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thierry billet

Écologiste annécien

Vague de surf sur le THIOU

Publié le 25 Août 2020 par Thierry BILLET

Alors que nous avons un mal de chien à réguler correctement le THIOU pour assurer un débit d'eau suffisant aux centrales hydroélectriques situées en aval du Pont Neuf, un projet de vague de surf sur le seuil MERCIER est soudainement accéléré sans que l'accord de la Direction départementale des territoires n'ait été acquis au titre de la loi sur l'eau.

Ceci mérite questionnement parce que le nouveau régime climatique fait fluctuer le niveau du lac de manière erratique que la mise en place d'un marnage artificiel a améliorée; mais l'année 2018 est dans toutes les mémoires. Et l'étude sur le débit réservé lancée par l'Etat (c'est à dire le débit minimal qu'il faut laisser couler dans le THIOU pour sauver la biodiversité dans la rivière) n'est à ma connaissance pas encore rendue. On ne sait donc pas de manière scientifique si le débit réservé doit être de 0,5 m3/sec ou beaucoup plus pour préserver la biodiversité dans et sur les rives du THIOU. Et dès lors quel sera le débit au niveau de la vague de surf ?  Aller installer un nouvel équipement sur le THIOU sans connaître cela c'est a minima mettre la charrue avant les boeufs.

Ensuite parce que le travail réalisé avec EDF au titre du "territoire à énergie positive" sur la gestion des usines hydroélectriques sur le THIOU  a montré que nous ne maitrisions pas encore assez bien la fluctuation du niveau du lac en fonction de la météorologie sur la vanne du THIOU et sur la vanne du VASSÉ. Les travaux d'automatisation sur le VASSÉ ayant été reportés à cause de la faiblesse structurelle du Pont Albert LEBRUN, la Ville ne dispose pas aujourd'hui des outils de gestion des deux canaux principaux. Et encore moins d'une capacité d'automatisation de la gestion des vannes que nous avions programmées en fonction des travaux financés par l'Etat. Mettre en œuvre une utilisation nouvelle du THIOU dans un tel contexte général non maitrisé est une hérésie.

Il faut un débit entre 4 et 7 m3/s pour que les usines hydroélectriques tournent correctement. Le débit oscille en réalité aujourd'hui entre 2 et plus de 40 m3. Et les usines tournent à moins de 50% de leurs capacités théoriques. Les élus socialistes de CRAN GEVRIER sont bien au courant de cette situation puisqu'ils avaient engagé la commune de CRAN avec la centrale du cercle de l'eau sur des productions qui n'ont jamais été atteintes et ils sont soudain taisants sur ce sujet alors qu'ils avaient pris position fermement contre la vague de surf.

Encore une fois, la nouvelle majorité municipale ne connaît pas l'historique d'un dossier complexe qui nécessite de tenir compte du nouveau régime climatique et de la transition énergétique du territoire avant de se préoccuper d'un spot de surf. Le jeunisme a des limites dont j'espère que les conflits d'intérêts qui pointent dans ce dossier seront remis à zéro avec l'avis de la mission inter services de l'eau et des associations environnementales sur le respect de la loi sur l'eau aujourd'hui violée de manière manifeste quant à la nécessité d'une autorisation préalable avant toute expérimentation.

 

 

 

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Théories du complot

Publié le 25 Août 2020 par Thierry BILLET

Le site "conspiracy watch" permet de prendre la mesure de ces théories et de leur impact quotidien comme celle qui se développe aujourd'hui contre l'usage des masques contre le COVID-19. Pour résumer, il s'agit de "la croyance selon laquelle les événements sont secrètement manipulés en coulisses par des forces puissantes" : un groupe d'agents maléfiques, les conspirateurs, orchestre en sous-main tout ce qui arrive. "Même si la grande majorité de ceux qui élaborent des théories du complot croit sincèrement ce qu'ils disent" (..) "des politiciens populistes utilisent souvent des théories du complot de manière stratégique afin de mobiliser leurs partisans".

Il apparaît selon des sondages que la majorité des citoyens en Europ et aux Etats-Unis croient en une ou plusieurs théories du complot. Les recherches psychologiques ont montré que "les personnes qui se sentent impuissantes ou qui ont du mal à accepter l'incertitude sont particulièrement enclines à croire aux théories du complot".

