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thierry billet

Vice président Climat Air Energie du GRAND ANNECY

Triangle des Bermudes

Publié le 26 Octobre 2013 par Thierry BILLET

Je partage assez largement cette analyse d'un secrétaire national du PS publiée sur MEDIAPART. Je la livre à votre sagacité.

 

Gauche : le triangle des Bermudes

Sondages après sondages, élections partielles après élections partielles, le verdict tombe : l'électorat de gauche proteste, s'abstient et finalement  sanctionne la politique conduite aujourd'hui par le Gouvernement. Il faut prendre la mesure, sans se voiler la face, du désaveu sans précédent qui nous frappe désormais dans le pays.

Dans toutes les partielles organisées depuis un an, la gauche disparaît dés le premier tour ! Certes la situation économique et financière héritée du quinquennat Sarkozy ne nous rendait pas la tâche facile. Un chômage au plus haut, des déficits hors de contrôle, une Europe en panne et un pays profondément divisé par la dérive droitière de l'UMP... Avouons que la tâche était ardue et le chemin étroit. De ce point de vue, il serait malhonnête d'accabler sans nuance un Président et un Gouvernement confronté à une situation aussi difficile, comme le fait hélas le Front de Gauche. Mais il serait tout aussi irresponsable désormais d'entonner l'air du tout va très bien Madame la marquise comme le fait une partie du PS.

Si nous voulons sauver ce quinquennat, il nous faut avoir le courage d'analyser et de regarder en face les erreurs commises depuis dix huit mois  pour changer de cap avant que la catastrophe qui s'annonce ne devienne réalité. Nul ne pourra dire, comme en 2002, nous n'avions rien vu venir, si notre pays devait connaître un accident politique majeur.

C'est le choix d'une ligne politique qui n'a aucune base sociale qui explique la crise profonde dans laquelle la gauche est aujourd'hui plongée. Cette orientation politique,  vendue par des communicants et des sondeurs qui vivent de concepts irréels,est celle de la triangulation. Cette tactique vise à désarmer le camp adverse en reprenant à son compte nombre de ses thèmes et de ses idées.

Ainsi sur le terrain européen, le choix a t-il été fait de ratifier un traité que nous avions promis de réviser, et  sur le plan économique de nous lancer dans une politique de l'offre alors que nous avions prôné la relance... Quant à la question  de l'immmigration, la décision prise de laisser le Ministre de l'Intérieur mettre ses pas dans ceux du précédent gouvernement, dans l'espoir de contenir la progression du FN, a achevé de démobiliser notre camp.

Ces choix s’avèrent très lourds de conséquences politiques: le PS se trouve en réalité,du fait de cette stratégie, sans base électorale pour soutenir son action. Les gens de droite n'ont été en rien convaincus par les gages donnés par le pouvoir mais les gens de gauche, eux, se sont senti abandonnés, voire trahis par les choix qui ont été faits. Le TSCG, le pacte de compétitivité, l'ANI, les retraites, l'abandon de la réforme fiscale, et pour finir des propos douteux de Manuel Valls sur les Roms, la barque est chargée et désormais le bateau coule.

Cette stratégie empêche qui plus est le Président de la République de s'exprimer avec clarté. Il ne peut assumer ce tournant sans que sa majorité ne le lâche , et se prive par conséquent de la possibilité de pouvoir entraîner et mobiliser les Français. Ces derniers ne comprennent plus rien à la politique conduite, ce qui, dans une situation de crise économique aussi grave, ne pouvait qu'engendrer une anxiété mortifère sur laquelle prospèrerait le FN.

La triangulation s'est transformé en triangle des Bermudes, comme dans l'Oise ou à Brignolles, dans lequel disparaît l’électorat de gauche sans que personne ne paraisse en mesure d'arrêter la descente aux enfers...C'est donc qu'il nous faut changer d'urgence de ligne.

