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thierry billet

Écologiste annécien

Le rationnement, un autre mot pour la sobriété

Publié le 31 Août 2019 par Thierry BILLET

Jean-Baptiste FRESSOZ publie dans LE MONDE une belle tribune sur le caractère martial de la guerre contre le nouveau régime climatique dont il pointe le caractère inadapté à la question climatique et plaide pour le rationnement, autrement dit la sobriété.

"Conseil de défense écologique » (Emmanuel Macron), « troisième guerre mondiale » (Joseph Stiglitz), « nouveau Pearl Harbor » (Bernie Sanders), « union nationale dans la guerre pour le climat » (Nicolas Hulot), « guerre contre l’effet de serre » (François de Rugy)… On assiste depuis quelques mois à une surenchère de déclarations martiales autour du climat. La guerre est devenue l’analogie évidente pour caractériser la mobilisation générale contre le réchauffement climatique.
On comprend la fonction de ces discours belliqueux : réactiver les rêves d’union sacrée et cacher la faiblesse des mesures actuelles. Mais hormis la rhétorique, une telle analogie entre guerre et climat est-elle pertinente ?
Une situation de guerre est définie par plusieurs éléments : un ennemi extérieur, une lutte entre nations et un état d’exception. La crise climatique présente des caractéristiques en tous points opposées : l’ennemi est intérieur, la coopération internationale est indispensable, et la mobilisation ne devra jamais prendre fin. Il n’y a ni bataille décisive ni armistice possible. La situation climatique ressemble moins à la guerre patriotique conjurée par nos dirigeants qu’à une guerre civile sans fin.
Pour être tout à fait juste, il y a néanmoins une expérience à retenir de la guerre qui est très pertinente dans le contexte climatique actuel : le rationnement. Si, en France, ce dernier rappelle les heures sombres de l’Occupation, si, en Allemagne et en Russie, il a servi à éliminer par la famine des populations entières, aux Etats-Unis et au Royaume-Uni le rationnement est, en revanche, associé à un moment à la fois patriotique, égalitaire et surtout très efficace.
Par exemple, le rationnement de l’essence établi aux Etats-Unis en mai 1942, avec un système de coupons en fonction des besoins professionnels de chacun, divise soudainement par deux la consommation domestique de carburant sans interférer de manière catastrophique avec l’économie américaine pourtant déjà bien motorisée (35 millions de voitures en 1939).
En Grande-Bretagne, le rationnement alimentaire a considérablement amélioré l’état de santé des classes populaires. Dans les années 1930, frappés par la crise économique et le chômage, les pauvres n’avaient plus accès aux produits laitiers, aux fruits et aux légumes. Les inégalités étaient criantes, avec une mortalité jusqu’à 50 % supérieure dans les villes industrielles du nord par rapport au sud de l’Angleterre.

Plus démocratique
La guerre va permettre aux experts en nutrition, armés de la découverte récente du rôle des vitamines, d’améliorer l’alimentation populaire. Un système de coupons, de cantines gratuites dans les usines et les écoles, la substitution du pain complet au pain blanc, la réduction de la consommation de sucre, de graisses et de viande, l’augmentation de celle des légumes (surtout pommes de terre et carottes), la distribution gratuite de lait pour les enfants (supprimée par Margaret Thatcher en 1971), la généralisation des potagers (1,5 million en 1944) ainsi que des conseils nutritionnels permettent une réduction de la mortalité, du rachitisme, de la tuberculose et une augmentation de la taille dans les classes populaires.

Conclusion de l’historienne Lizzie Collingham, « la Grande-Bretagne termina la guerre avec une population mieux nourrie et en meilleure santé que dans les années 1930 et avec des inégalités nutritionnelles réduites » (The Taste of War. World War II and the Battle for Food, Penguin, 2012). Le système de rationnement, parce qu’il était perçu comme juste (même si les riches avaient accès aux restaurants de luxe qui échappaient au rationnement), resta populaire jusqu’à la fin de la guerre : 77 % des Britanniques s’en déclarent satisfaits en 1944.

