Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
thierry billet

Vice président Climat Air Energie du GRAND ANNECY

Bayrou éreinte Sarkozy, "une promesse" devenue "l'homme du bilan"

Publié le 10 Avril 2012 par Thierry BILLET dans C'est personnel

CAEN, 6 avr 2012 (AFP) -

François Bayrou a éreinté Nicolas Sarkozy, vendredi à Caen, en estimant que s'il était "en 2007 une promesse", il était devenu "aujourd'hui l'homme du bilan", et il s'est étonné de son incapacité à proposer dans son programme un "plan d'action" pour le pays.

"En 2007, Nicolas Sarkozy était une promesse, c'est aujourd'hui l'homme du bilan", a déclaré devant la presse le président du MoDem, disant être frappé que le candidat de l'UMP "n'arrive pas, après cinq ans de mandat, à dégager un plan d'action pour le pays".

"Quand on a comme lui exercé le pouvoir, on devrait savoir où sont les priorités et en tirer un plan pour l'avenir. Or, ce n'est pas le cas", a insisté le candidat centriste, qui fait l'objet actuellement de toutes les attentions de l'UMP, sachant que son choix d'entre les deux tours pourrait être décisif pour l'un ou l'autre des deux favoris.

"Son programme, c'est une dispersion de mesures sans liens, disparates, sans cohérence, rien de nouveau, rien de construit", a estimé M. Bayrou à propos de la lettre programme de Nicolas Sarkozy.

"Un programme d'élection présidentielle, ce doit être un plan de bataille qui dit à la nation comment elle doit orienter ses efforts. Et, ce qui est frappant, c'est qu'il n'y a pas une seule mesure pour l'emploi", a-t-il ajouté.

"C'est comme s'il n'avait pas en tête la gravité des problèmes de notre pays", a souligné le candidat centriste, "très inquiet" de la situation actuelle de la Grèce et l'Espagne et du "risque qui menace notre pays".

"Il prend le thème de l'immigration pour gagner des voix, mais ce n'est pas l'immigration le sujet principal, c'est l'emploi. Pourquoi ne voit-il pas les problèmes du pays? Est-il l'otage de son équipe et des sondages d'opinion? Un homme d'Etat se doit d'aller à l'essentiel", a-t-il fait valoir en dénonçant les changements perpétuels de position du président-candidat.

"On devrait considérer que les gens qui changent tout le temps de discours se disqualifient, c'est la preuve qu'ils n'ont pas de boussole", a-t-il dit.

commentaires

Cohn Bendit : "la vie n'est pas aussi simple qu'un discours de Mélenchon"

Publié le 9 Avril 2012 par Thierry BILLET

Dany n'y va pas avec le dos de la cuillère à propos de Jean-Luc MELENCHON. Et il a raison: à part nous préparer à une nouvelle gueule de bois sans perspective pour le progrès humain - comme après l'échec du référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen - la démarche de MELENCHON conduit tout droit à un refus de la participation à un gouvernement désigné par François HOLLANDE car il sait bien, et la Front de Gauche avec lui, que ce qu'il propose n'est pas réalisable et qu'il sera bien plus facile de continuer de hurler après la poulaille socialiste plutôt que de se tremper les mains dans le cambouis... La référence aux années 1950 a historiquement un vrai sens. Plutôt que JAURES, c'est THOREZ que MELENCHON ressuscite.

 

LE MONDE | 09.04.2012 à 12h21 • Mis à jour le 09.04.2012 à 13h11

Par Propos recueillis par Anne-Sophie Mercier

 
 
Cohn-Bendit : "La vie, ce n'est pas aussi simple qu'un discours de Mélenchon"

Que pensez-vous de la "conversion" écologique de Jean-Luc Mélenchon?

Ce n'est pas à moi de juger du degré de réalité de cette "conversion". Il m'est arrivé de débattre avec lui, de l'avoir donc en face de moi, et j'ai moi aussi entendu ce discours, dont je prends acte. Ce n'est pas sa sincérité que je remets en question. Je ne suis pas le pape de l'écologie, je n'ai pas à décider qui est dans le camp du bien, et qui ne l'est pas. Vous savez, personne n'est génétiquement écologiste, on vient tous de quelque part. L'écologie politique est un courant qui est né et s'est développé il y a une trentaine d'années, ce qui signifie que ni Eva Joly ni moi ne sommes nés "écolos".