Plus que d'une progression du FN et de la droite, c'est d'une démobilisation sans précédent de notre propre électorat dont nous sommes aujourd'hui victimes et responsables. Les sondages concernant Manuel Valls sont de ce point vue symptomatiques et éclairants: de plus en plus populaire à droite et de moins en moins à gauche. A quoi  nous mène ce paradoxe si ce n'est à la catastrophe électorale ?

La poursuite de polémiques internes ou les réponses bureaucratiques ne nous seront d’aucun secours pour en sortir.

C'est de la définition d'une nouvelle offre politique, qui rassemble toute la gauche, dont nous avons besoin pour redresser la barre avant la fin du quinquennat.Des gestes forts sur le pouvoir d'achat, la fiscalité, la démocratisation de nos institutions, la transition écologique, la réorientation de l'Europe, les champs comme les idées ne manquent pas pour remettre la gauche, toute la gauche, sur ses deux pieds.

Parce que la gauche, c'est aussi l'espoir et l'optimisme, faisons le pari qu'il n'est jamais trop tard. Allez, tous sur le pont, pour un changement...maintenant !

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JULIEN René 27/10/2013 18:43


@André :


 


J'ai bien vu le dessin de ce grand quotidien belge . Dans un premier temps , il m'a un peu déçu, car la caricature qui consiste à transférer sur d'autres ( nos " élus" , poupées expiatoires d'une
tribu lâche et stupide ) nos propres tares ,  me gonfle un peu .


 


Et puis je me suis dit que , sans l'avoir voulu , le dessinateur mettait en scène un questionnement qui dépasse bien largement les deux protagonistes .


 


Car les Roms peuvent symboliser ( voire incarner ) , compte tenu de leur nomadisme de caractéristique première , tout ce qu'une liberté sans Loi peut avoir de dangereux et sans espoir de
lendemains meilleurs .


 


Si l'on identifie ( il n'y a pas besoin de beaucoup d'imagination ) leur " liberté " sans entrave , à celle du marché ( ou au moins du système financier ) , et leur refus des lois et
contraintes à celui des libéraux ( au moins les libertariens) ou des "économistes " officiels  , il n'est pas sans pertinence d'attendre d'une éventuelle proposition de leur part pour
enfin passer leur liberté sous les fourches caudines du respect des lois des lieux qui les accueillent , un modèle de mise sous tutelle du capiatlisme financier .


 


Même si un rom qui vole , on parvient à l'arrêter , alors qu'un grand servant du capitalisme est , dans le pire des cas,  promu , ou peut se planquer dans un paradis fiscal .


 


Il est plus facile de blanchir le fric qu'un rom .

Andre 27/10/2013 08:24


Un petit sejour a Bruxelles et les Belges nous font decouvrir comment ca marche en "Hollande" ;-)


http://portfolio.lesoir.be/v/le_kroll/793oct2213.jpg.html


Andre

JULIEN René 26/10/2013 15:17


"...le grand frère CADET .." et non pas dadet ( mais un peu dadais quand même) .

JULIEN René 26/10/2013 15:13


Je ne m'étais pas relu . Pardon pour les fautes et cuirs .


 


Sur les "stratégies" partisanes ( qui me gonflent )  et  la véritable toile de fond humaine qui ne se limite pas à la France , on peut lire ceci :


http://www.pauljorion.com/blog/?p=59237


 


Les " issues" ne viendront pas de solutions prêtes à l'emploi , ou de partis "sauveurs"  , même si les temps difficiles ( mais je dirai presque " heureusement et enfin" car ils nous ramènent
à d'authentiques questionnements humains qui font sens ) peuvent leur faire croire que quelques prises de " pouvoir" leur donnent " raison" .


 


Au bout du bout , la vraie démocratie , c'est quand le peuple ( ou l'espèce humaine ) fait la demande ET l'offre .L'élévation du niveau de connaissance et des outils  qui vont avec , est la
plus sure condition , en train de se remplir , de cette avancée vers la démocratie réelle .


 


Pas de progrès et d'avenir sans remise en cause du POUVOIR et du sytème économico-financier !