Si nos dirigeants voulaient vraiment faire la guerre au changement climatique, ce genre d’initiatives devrait les inspirer. Et qu’on ne crie pas à « l’écofascisme » : rationner le transport est beaucoup plus démocratique qu’augmenter les taxes sur le CO2 que seuls les riches pourront payer.

Jean-Baptiste Fressoz est chargé de recherche CNRS au centre de recherches historiques de l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS)

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De l'enfant roi aux enfants juges

Publié le 30 Août 2019 par Thierry BILLET

Je trouve dans le MONDE une analyse de l'excellent article de la revue des jésuites "ETUDES" que j'avais envoyé aux jeunes de "youth for climate" d'ANNECY avec lesquels nous travaillons maintenant régulièrement depuis plusieurs semaines à partir de leurs propositions pour essayer des les transcrire dans les faits. En voici le résumé pour vous inviter à lire tout l'article de Dalibor Frioux. Et puis l'article sur l'extraordinaire Alexandra DAVID NÉEL mérite attention également...

La revue des revues. Dans le numéro d’été de la revue Etudes, fondée en 1856 par des pères de la ­Compagnie de Jésus, l’écrivain Dalibor Frioux rend un bel hommage à la génération des « enfants juges » incarnée par la Suédoise Greta Thunberg. L’auteur de Brut et d’Incident voyageurs (Seuil, 2011 et 2014) salue la lucidité de ces jeunes qui se mobilisent sans relâche pour le climat. « Dans le bonheur de l’espérance enfantine, il y a un futur qui va de soi, un lendemain toujours neuf. Mais voilà : la crise écologique la leur a volée. C’est chaque matin un monde de moins en moins neuf qui se fait jour. Un monde qui se laisse de moins en moins réparer par la sagesse de la nuit, le respect de la création ou de la nature, privé de capacités de régénération. »

Pour Dalibor Frioux, qui a été le chroniqueur d’Etudes sur les questions d’écologie de 2015 à 2018, la catastrophe environnementale interrompt une longue histoire fondée sur la certitude du renouvellement d’un monde commun. Elle est, à ce titre, le signe d’une « gigantesque crise de la transmission entre les générations ». « Transmission non plus de valeurs ou de savoirs, mais de la possibilité même de vivre une vie humaine dans un corps humain. Transmission des mammifères, des cours d’eau, de l’alternance des saisons, du bourdonnement au-dessus des prairies. Transmission de la longévité et de la santé, de maxima et de minima de températures, d’étés et d’hivers. »

« Transformation des aspirations »

Au printemps, cette mobilisation de la jeunesse a trouvé une première traduction électorale lors des élections au Parlement européen. Pour la politiste Florence Haegel, qui analyse le scrutin pour Etudes, c’est en effet à elle que l’on doit – notamment – la hausse de la participation électorale – le scrutin a renoué avec les taux du début des années 1980, supérieurs à 50 % – et le succès des partis écologistes. « Cette progression est intéressante car elle est alimentée par une vraie transformation des aspirations des populations, explique la professeure de Sciences po. Cela a pris du temps, mais ,désormais, l’écologie joue un rôle politique très significatif, en particulier parmi les jeunes générations. »

De l'enfant roi aux enfants juges
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Urgence écologique

Publié le 29 Août 2019 par Thierry BILLET

Intéressant échange avec un technicien du canton de GENÈVE au conseil départemental sur la question de l'urgence écologique et sa transcription politique. J'ai déjà abordé ce point ici :

Nous avons réfléchi ensemble au sens de cet "état d'urgence" qui - si il est constitué scientifiquement par le réchauffement climatique  et l'effondrement de la biodiversité qui nécessite des mesures exceptionnelles en faveur de la transition énergétique - renvoie aussi à une situation "extraordinaire" justifiant temporairement des mesures exorbitantes du droit commun. Si il devient la norme, l'état d'urgence n'a plus de légitimité : il est la situation et la règle habituelle et se noie dans le quotidien.

