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thierry billet

Vice président Climat Air Energie du GRAND ANNECY

Montagne & climat, la conférence d'Yves PACCALET

Publié le 6 Avril 2010 par Thierry BILLET

 

Yves PACCALET, auteur du remarqué "L'humanité disparaîtra, bon débarras !" a animé une conférence passionnante sur les déréglements climatiques et la montagne dans le cadre de la semaine du développement durable.


Le recul de l'enneigement n'est plus aujourd'hui discuté.

 

La question centrale est désormais celle de la limitation des dégâts (rester en deçà de 2° d'élévation de la température moyenne sur le globe) et de l'adaptation de l'activité touristique à ces nouvelles contraintes en lieu et place de la fuite en avant que représente le développement des canons à neige.

 

Le modèle économique encore dominant est celui d'un développement touristique fondé sur l'immobilier de montagne qu'il faut remplir en allant chercher des touristes de plus en plus loin (on va les chercher maintenant au KAZAKHSTAN ou en CHINE où il y a de plus en plus de riches en même temps que de plus en plus de pauvres) et pour cela leur assurer un nombre de jours d'enneigement fixé contractuellement et obtenus grâce à la multiplication des canons à neige.

 

Ce modèle est aujourd'hui condamné même si deux années successives où la neige a été là non pas en abondance, mais suffisamment, ont fait oublier les années précédentes : les projets de l'ancien temps refleurissent à MIEUSSY avec l'aménagement du plateau de SOMMAND, à LA CLUSAZ avec le projet de liaison avec le GRAND BORNAND, etc.

 

Cette spirale immobilier - installations de transport de grande capacité et canons à neige qui s'alimente d'elle-même va conduire les stations en dessous de 1.500 mètres à la catastrophe économique.

 

Quant à l'écologie, la diminution de la ressource en eaux que l'on constate partout -à tel point qu'un programme de recherche européen lui est consacré (Alp water scarce) - menace l'alimentation en eau des élevages et des populations, mais aussi  des retenues collinaires elles mêmes, dont nous sommes nombreux à penser qu'elles sont alimentées discrètement en eau potable quand la ressource naturelle est insuffisante.

 

Même si elles ne sont plus mélangées à du snowmax, les eaux utilisées pour les retenues collinaires modifient les régimes hydrologiques de manière importante, tandis que la neige artificielle ne se comporte pas comme la neige naturelle au moment de la fonte.

 

Nous sommes donc sur la fin d'un modèle économique, mais la fuite en avant se poursuit. C'est la définition de la crise : le vieux est mort et le neuf n'arrive pas à naître.

 


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