Vous devriez vous réjouir de voir d'autres leaders politiques rejoindre votre combat...

Je ne déplore nullement l'arrivée de Jean-Luc Mélenchon sur le terrain de l'écologie. Il est bon d'échanger et de débattre. Simplement, son discours écologique mérite d'être décodé. Car de quoi nous parle-t-il, dans le fond ? Il nous raconte une histoire, celle de la gauche républicano-socialiste, avec ses grandes références républicaines, Jaurès, la Révolution, et il développe la pierre angulaire de sa pensée, qui est la place centrale qui doit être accordée à l'Etat.

C'est d'ailleurs au nom de cette place centrale accordée à l'Etat qu'il prône dans ses écrits une relation privilégiée avec la Chine. Il y a chez Jean-Luc Mélenchon une haine à peine voilée de l'Amérique, avec une fascination pour Fidel Castro et Hugo Chavez.


Quel rapport entre ce "tropisme chinois" que vous décrivez et son discours sur l'écologie ?

Evident ! Quand vous avez ces références-là, quand toute évolution de la société doit passer par l'Etat, les initiatives locales sont systématiquement étouffées. La transition écologique est si complexe à réaliser qu'on ne peut se permettre de laisser de côté toute cette énergie. Le Front de gauche vient de signer un texte contre la décentralisation. Pour moi, un tel retour en arrière est incompréhensible. Et, au-delà, il mènera à l'échec.


On peut comprendre le raisonnement selon lequel un Etat fort sera à même d'imposer des règles et en particulier une fiscalité écologique...

Oui, ce raisonnement est valable. Mais comment encore croire que l'Etat central peut tout ? Je vais vous donner un exemple des sottises qu'on peut lire dans le programme de Jean-Luc Mélenchon. Il prône la renationalisation de l'ensemble du secteur de l'énergie, qui serait donc placé sous l'autorité de l'Etat. Mais qu'est-ce que ça change ? Elf s'est-il mieux comporté que Total ? Et EDF n'a fait que bloquer toute tentative de transformation en France ces trente dernières années.

Si on veut amorcer la transition énergétique, il y a une chose à faire : casser le monopole d'EDF. Tous les Etats qui sont allés vers une transition énergétique ont fait ainsi. L'Allemagne, pays pionnier dans ce domaine, a fait ainsi. Mais, au-delà de ces deux conceptions de l'Etat qui nous opposent, je reproche à Jean-Luc Mélenchon de faire croire qu'on peut réaliser la transition énergétique dans un seul pays.


L'impuissance de l'Europe lui donne des arguments...

Mais il a tort. Qui peut croire une seconde que l'Europe n'est pas l'espace adéquat pour réaliser tous les investissements nécessaires ? Si on réalisait une taxation de 0,1 % sur chaque appel téléphonique passé en Europe, en plus de la taxation sur les transactions financières, on pourrait rassembler, selon les calculs, entre 50 et 80milliards d'euros par an qui iraient dans les caisses de l'Europe. Elles sont là, les marges de manœuvre, au niveau de l'Europe, pas des Etats appauvris qui la composent !


Au-delà de cette conception de l'Etat et de l'Europe qui vous opposent, vous reprochez à Jean-Luc Mélenchon de recycler les vieux discours du Parti communiste des années 1950...

Mais oui ! Quand vous entendez Jean-Luc Mélenchon fustiger l'impérialisme américain, n'entendez-vous pas en creux les discours du PC contre l'OTAN dans les années 1950 ? Non seulement il nous ressuscite une rhétorique très "guerre froide", mais il escamote dans son discours tout ce qui le gêne. Il est contre la décentralisation, contre les langues régionales, et il ne cesse de citer Jaurès, sans jamais dire qu'il commençait ses discours en occitan ! Il parle de la Révolution, sans jamais en montrer les aspects dérangeants...