Or nous avons besoin de qualifier cette urgence qui nécessite de lever divers freins, notamment règlementaires, de manière à ne plus se voir opposer sur les projets de rénovation énergétique de l'habitat, sur l'installation des panneaux photovoltaïques, sur les délais de mise en oeuvre de dispositions nécessaires à la préservation de la biodiversité, des règles héritées de temps où le réchauffement climatique n'était pas pris en considération et qui empêchent l'innovation écologique. Citons l'exemple du classement d'ANNECY en zone très enneigée qui renchérit les coûts d'installation du photovoltaïque, le surdimensionnement de certaines contraintes de dimensionnement du traitement à la parcelle des eaux pluviales, etc.

Pour aller vite, ce qui a été fait pour la reconstruction de NOTRE DAME devrait l'être dans les territoires sur la transition écologique : ce sera l'un des enjeux de notre contrat de transition écologique en cours de négociation avec l’État.

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Stratégie lumière du Grand ANNECY

Publié le 27 Août 2019

Le document de synthèse de la stratégie lumière du GRAND ANNECY est finalisé. Je vous invite à en prendre connaissance, ainsi que l'ortho photographie nocturne qui permet de visualiser les sources significatives de pollution nocturne de l'éclairage public, mais aussi des zones commerciales et d'activité qui sont trop éclairées, et souvent inutilement...

Vous pouvez télécharger le document de présentation de la stratégie lumière avec le mot de passe : 1234
http://ftp.grandannecy.fr/filez/3gzcd31

 

Vous trouverez également le lien   ici   pour accéder à la photographie aérienne nocturne sur le géoportail de la ville d'Annecy

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Changez vos habitudes, passez au vélo !

Publié le 26 Août 2019 par Thierry BILLET

Bravo à Roule & Co de cette excellente initiative... "Cette année encore, Roule & Co - association qui agit pour la promotion du vélo sur le bassin annécien depuis 9 ans - vous donne un coup de pouce en cette rentrée pour changer vos habitudes de déplacement et passer au vélo.

Pour toute adhésion / réadhésion à l'association sur le mois de septembre, Roule & Co vous offre un vélo à remettre en état, à choisir dans notre (très grand) stock de vélos. Vous pourrez lui redonner une seconde vie dans notre atelier, en profitant de notre outillage, des conseils de nos mécanos et d'une bonne ambiance.

Et si vous avez toujours une appréhension à rouler en ville, Roule & Co vous offre également un accompagnement : 1 heure avec notre encadrant vélo pour lever vos craintes, apprendre à rouler dans la circulation grâce à des petits conseils utiles au quotidien.

 Un nouveau vélo + un accompagnement pour rouler : c'est le Pack Roule & Co pour passer au vélo cette année ! Venez nous rencontrer à Cran Gevrier."

 
Roule & Co
21 avenue des Harmonies - Cran Gevrier
74960 Annecy
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Vers un appel à manifestation d'intérêts sur le photovoltaïque

Publié le 24 Août 2019 par Thierry BILLET

Dans le cadre de son plan climat air énergie, le GRAND ANNECY travaille ardemment sur un projet d'appel à manifestation d'intérêt (AMI) photovoltaïque. Pour résumer, il s'agit d'offrir à des investisseurs parapublics ou privés un lot de toitures (le plus souvent publiques) permettant de massifier l'installation de panneaux sur des surfaces significatives et non au coup par coup comme c'est le cas actuellement.

Nous sommes bien placés pour lancer cela grâce à notre cadastre solaire .

Avec notre contrat de transition énergétique dont nous sommes lauréats, toutes les collectivités publiques présentes sur le territoire du GRAND ANNECY pourraient décider ensemble de mettre à disposition les toitures pertinentes d'un point de vue économique et productif pour proposer l'installation de centaines de mètres carrés de panneaux en un ou plusieurs lots.

L'objectif politique est également de favoriser les initiatives locales et régionales en ce domaine pour maîtriser de manière décentralisée notre production d'énergie.

Que cela n'empêche pas les propriétaires de toitures privées identifiées comme d'un rapport investissement/productivité efficace de réaliser des opérations plus limitées, mais tout aussi contributrices à la transition écologique.

