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thierry billet

Écologiste annécien

Fukushima : l'industrie nucléaire et les autorités mises en cause

Publié le 8 Janvier 2013 par Thierry BILLET

Alors que le nouveau gouvernement japonais annonce la relance du programme électronucléaire, UNIVERS NATURE publie le compte-rendu d'une commission d'enquête parlementaire japonaise... Bien entendu, tout ceci est impossible en FRANCE. Il n'y a d'ailleurs aucune relation entre AREVA et TEPCO. Si vous le croyez, changez vite d'avis !

Catastrophe de Fukushima : l'industrie nucléaire et les autorités mises en cause

Suite au dramatique accident nucléaire de Fukushima, le 11 mars 2011, la Diète nationale japonaise (l'équivalent de l'assemblée nationale et du sénat) a mis en place une commission d‘enquête indépendante sur cette catastrophe en fin 2011. Contre toute attente, cette très officielle commission s'est livrée à une véritable enquête d'investigation, usant de la puissance parlementaire pour découvrir et révéler les pratiques et petits arrangements d'un secteur nucléaire surpuissant et, jusqu'alors, quasiment intouchable.

Pour la commission, s'il a été déclenché par le séisme et le tsunami du 11 mars, l‘accident de Fukushima Daiichi qui s‘en est suivi est un 'désastre d'origine spécifiquement humaine qui aurait pu et aurait dû être prévu et empêché'. Pour étayer leurs propos, les membres de la commission listent une multitude d'erreurs et de 'négligences délibérées' qui ont laissé la centrale de Fukushima démunie face aux événements. De même, la gestion de l'accident est également dénoncée avec de graves lacunes de TEPCO (l'industriel gestionnaire de la centrale), des organismes régulateurs et aussi du gouvernement.
Le rapport met ainsi en avant une filière nucléaire qualifiée d'arrogante, 'passant à côté des leçons de Three Mile Island et de Tchernobyl', résistant à la pression réglementaire, dissimulant les petits accidents... Une arrogance renforcée par une bureaucratie japonaise, dans laquelle le 'premier devoir de tout bureaucrate est de défendre les intérêts de son organisation'.

En conséquence, la commission n'hésite pas à affirmer que "l’accident nucléaire de Fukushima a été le résultat d'une collusion entre le gouvernement, les organismes de réglementation et TEPCO, et de la gestion défectueuse des dites parties ... Les causes directes (séisme et tsunami, NDLA) de l'accident étaient toutes prévisibles avant le 11 mars 2011". Il y a ainsi eu de nombreuses opportunités pour prendre des mesures préventives avant le drame. "L'accident s'est produit parce que TEPCO n'a pas pris ces mesures et que la NISA (Agence de sûreté nucléaire et industrielle) et la commission de sûreté nucléaire (NSC) n‘ont pas réagi".
Par exemple, depuis 2006, les régulateurs et TEPCO étaient conscients du risque de panne totale d'électricité à la centrale de Fukushima Daiichi si un tsunami devait atteindre le niveau du site. Ils étaient également conscients du risque d'endommagement du cœur du réacteur par la perte du refroidissement à l'eau de mer dans le cas d'un tsunami plus fort que celui qui avait été prévu par la société japonaise des ingénieurs civils. Néanmoins, face à ces risques, la NISA, elle-même, "a informé les opérateurs qu'ils n'avaient pas besoin d'examiner une situation de panne totale parce que la probabilité était faible et que d'autres mesures étaient en place".
Au final, la commission affirme que "les hypothèses à la base des mesures de sécurité et lutte contre un accident grave n‘envisageaient que des causes internes", alors que le Japon est connu pour être fréquemment confronté à des événements naturels violents tels que les séismes et tsunamis.