Moi aussi, je veux bien refaire l'histoire à ma sauce, ça n'est pas bien compliqué, mais c'est tellement simplificateur. La vie, ce n'est pas aussi simple qu'un discours de Jean-Luc Mélenchon. L'émergence de cette gauche, jacobine, centralisatrice et caricaturale est pain bénit pour Nicolas Sarkozy.


Pourquoi ?

Cela lui permet de désigner à l'opinion cette gauche littéralement gangrenée par la question nationale, bloquée idéologiquement sur la question européenne, et fondamentalement anti-Occident. La montée en puissance de Jean-Luc Mélenchon fait bien l'affaire du président sortant.

commentaires

Meeting BAYROU à ANNECY le vendredi 13 avril

Publié le 9 Avril 2012 par Thierry BILLET

Nous sommes heureux de vous inviter à une rencontre et un temps d’échange pour faire le point sur la candidature de François Bayrou à une semaine du premier tour :

Vendredi 13 avril 2012
Espace Yvette-Martinet,

15 avenue des Iles à Annecy


A 19 h 30 : intervention de Bernard Bosson

Elle sera suivie d’un apéritif au cours duquel chacun pourra échanger sur la situation politique.

commentaires

Une campagne, c'est comme une mayonnaise...

Publié le 7 Avril 2012 par Thierry BILLET

Une campagne électorale c'est comme une mayonnaise... Il faut arriver à la faire prendre en associant des ingrédiants divers et arriver à les associer de telle manière qu'elle prenne. Au départ, une campagne réussie, c'est donc un rassemblement de gens qui ne partagent pas tout, mais qui pensent que leur proximité est plus grande que ce qui les sépare.

Dany COHN BENDIT a exactement réussi cela pour les EUROPEENNES de 2009 : associer le "délinquant" démonteur de Mac Do José Bové et la Juge intransigeante Eva JOLY, ou des adversaires et des soutiens du traité constitutionnel européen, dans une démarche ouverte où tous les acteurs de l'écologie politique pouvaient se reconnaître...

Jean-Luc MELENCHON fait la même chose cette fois-ci. Sa plus grande réussite est d'associer des "décroissants" notoires, et des cégétistes pro nucléaires, dans une saga joyeuse et bigarrée où l'on a plaisir à croire, le temps d'une campagne électorale, que l'on va raser gratis et faire payer le grand capital.

Cela ne durera que le temps d'un premier tour, mais cela crée une dynamique  qui attire les hésitants, ravis de se dire qu'après tout, les choses ne sont peut-être pas aussi dramatiques qu'il n'y paraît...

De ce point de vue, la campagne de François BAYROU relève de la douche froide permanente et il a raison de ne pas en changer.
Le pays a le choix d'un régime sec au service des plus riches avec SARKOZY, ou d'un régime sec avec le respect de l'équité et le souci des valeurs républicaines avec BAYROU et HOLLANDE.

Interrogé par LE MONDE hier soir, François BAYROU a rappelé qu'il avait annoncé clairement en 2007 qu'il ne voterait pas SARKOZY. C'est d'ailleurs pour cela que tant de députés centristes sortants l'avaient abandonné... Avec HOLLANDE annoncé gagnant par tous les sondages au 2° tour, la donne de 2012 sera différente.

commentaires

Corinne LEPAGE, 24 signatures seulement manquaient

Publié le 6 Avril 2012 par Thierry BILLET

Corinne LEPAGE aura manqué de se présenter aux présidentielles de seulement 24 signatures sur les 500 requises. Dommage que cette écologiste de toujours n'ait pas pu aller au bout de cette campagne.

Ses positions sur les OGM, le nucléaire et l'ensemble des enjeux environnementaux auraient permis une expression claire et argumentée, sans sectarisme et en s'adressant à tous les Français, à partir d'une posture de centre gauche.

Sans doute, cela n'aurait-il pas fallu attendre un score important, mais au moins une parole audible sur les problématiques écologistes... A peu près ce que Nicolas HULOT a été capable d'exposer à RENNES au Forum de Libération...

L'implosion des VERTS est à l'oeuvre de manière accélérée : les coopérateurs sont déjà partis, les réunions sont vides, le syndrôme NPA menace.

Il faudra bien que l'écologie politique se structure de manière réellement ouverte après ce gâchis incroyable.