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Publié le 23 Août 2019 par Thierry BILLET

Pour le mois de septembre, dans le cadre des rendez-vous de l’écologie, la Ville d'ANNECY vous propose de participer à plusieurs actions et conférences :

  • Dimanche 1er septembre 2019, 16h30 : une conférence sur la mise en place d’une filière blé locale et bio, salle Saint Martin, 96 avenue des Neigeos, commune déléguée de Seynod.

Cette conférence s’inscrit dans le programme de la Fête du Vieux Seynod. Flyer en PJ

  • Samedi 14 septembre 2019, de 10h à 21h20 : une journée entière d’animation sur la zone humide de PréPugin, commune déléguée de Pringy (avec à la carte : ateliers, dégustation, balade, conférence, projection). Flyer en PJ
  • Samedi 21 septembre 2019, de 9h45 à 12h15 : opération internationale de nettoyage de la nature inscription sur le site Facebook du collectif du world clean up day d’Annecy https://www.facebook.com/events/2155317601425457/
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1 500 euros de publicité par voiture neuve...

Publié le 20 Août 2019 par Thierry BILLET

"Les JOURS" réalisent une série sur le succès des "SUV", ces grosses voitures qui font rêver 40% des acheteurs de voitures en FRANCE. Voici le point de vue de Matthieu ORPHELIN où j'apprends que la publicité coûte 1 500 euros par voiture neuve; soit 3,5 milliards d'euros par an. Lecture conseillée...

Pour le député Matthieu Orphelin, la lutte contre l’ultra-polluant SUV passe par l’encadrement de la publicité automobile.

Épisode n° 7

Ça passera donc par une modernisation de l’encadrement de la publicité ?

On claque 3,5 milliards d’euros par an pour expliquer aux gens que le SUV est le symbole de la liberté et du plaisir, c’est un problème ! Personne ne peut lutter contre ces moyens. Je compte donc déposer une proposition de loi pour un meilleur encadrement de la publicité, sur la question des émissions de CO2 notamment. Il y a un certain nombre de règles, mais elles ne sont absolument pas à la hauteur et c’est ça que je vais porter à la fin de l’année. Puisque les acteurs ont du mal à se réguler, il faudra en passer par la loi. C’est une première question, mais il faut aussi se demander comment on arrive à faire baisser la pub en général. Un monde avec moins de pub est un monde avec un peu plus de bonheur.

Le gouvernement actuel est-il passé à côté de ces enjeux dans la loi d’orientation des mobilités ?

Vous savez bien que si je suis parti de la majorité, ce n’était pas par plaisir. Les choses n’avancent pas assez. Mais je ne veux surtout pas dire qu’il y a rien dans la LOM. Il y a des choses pour diminuer la place de la voiture, pour accélérer la modernisation du train du quotidien, pousser le vélo, etc. Tout ça, c’est important. Maintenant, le gros angle mort, c’est de repenser les besoins de mobilités dans leur globalité.

Pour cela, j’ai par exemple porté des choses sur le télétravail dans la fonction publique. Il y a des freins partout aujourd’hui, donc je voulais en faire un point de négociation obligatoire entre les syndicats et les administrations. Quel intérêt d’envoyer des milliers de fonctionnaires sur la route ou dans les transports un jour de canicule ? En zone rurale, il faut aussi travailler sur des lieux partagés de télétravail. Mais ça ne s’arrête pas au travail, il faut une réflexion sur l’accès aux loisirs, aux services de proximité. Il faut aussi intervenir sur l’étalement urbain et l’artificialisation des sols qui continue. Aujourd’hui, une commune qui va bien, c’est une commune qui s’étend, qui construit des lotissements ! En France métropolitaine, on artificialise ainsi 250 hectares par jour, majoritairement pour des lotissements et des zones d’activité. C’est sur tout cela qu’il faudrait une réflexion hyper forte, mais elle n’est pas là pour l’instant.

Est-ce que les constructeurs français et européens sont prêts à répondre aux nouvelles normes sur les émissions polluantes qui s’imposeront à eux en 2021 dans l’Union ?

