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thierry billet

Vice président Climat Air Energie du GRAND ANNECY

Santé et environnement, prévenir ou dépenser trop en soins ?

Publié le 23 Janvier 2014 par Thierry BILLET

L'ami André CICOLLELA, président du Réseau environnement-santé - qui regroupe les chercheurs, associations, et citoyens intéressés par la mise en avant des risques pour la santé de la dégradation de l'environnement - rappelle que le gouvernement ferait fausse route si il ne prenait pas en considération la santé environnementale dont la dégradation est marquée par la croissance continue des maladies chroniques et des affections de longue durée.


 
   

2014 : ANNÉE DE LA SANTÉ ENVIRONNEMENTALE


Les déclarations de fin d’année 2013 ne laissent aucun doute. L’avenir de la Sécu, et plus particulièrement de l’assurance maladie, sera l’enjeu majeur de 2014. « La sécurité sociale doit en terminer avec les excès et les abus » a dit le président de la République lors de ses vœux. « Le gouvernement doit faire porter les efforts d'économies dans les dépenses de santé » a renchéri le président de la Cour des comptes. Le Haut conseil à l'avenir de l'assurance maladie (HCAAM) estime que le déficit de l'Assurance maladie s'élèvera à 20 milliards d'euros en 2020 contre près de 7 milliards en 2013.

Curieusement aucune de ces déclarations ne fait référence à la situation sanitaire, c’est-à-dire à l’explosion des maladies chroniques. Pourtant l’évidence crève les yeux. L’incidence des Affections de Longue Durée (ALD) a doublé en 20 ans, soit quatre fois plus vite que le changement démographique sur la période. Les maladies chroniques touchaient 23,6 millions de personnes et représentaient 83% des dépenses d’assurance maladie en 2009. Si on compare l’année 2009 à l’année 1994, cela représente sur cette période un surcoût de l’ordre de 400 milliards €. En 2013, les ALD auront coûté de l’ordre de 60 milliards € de plus qu’en 1994. Cette croissance des maladies chroniques ne peut s’expliquer par le seul vieillissement ou l’amélioration du dépistage. La cause est donc principalement environnementale au sens large du mot environnement. C’est pour cela que la santé environnementale doit être au centre des politiques de santé et d’environnement.

Il est temps, il est urgent de changer de stratégie.

« il est temps, il est urgent d’agir » avait déclaré le premier ministre en présentant la stratégie nationale de santé expliquant « qu’une politique de santé ne se résume pas à une politique de soin ». Il appelait à « une réforme de fond, une réforme structurelle de notre système de santé ». L’année 2014 en offre l’occasion. La Stratégie Nationale de Santé doit déboucher sur la nouvelle loi de santé publique. Les différents plans de santé publique sont en préparation (Plan National et Plans Régionaux Santé Environnement, Plan National Nutrition Santé, Plan National Santé Travail, Plan Cancer, Plan National de Sécurité des Patients, Plan Obésité..). Ces plans doivent être construits en cohérence pour répondre à cet enjeu majeur qu’est l’épidémie de maladies chroniques. C’est le signal politique fort que doit donner le gouvernement en réunissant au printemps les comités de préparation des plans de santé publique et à l’automne en réunissant une conférence santé environnement en lien avec la conférence environnementale.

2014 sera aussi « New York + 3 », la réunion internationale de haut niveau prévue par l’OMS pour septembre afin de faire le point sur la mise en œuvre de la déclaration de New York sur la lutte contre l’épidémie de maladies chroniques au niveau mondial. La France forte de ses initiatives en matière de perturbateurs endocriniens se doit d’être porteuse de cette logique à cette conférence. Il est temps, il est urgent de faire en sorte que la santé environnementale soit au centre des politiques de santé et d’environnement. Il faut créer un grand mouvement citoyen pour porter cette logique et dire « Halte à l’épidémie de maladies chroniques ». Ce sera le sens de l’action du RES en cette année 2014.

André Cicolella,
président du RES

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