 

commentaires

Prêt de chez moi

Publié le 6 Avril 2012 par Thierry BILLET dans C'est personnel

Je vous ai dit tout le bien que je pensais de la NEF et de la nécessité, si l'on est un peu cohérent avec ses idées, d'arrêter de confier nos sous aux banques qui permettent la financiarisation de l'économie. Voilà une nouvelle initiative de collecte de l'épargne locale qui mérite notre attention.  J'avais suggéré cette démarche dans le cadre du CDDRA du bassin annécien.
Il s’agit en effet de mobiliser l’épargne des citoyens pour financer des projets locaux, à caractère social, culturel ou environnemental, portés par des associations, des coopératives, des TPE ou des PME, et nécessitant un financement entre 3 000 et 15 000 €.


La crise économique et financière que nous traversons touche profondément les Petites et Moyennes Entreprises et les Très Petites Entreprises (PME/TPE). Éloignés des financements des banques, les porteurs de projets qui participent activement à un développement économique local et solidaire, ne trouvent parfois plus de solutions pour le financement de leurs projets de création et de développement. Dans le même temps, l’absence de réponses pour limiter la financiarisation croissante de l’économie amène de plus en plus de citoyens à questionner leurs comportements d’épargnants et d’investisseurs.

Fort de ce constant, la Nef en partenariat avec le Conseil Régional Rhône-Alpes et le Grand Roanne Agglomération ont pris la mesure de l’urgence d’une refonte de l’activité économique qui part du territoire et sert le territoire.

C’est ainsi qu’est né « Prêt de chez moi », un dispositif permettant aux citoyens d’affecter leur épargne au projet de leur choix sur leur territoire.

Coopérative solidaire de finance éthique, la Nef est l’opérateur financier de ce dispositif : de l’étude de projet à la levée de fonds locale pour financer ces projets.  

Sociétaires de la Nef, le dispositif « Prêt de chez moi » retiendra certainement votre attention car il a pour objet d’impliquer une large part de citoyens soucieux de relocaliser l’économie et d’intervenir concrètement pour le développement d’une économie sociale et solidaire. Plusieurs formes d’engagement sont possibles :

- Soit en réalisant une demande de financement. La Nef étudiera dans ce cadre tous les projets intervenant dans les domaines environnementaux sociaux ou culturels et pour des besoins de financement situés entre 3 000 et 15 000 euros.
- Soit en donnant un peu de votre temps pour être un relais local bénévole en lien avec les groupes locaux de sociétaires pour rencontrer et accompagner les projets.
- Soit enfin, en tant que citoyens du territoire Rhônalpin attaché à un développement économique plus humain, vous pourrez orienter une partie de votre épargne vers des projets « prêt » de chez vous.

Nous espérons vivement que le lancement de ce dispositif et de ce partenariat retiendront votre attention, et nous avons pleine confiance qu’avec votre participation, « Prêt de chez moi » sera un formidable levier pour l’économie sociale et solidaire de Rhône Alpes.

 

A ANNECY, la NEF est hébergée au Crédit Coopératif, courez y ouvrir un compte.

 

commentaires

BAYROU, le respect, pas l'adhésion ?

Publié le 5 Avril 2012 par Thierry BILLET

Ce qui me frappe dans le débat politique de cette présidentielle, c'est le décalage entre les propos de la plupart sur la "médiocrité" de cette campagne marquée par les silences de François HOLLANDE qui s'efforce de ne rien promettre pour ne pas décevoir, et les surenchères frontistes de Nicolas SARKOZY; et le silence qui entoure les prises de position courageuses de François BAYROU.
De sorte que ce florilège d'articles sur sa campagne permet de s'interroger sur le respect qu'il suscite...sans déclencher l'adhésion.
Il en ressortirait qu'il vaut mieux un tribun démagogue qu'un pédagogue sérieux pour déplacer les Français aux urnes...