Tout se joue là, en ce moment. Ils ont pris des engagements hyper forts vis-à-vis de l’Union européenne. Or, c’est dans un an et demi et on n’y est pas du tout ! Si on continue comme aujourd’hui, les constructeurs européens vont être exposés à de très fortes amendes. C’est un immense sujet, sur lequel je vais proposer aux députés de convoquer les constructeurs dans les prochains moins. Qu’on les auditionne pour leur demander quelle est leur stratégie. Il faut aider l’industrie automobile, qui est ultra-dépendante du pétrole. Elle s’est construite sur le thermique et uniquement sur le thermique pendant des dizaines d’années, avec en plus un problème très français qui est que nous avons eu une stratégie mono-directionnelle en faveur du diesel, aidée par l’État.

La réponse des constructeurs à toute discussion sur leur stratégie, c’est de mettre sur la table les 13 millions d’emplois de l’industrie automobile en Europe. Comment prendre également cette dimension sociale en compte ?

Les constructeurs d’automobiles ont leur avenir entre leurs mains. S’engager plus résolument dans la transition écologique sera leur meilleur atout pour préserver durablement les emplois. À eux de choisir ce virage.

Pour répondre aux nouvelles normes européennes de 2021, tous les constructeurs misent sur l’électrification du parc automobile. Est-elle une solution miracle pour réduire la place des transports dans les émissions nocives pour le climat ?

C’est tout sauf la solution miracle. Ce qu’il faut, c’est moins de déplacements en voiture individuelle, tout simplement. C’est un vrai sujet, mais on n’avance pas sur cela. Pour ça, il faut proposer des mobilités alternatives à la voiture, faire passer de la voiture à d’autres modes : les transports actifs comme le vélo, les transports en commun, des nouveaux services de mobilité partagée. Et mieux remplir les voitures ! Aucune solution n’a de sens si on reste à 1,1 personne par voiture, comme c’est le cas aujourd’hui en France. Il faut qu’elles transportent plus de monde, mais il faut aussi qu’elles soient plus adaptées aux modes de déplacement d’aujourd’hui. Ça veut dire questionner leur poids, leur puissance… Aucun déplacement ne nécessite une voiture qui roule à 200 km/h.

Une fois qu’on a fait tout ça, et seulement après, la petite voiture sobre qui reste est vraiment utile. Elle peut alors exploiter une palette de solutions : l’électrique, l’hybride, l’hydrogène vert… C’est là que l’électrique peut aider. Sans l’électricité, l’Ademe et d’autres rapports l’ont montré, on n’arrivera pas aux objectifs de neutralité carbone en 2040 ou 2050.

L’impact de cette électrification sur la production énergétique de la France, très dépendante du nucléaire, a-t-il été assez mesuré ?

Il n’y aura pas de relance du nucléaire à cause de la demande des voitures électriques, pas pour l’instant. Et on en est loin. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est la Commission de régulation de l’énergie. Ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas faire attention à la consommation ! Mais il faut dire qu’il y a de vrais avantages dans le switch des véhicules aux énergies propres : la diminution de la pollution de l’air, des polluants locaux… C’est l’avenir, et il se joue dans les vingt prochaines années.

Peut-on changer de motorisation sans changer en profondeur la place de la voiture dans la société française et européenne ?

J’ai toujours considéré ma voiture comme un boulet, je n’ai jamais eu d’attachement pour elle. Mais la plupart des Français n’ont pas eu d’autre choix. C’est ce qu’il faut changer et c’est le plus difficile.

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Meilleure qualité de l’air : quelle valeur viser pour améliorer la santé ?

Publié le 13 Août 2019 par Thierry BILLET

GRENOBLE est concernée par le contentieux européen sur la qualité de l'air (QA) à la différence d' ANNECY et contrairement aux infox couramment relayées sur le sujet. Une étude fort intéressante y a été conduite, ainsi qu'à LYON sur l'efficacité prévisible des actions d'amélioration de la QA. Ce travail va nous permettre de travailler encore plus efficacement sur notre projet de ZONE À FAIBLE ÉMISSION pour lequel le GRAND ANNECY a été sélectionné par l'ADEME. Nous savons qu'il nous faut travailler sur l'exposition de fond et pas seulement sur les pics de pollution qui permettent néanmoins de sensibiliser et de faire changer les comportements pour une transition vers toute l'année.

