d'une ère glaciaire. Est-ce envisageable ?

Dans un certain nombre de milliers d'années... Aujourd'hui, c'est totalement hors de propos ! Les périodes de réchauffement et de glaciation montrent des cycles de 100 000 ans, dus à la trajectoire de la Terre autour du Soleil en suivant une ellipse qui s'altère très légèrement, mais suffisamment pour modifier le climat sur ces très longs termes. Ce qui est nouveau, et que nous avons montré avec l'analyse des bulles d'air emprisonnées dans la glace, c'est que désormais l'homme, en multipliant les gaz à effet de serre, a accéléré un cycle de réchauffement sur un très court terme.

Rapide, irréversible... Cela ressemble tout de même à un scénario catastrophe.

Je ne crois pas que l'homme va disparaître. Les paysages vont changer, les glaciers vont fondre : la liste des impacts est impressionnante parce que, sur cette question, tout est interdépendant... Ainsi, si le permafrost - ce couvercle de glace qui recouvre les sols arctiques - fond, il va libérer du méthane qui, en retour, va accentuer l'effet de serre et aider ainsi à la fonte des glaces. Et plus la surface de celles-ci diminue, plus leur pouvoir réfléchissant disparaît, amplifiant encore le réchauffement...

C'est sûr, nous aurons des catastrophes, des cataclysmes, des guerres. Les inondations, les sécheresses, les famines s'amplifieront, mais l'homme sera toujours là. Ce que nous devons comprendre, c'est que nous entrons dans une nouvelle ère, l'anthropocène, où pour la première fois dans l'histoire de la Terre, l'homme gouverne l'environnement. Il est la première cause des menaces et modifications qui pèsent sur la planète : à lui de savoir ce qu'il veut en faire et comment il va se comporter avec elle.

Une nouvelle ère ?

L'idée n'est pas de moi, mais elle est essentielle dans la compréhension des évolutions du monde dans lequel nous vivons. C'est le Prix Nobel de chimie Paul Crutzen, qui - le premier - a associé le début de l'anthropocène à l'augmentation des concentrations en CO2 telle que l'a montrée l'analyse des glaces. Mais cet impact humain ne concerne pas seulement le climat. L'occupation des sols, l'utilisation des ressources, la gestion de nos déchets sont autant d'agressions à la planète qui relèvent de l'homme et le menacent.

Pour le réchauffement climatique, la question de l'énergie est le levier essentiel. Au XXe siècle, alors que la population était multipliée par quatre, la consommation d'énergie dont dépendent les émissions de gaz carbonique était multipliée par 40 ! Certains affirment aujourd'hui que la courbe d'augmentation de la population va se calmer. Sans doute. Mais la courbe de la consommation d'énergie, elle, n'a aucune raison de plonger !

Si l'homme est responsable, gardien de cette Terre, quels moyens a-t-il de la sauver ?

Pour le coup, ce n'est pas mon domaine de compétence... Je ne sais pas. Et c'est là que réside mon pessimisme : je ne vois pas comment on va s'en sortir. Le problème majeur est la question de l'énergie. Il faut arriver sur ce plan à une gouvernance internationale, mais ce n'est pas possible actuellement, ou en tout cas je ne vois pas comment... Regardez le Grenelle de l'environnement ! C'était un bel effort, mais au final, il n'y a pas l'argent suffisant pour mener une politique efficace à court terme... La moindre velléité de mettre une taxe sur les 4×4 rend les politiques fébriles de devenir impopulaires... et ce n'est pas en habillant Total en vert qu'on va changer quoi que ce soit.

N'existe-t-il pas de possibilité d'un nouvel ordre économique basé sur le développement durable ?

Le développement durable est une notion à laquelle je ne crois plus. On ne peut pas maîtriser le développement. Et pour être durable, il faudrait être à l'état d'équilibre, or cet équilibre n'existe pas. C'est un terme trompeur. Avant, j'étais alarmé, mais j'étais optimiste, actif, positiviste. Je pensais que les économistes, les politiques, les citoyens pouvaient changer les choses. J'étais confiant dans notre capacité à trouver une solution. Aujourd'hui, je ne le suis plus... sauf à espérer un sursaut inattendu de l'homme.

Propos recueillis par Laurent Carpentier





Fondée au moment de l'affaire DREYFUS, la Ligue des droits de l'homme est sans doute l'une des plus anciennes - et des plus respectées - associations de défense des droits humains.

J'en suis adhérent depuis plusieurs années, soutenant son combat en faveur des exclus, des étrangers rejetés et partageant ses valeurs, au premier rang desquelles celle de laïcité.

C'est à ce thème que la revue trimestrielle d'été consacre son dossier thématique, alors que les "entailles" à ce principe fondateur de la République deviennent de plus en plus fréquentes.

D'abord parce que l'intégrisme religieux monte, et pas seulement du côté des musulmans... Ces intégrismes imposent un déplacement de la norme dans notre vie sociale vers des limites inconnues il y a peu, comme ces juges qui estiment qu'une femme non vierge est une tromperie pour son mari suffisamment grave pour annuler le mariage. L'auraient ils jugé ainsi d'une femme athée ? Bien sûr que non.  Il nous faut réaffirmer des principes forts et assurant l'égalité de tous devant la loi quelle que soit notre religion.

Ensuite parce que SARKOZY s'affiche de plus en plus clairement en fils aîné de l'Eglise, prêt à accepter que la constitution européenne se place dans la filiation de l'Eglise catholique, comme le demandent les polonais et d'autres qui n'ont pas sorti le crucifix des salles de classe. Cela menace le contenu de l'enseignement et les acquis d'une liberté de conscience et de culte reconnue à tous. Il n'y a pas de religion d'Etat dans un pays laïc.

Enfin parce que la question de la liberté religieuse et celle de ne pas croire en Dieu sont encore et toujours le lieu central du conflit idéologique entre les humanistes et les doctrinaires. Et il est bon de rappeler cette opposition frontale que l'on voit à l'oeuvre aux USA avec la pression mise par les "créationnistes" qui tiennent pour vérité scientifique que Dieu a créé l'univers en 6 jours et refusent l'enseignement des thèses de DARWIN.

Pour en savoir plus et rejoindre la LDH.

www.ldh-france.org







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