« Un meeting (le Zénith) réussi hier parce qu’on a pu apprécier la constance des positions de François Bayrou, voici un candidat qui n’aura pas changé  tout au long de sa campagne […]. On a pu apprécier aussi le courage de ses propositions. Les deux principaux candidats ont ouvert la boite aux promesses, la boite aux dépenses […] et on a aussi apprécié [..] la hauteur de la réflexion par exemple le passage sur la République […] était bien plus réussi que le même passage chez François Hollande à Ajaccio la veille… » Christophe Barbier, l’Edito iTele, 26/03/2012 
 
« François Bayrou est sans aucun doute le candidat le plus sérieux, le moins démagogue, le plus populaire, le plus cultivé, le plus ancré dans le terroir français et il ne décolle toujours pas. […] Dès 2007, il mettait en garde les Français contre les déficits et la dette. Cette fois-ci, il a ajouté à son arsenal de rigueur l'idée de produire français, reprise par tous ses concurrents. […] Rien n'y fait, les électeurs continuent à préférer soit les grandes gueules soit les camps bien tranchés. Les Français seraient-ils stupides ? » Sylvie Pierre Brossolette, Le Point, 30/03/2012
 
« Au milieu de tout ce double langage, le seul candidat qui a constamment parlé du besoin de réduire la dette et les dépenses de l’Etat est François Bayrou, un centriste. » The Economist, An inconvenient truth, 31/03/2012 
 
Les Français jugent François Bayrou comme le candidat le plus crédible pour respecter ses engagements (Étude TNS Sofres réalisée pour CQFD, le rendez-vous politique d’iTélé), ce qui est sans aucun doute lié au fait qu’il ait précisément exposé sa vision mais aussi son plan des 6 premiers mois. http://www.bayrou.fr/les-six-premiers-mois-de-presidence. A vous de lire si ça n'est pas déjà fait.
commentaires

Les orphelins de l'environnement

Publié le 4 Avril 2012 par Thierry BILLET dans Environnement

Les orphelins de l'environnement (par Jean-Marc Jancovici) -

L'année 2010 aura été la plus chaude que la Terre ait connue depuis que les hommes disposent de relevés thermométriques à large échelle (1860).

Une canicule inédite a alors entraîné l'arrêt des exportations russes de céréales et un doublement du prix de ces dernières en un an, ce qui a probablement joué un rôle déterminant dans le printemps arabe (les pays du Maghreb sont de gros importateurs de céréales). Plus généralement, en bon accord avec les simulations climatiques effectuées depuis des décennies, sécheresses et hausses de température ont déjà commencé à limiter les rendements agricoles pour le maïs et le blé. L'agriculture, ce n'est certes que 2 % du PIB en France. Mais, sans nourriture, il sera difficile d'avoir les 98 % restants... Côté ressources, c'est le pétrole qui nous fait souffrir. Le nombre de barils extraits du sol chaque année est quasi stable depuis 2005. Par effet d'éviction dû aux émergents et aux pays producteurs eux-mêmes (les deux consomment de plus en plus de pétrole), l'approvisionnement des importateurs historiques (dont la France) est déjà parti à la baisse, et cette tendance va s'accélérer. Ce plafonnement de l'approvisionnement mondial en or noir a provoqué la première récession planétaire depuis la Seconde Guerre mondiale, qui a elle-même créé un choc bancaire et budgétaire majeur dans les pays industriels historiques. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, la contrainte pétrolière - qui va s'accroître -provoquera, en « business as usual », une ou deux récessions sévères pendant la prochaine mandature, démentant les prévisions de croissance irréalistes sur lesquelles sont bâtis les projets des principaux candidats ; 0 % de croissance au lieu de 2 %, c'est environ 20 milliards de recettes fiscales et sociales qui ne rentrent plus. Une paille ! La prise en compte au bon niveau du défi inédit posé par la contrainte énergie-climat fera donc la différence entre un monde se décomposant lentement dans la violence, et un monde qui en sortira par le haut. En 2007, ce constat - déjà connu -fut à l'origine du Pacte écologique, qui a contribué à faire de l'environnement un sujet central pendant trois années du mandat de Sarkozy. Et puis, par une étrange alchimie, le pouvoir en place a dû considérer que les problèmes planétaires évoqués ci-dessus, qui demandent à l'évidence une transition massive soutenue sur plusieurs décennies, avaient été réglés par trois ans de discussions - certes fort sympathiques -et deux lois - certes bienvenues -seulement partiellement dotées de décrets d'application qui, au surplus, ne sont parfois ni faits ni à faire. Le salut pourrait-il venir de l'opposition ? François Hollande oscille sur ce sujet entre l'amateurisme et la démagogie. Les Verts, qui prétendent être les plus légitimes sur le sujet parmi les politiques, sont dans les faits tout aussi incapables du moindre projet global cohérent, à tel point qu'ils contribuent parfois à tuer le sujet qu'ils portent. Les centristes sont inaudibles sur ce terrain, alors que Bayrou avait été le premier à signer le pacte en 2007, et les partis extrémistes sont focalisés sur des symptômes jugés insupportables de la maladie, non sur ses causes. Bref, avec le recul du temps, il semble hélas avéré que la période 2007-2009 n'a pas servi à augmenter significativement la clairvoyance de nos politiques pris dans leur ensemble, malgré quelques exceptions bienvenues. Tout cela serait logique si la société civile n'en avait cure. Mais, alors même qu'il faut déplorer un désintérêt croissant du politique, le Grenelle a créé une population significative de cadres, hauts fonctionnaires, syndicalistes, universitaires, journalistes et dirigeants associatifs, qui partagent le constat d'une nécessité de changer de modèle. Nous avons bien fait quelques erreurs de jeunesse dans ce début de parcours, comme de subventionner le photovoltaïque ou les achats de voitures pas si économes que cela. Mais, en de nombreux endroits, cet exercice inédit de la première partie du mandat a créé un choc salutaire sur l'ampleur du défi, a permis l'apparition de méthodes de gestion et de débats économiques sur les moyens, a conforté des positions et des budgets dans les organigrammes, bref a rendu le sujet environnemental sérieux et, de tout cela, il reste assurément quelque chose. Et c'est au moment où la population de « décideurs ordinaires » - publics ou privés -qui a envie d'entendre parler de la réponse au défi n'a jamais été aussi nombreuse que le monde politique démissionne. A-t-il pris peur devant ce qu'il a compris, laissant au monde civil le soin d'avoir du courage à sa place ? N'a-t-il rien compris du tout, et confondu la physique éternelle avec un effet de mode ? Alors que nous nous apprêtons à vivre une des dernières élections présidentielles avant le début de la grande contraction énergétique européenne, cette indigence est lourde de menaces