En voici une synthèse sur le site "My science" et le lien avec la publication académique.

Pour entraîner une baisse significative de la mortalité due aux particules fines, il faudrait baisser leur niveau moyen d’au moins 3 microgrammes par m3 en moyenne annuelle, conclut une étude interdisciplinaire menée par des chercheurs de l’Inserm, du CNRS, de l’Inra, d’Atmo Auvergne Rhône-Alpes et de l’Université Grenoble Alpes. Ce travail publié dans Environment international donne également un ordre de grandeur des coûts de la pollution en milieu urbain : 1200€ par habitant et par an dans les agglomérations de Lyon et Grenoble.

L’exposition aux particules fines en suspension (les PM2,5) cause des effets importants et reconnus sur la santé en milieu urbain (mortalité et pathologies cardiovasculaires et respiratoires, troubles de la grossesse et de la croissance du foetus...), et il est possible de faire baisser cette exposition. Toutefois les politiques publiques visant à réduire la pollution atmosphérique sont souvent conçues sans se fixer de bénéfice sanitaire à atteindre.

Alors, quelle valeur viser si on souhaite significativement améliorer la santé, faire baisser les coûts sanitaires et réduire les inégalités environnementales - Une équipe multidisciplinaire de chercheurs (épidémiologistes de l’Inserm, biologiste anis que des économistes du CNRS et de l’Inra, spécialistes de la qualité de l’air d’Atmo Auvergne Rhône-Alpes) a considéré différents scénarios théoriques d’amélioration de la qualité de l’air pour identifier les plus efficaces.

Dans un premier temps, l’exposition annuelle moyenne aux PM2,5 a été estimée à l’aide des outils de l’observatoire de la qualité de l’air et de données sur la localisation de l’habitat dans les agglomérations de Grenoble et de Lyon (0,4 et 1,4 million d’habitants respectivement). En s’appuyant sur des relations dose-réponse déjà établies, les chercheurs ont estimé les variations du nombre de décès et de cas de cancers du poumon, de l’espérance de vie, et les coûts économiques associés, pour dix scénarios différents de réduction des PM2,5.

En prenant la situation réelle sur la période 2015-2017 comme référence, avec une concentration moyenne d’environ 14 et 15 µg/m3 à Grenoble et Lyon, et en la comparant avec une situation théorique sans particules fines d’origine humaine (soit une concentration de 4,9 µg/m3), la pollution par les particules fines était considérée responsable de 145 décès par an à Grenoble (soit 5,6% des décès, avec une marge d’erreur de plus ou moins 2%) et de 16 cas de cancers du poumon. A Lyon, ces nombres étaient respectivement de 531 de 65. Les coûts associés, qui incluaient les coûts tangibles liés aux traitements, mais aussi ceux dit « « intangibles » liés à la souffrance psychologique des proches, s’élevaient à près de 500 millions d’euros par an à Grenoble et 1,8 milliard/an à Lyon.

10 scénarios testés

Les scénarios visant à obtenir une exposition spatialement homogène à la pollution dans l’ensemble de la zone d’étude étaient les plus efficaces.

« Les mesures très limitées dans l’espace - tout comme celles limitées dans le temps, par exemple aux périodes de ’pics’ de pollution - auraient en comparaison un impact beaucoup plus faible, que ce soit sur la mortalité ou sur la réduction des inégalités de santé. »explique Remy Slama, directeur de recherche à l’Inserm.

Concernant la mortalité, une réduction de l’exposition aux PM2,5 conforme à la valeur guide de l’OMS (Organisation mondiale de la santé) sur la qualité de l’air (10 ’g/m3) réduirait de moitié la mortalité attribuable aux PM2,5 d’origine anthropique, tandis qu’une réduction de 2,9 ’g/m3 (Grenoble) et 3,3 ’g/m3 (Lyon) serait nécessaire pour réduire d’un tiers la mortalité attribuable à ces particules. Il ne s’agirait pas que de décès évités chez des personnes fragiles : l’espérance de vie augmenterait simultanément d’environ 3 mois.