 


Je tape d'autant plus sur le clou que , si j'avais l'espérance de vivre cette évolution sur une génération , je redoute aujourd'hui que le temps nécessaire pour quitter nos vieilles peaux et
illusions  , avoisine davantage la cinquantaine d'années , non pas parce que la France traînerait les pieds , mais parce que l'Europe " réussie" qui était l'espoir que cette transition
mondiale s'opère aux moindres dommages, est en train de rendre l'âme sous le poison du capitalisme et de la peur du monde , tandis que le grand frère ( dadet ?) américain s'effondre et
se perd dans des expédients stupéfiants .


Les forces violentes et "débridées" qui peuvent donc être appelées à trancher le noeud gordien d'un sytème à l'agonie , seront donc mondiales . Cela nous promet , " comme toujours" la souffrance
ou la mort de celles et ceux qui sont le moins responsables de la situation , et une terre à la limite de ses ressources et générosités .


Et là , dans 50 ans , au rythme actuel , je suis sur qu'on y sera : " le juge de paix " ne tolérera plus de poussières sous le tapis , et de faux semblants sur les vraies causes des crises
morale , économique , écologique .


 

JULIEN René 26/10/2013 14:44


Après la dialectique du PC ( qui faisait que le parti confiait l'application d'un concept à celui qui l'avait le plus violemment combattu en interne ) , voici donc la triangulation à
l'oeuvre  . La première fois que j'ai entendu parlé de cette stratégie de parti , c'était à propos de Copé puis du Fn , stratégie qui consiste à aller chercher chez les concurrents ( les
adversaires ?) , les thèmes séquentiels que l'on fait sien , mais que l'on prétend " maîtriser" quand ils sont un peu à rebours de la ligne historique du parti de façon à ne pas trop effaroucher
ses propres militants . Merkel n'a pas échappé à la dernière mode lors de sa dernière campagne électorale .


 


"L'avantage" est de piquer des vox et des sensibiltés un peu fragiles chez les concurrents . Dans cet art le FN est passé maître , en ayant la malice supplémentaire d'aller à la pèche dans toutes
les catégories sociales , et non pas surtout chez les classes moyennes , comme le font ( faisaient ?) le PS et l'UMP .


 


Mais tout cela est pitoyable , car s'il y a une " nouvelle offre" politique à construire , elle devrait non pas cibler la gauche , la droite , leurs extrèmes , mais la de plus en plus nette
majoroté de citoyens qui ne votent pas , plus ou votent blancs ou nuls ;


 


La tâche n'est pas simple car le citoyen , abatardi en un seul  consommateur par le discours et le sytème ambiant , a sa part de responsabilité dans la pauvreté de l'offre ,  dans
la mesure où sa demande n'est pas encore vraiment citoyenne , dans la mesure où elle n'a pas encore conscience des grands chambardements économiques et sociaux qui vont inévitablement résoudre
les équations impossibles d'un sytème financier mondial sans issue . Une difficulté supplémentaire , pour les nations , est de faire la part , dans le chaos général qui menace le monde , de leurs
responsabiltés ou atouts propres .


 


Pour la France , notre principal handicap , est de trop cultiver notre autarcie auvergnate , et de favoriser la rente aux dépends de l'invetsisements sur le futur ( les jeunes , la technologie ,
les expériences sociales ou institutionnelles  innovantes , le rapport à " létranger" , l'ailleurs , le voyage ) . Il suffit d'écouter  les cris d'orfraie , quand on touche à l'épargne
, à l'immobiler ( quoi de plus choquant que de ne pas payer de taxes ou impôt sur les plus values immobilères ou foncières liées à la résidence principale , voire secondaire ? quoi d eplus
choquant qu'une "assurance-vie" qui alimente la spéculation , la titrisation et le shadow banking et qui prétend gaer sa vie sur de l'enrichissement sans cause et sans effort ?). Dans un pays de
rentiers gros , moyens et petits , comment parler d'avenir ?