commentaires

HESSEL - HULOT, le débat qui réconforte

Publié le 3 Avril 2012 par Thierry BILLET

Les VERTS ont rejeté la candidature de Nicolas HULOT à la présidentielle. C'était cohérent avec la posture d'extrême gauche qu'ils voulaient donner à leur campagne présidentielle...après avoir négocié pour les chefs de courants des postes sonnants et trébuchants de députés après avoir négocié des sénateurs.

Ecoutez ce débat entre M. Stéphane HESSEL et Nicolas HULOT, et rêvons ce qu'aurait pu être une candidature écologiste présidentielle ouverte à la société...

http://www.liberation.fr/terre/06015119-la-crise-ecologique-peut-elle-attendre

commentaires

Roosevelt 2012

Publié le 3 Avril 2012 par Thierry BILLET

A peine démissionnaire de EELV, Pierre LARROUTUROU a lancé avec Michel ROCARD notamment l'appel "Roosevelt 2012".

www.roosevelt2012.fr

J'en extrais juste un passage en vous invitant à signer massivement cet appel de bon sens, dénué de toute démagogie préélectorale.

 

Pour sortir de notre dépendance aux marchés et rééquilibrer nos comptes publics, on peut trouver aussi d’importantes marges de manœuvre au niveau national en annulant une bonne partie des baisses d’impôts octroyées aux grandes entreprises et aux citoyens les plus riches depuis 10 ans.

Le rapport du député UMP Gilles Carrez publié le 5 juillet 2010 montre que si on annulait l’ensemble des baisses d’impôts votées depuis 2000, l’Etat aurait chaque année 100 milliards de plus dans ses caisses. Si nous revenions simplement à la fiscalité qui existait en 2000 (nul ne la jugeait confiscatoire ou sovietiforme), notre déficit se transformerait en excédent !

L'Etat a perdu 100 milliards de recettes fiscales
Les Echos du 5 Juillet 2010

 

commentaires
<< < 1 2 3 4 > >>