Une telle étude peut être aisément transposée à d’autres agglomérations et peut aider les grandes villes françaises, dont beaucoup ont des niveaux de pollution similaires à ceux de Grenoble et Lyon, à cibler des scénarios de réduction de la pollution atmosphérique permettant d’améliorer significativement la santé et le bien-être. L’équipe de chercheurs est maintenant en train d’identifier des actions concrètes à mener sur les principales sources de pollution (chauffage, trafic routier) qui permettraient d’atteindre une telle diminution des concentrations de pollution.

Cette étude a été réalisée dans le cadre des projets QAMECS et MobilAir soutenus par l’ADEME, Grenoble-Alpes Métropole et l’IDEX Université Grenoble Alpes.

Which decreases in air pollution should be targeted to bring health and economic benefits and improve environmental justice? Xavier Morelli, Stephan Gabet, Camille Rieux, Hélène Bouscasse, Sandrine Mathy, Rémy Slama. 1er juin 2019, Environment international. DOI : https://doi.org/10.1016/j.envint.2019.04.077

A

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Centre de congrès, pas de pourvoi devant le conseil d'Etat

Publié le 1 Août 2019 par Thierry BILLET

Projet de centre de congrès sur la Presqu’île d’Albigny Point presse du 1er Août 2019

Rappel du contexte

L’agglomération d’Annecy bénéficie d’une très forte attractivité touristique due à un environnement naturel exceptionnel qui a permis à notre territoire de développer un domaine d’activité très porteur et créateur d’emplois : le tourisme d’affaires.

La forte demande dans ce secteur a conduit la Communauté de l’Agglomération d’Annecy, en Novembre 2010, à lancer des études pour la création d’un Centre d’Expositions, de Séminaires et de Congrès.

Le choix de la Presqu’île d’Albigny a été retenu pour deux raisons stratégiques :

- Une complémentarité avec l’actuel centre de l’Impérial Palace, apportant la surface d’exposition manquante

- Un site exceptionnel rendant la destination attractive pour les congressistes

Le Préfet de la Haute-Savoie a signé, le 12 Septembre 2016, l’arrêté de reconnaissance d’utilité publique du centre de congrès.

Cette signature a constitué une étape majeure dans l’avancée du projet puisqu’elle a permis d’engager les acquisitions foncières des derniers terrains privés bordant le lac.

Suite à un recours contentieux devant le Tribunal administratif, la déclaration d’utilité publique prise par l’État a été annulée. La Cour administrative d’appel a alors été saisie. La Cour administrative d’appel vient de confirmer l’annulation de la DUP.

Décisions du Grand Annecy

Le Grand Annecy ne fera pas appel de cette décision et ne saisira donc pas le Conseil d’État.

La justice a tranché de manière très stricte.

Nous le regrettons, convaincus qu’il s’agissait d’un très beau projet, bien intégré et répondant aux besoins de notre territoire.

En effet, l’interprétation qui a été faite de la Loi Littoral autorise la construction de 2 500 m2 sur la parcelle concernée alors que le projet en comptait 10 000, en grande partie enterré.

Nous prenons donc acte que l’équipement d’envergure dont nous avons besoin ne pourra pas se réaliser à cet endroit.

Nous allons donc retravailler avec tous les professionnels et avec les habitants pour imaginer un nouveau projet sur un autre site, en adéquation avec les demandes des congressistes (qui ont évolué depuis 2010), car il est de notre devoir de doter notre territoire d’une offre de congrès à la hauteur de ses besoins.

Par ailleurs, nous voulons poursuivre les acquisitions foncières sur la Presqu’île, afin de maîtriser totalement ce périmètre pour l’ouvrir pleinement au public.

Il est utile de le rappeler : la majeure partie des dépenses engagées ont servi à acquérir ces terrains qui sont devenus notre bien commun.

Enfin, nous allons étudier comment apporter à l’Impérial les aménagements complémentaires dont il a cruellement besoin, en utilisant au mieux les 2 500 m2 autorisés par la Loi Littorale à cet endroit.

Ils devront être parfaitement intégrés au site, à son environnement et pourquoi pas totalement souterrains.

Les études nous diront s’il est pertinent ou non d’explorer cette piste.

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