Comme mon neveu qui est persuadé que Mme LE PEN a gagné la présidentielle mais que le résultat a été truqué ensuite, "les supporters des partis et mouvements populistes semblent être particulièrement réceptifs aux théories du complot, et les politiciens populistes emploient souvent une rhétorique conspirationniste. En effet, le populisme et la théorie du complot réduisent tous deux le champ politique complexe à une simple opposition : le peuple contre l'élite (...)".

Le combat contre ces théories est complexe. Ainsi, "une caractéristique déterminante des théories du complot est (..) que les personnes qui  (y) croient fermement (..) interprètent très souvent toute tentative de fournir des preuves contraires comme des preuves en faveur du complot".

La multiplication des sites de "desintox" dans les médias est une tentative utile de contrecarrer la théorie ou l'infox développée sur les réseaux sociaux; avec le bémol que la plupart des propagateurs de ces théories ne lisent pas et/ou ne font pas confiance aux journalistes. Pourtant des questions simples peuvent être posées par exemple sur Facebook à leurs propagateurs :

  • est-ce que je connais l'organisme de presse qui a posté la publication ?
  • l'information semble t'elle crédible ?
  • la publication est-elle rédigée dans un style digne d'un organe d'information professionnel ?
  • la publication est-elle motivée par des intérêts politiques ?

La déclinaison locale de ces questions doit être un souci permanent. Tel article signé par un journaliste qui est candidat aux élections municipales  sur le lac ou sur la qualité de l'air sans que ce journaliste ne le signale est-il motivé par des intérêts politiques ? Telle allégation comme l'utilisation par JLR des fichiers de la Mairie est-elle crédible ? Sur quel élément matériel est-elle fondée ? Bref, un simple mais permanent effort d'esprit critique.

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Conflit d'intérêts, JLR saisit Mme LARDET sur le cas TOE

Publié le 24 Août 2020 par Thierry BILLET

Parce que nos concitoyens n'ont plus confiance dans la parole publique, il convient que la question des conflits d'intérêts qui empoisonne la vie publique soit traitée avec rigueur. Jean-Luc RIGAUT a donc saisi Mme LARDET en sa qualité de présidente du GRAND ANNECY de la désignation de Monsieur TOE à la commission de suivi de l'aérodrome.

Le GRAND ANNECY a désigné ses représentants à la commission de suivi de l’aérodrome de MEYTHET lors du dernier conseil communautaire.

Les articles L571-13 et R571-73 du code de l’environnement disposent que le comité de suivi est composé de trois collèges distincts : professions aéronautiques, élus, associations.

Le GRAND ANNECY a désigné comme représentant élu Monsieur Jean-Louis TOE.

Monsieur TOE est selon nos informations simultanément pilote et propriétaire d’un avion basé sur l’aérodrome de MEYTHET.

Il relève donc du collège des professions aéronautiques.

Si il devait siéger dans le collège des collectivités locales, il s’agirait d’un conflit d’intérêts majeur au sens de la loi du 11 octobre 2013 puisqu’il s’agit d’une « situation d’interférence entre un intérêt public et des intérêts publics ou privés qui est de nature à influencer ou paraître influencer l’exercice indépendant, impartial et objectif d’une fonction ».

Sauf erreur, Monsieur TOE a voté pour sa désignation ; ce qui rend applicable l’article L 2131-11 du CGCT et donc illégale la délibération du conseil communautaire le désignant.

Mme LARDET est donc saisie de cette question juridique et morale par le biais de ce recours gracieux de manière à ce qu'elle puisse retirer la délibération désignant Monsieur TOE et demander au conseil communautaire du GRAND ANNECY de délibérer à nouveau sur cette désignation.

 

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Agroécologie vs néonicotinoïdes

Publié le 21 Août 2020 par Thierry BILLET

L'ami Marc DUFUMIER montre encore une fois l'impasse de l'agriculture productiviste que défendent la FNSEA et les gouvernements successifs; tandis que l'agroécologie permettrait, au prix d'un changement des pratiques culturales, de protéger la biodiversité et les cultures.

Pourquoi « réautoriser les néonicotinoïdes pour un système de culture betteravier désuet et dommageable » ?

L’agronome Marc Dufumier critique, dans une tribune au « Monde », la décision gouvernementale d’autoriser « provisoirement » l’usage de pesticides pour la culture de la betterave à sucre, alors que des alternatives techniques à l’emploi des néonicotinoïdes existent déjà.

LE MONDE 21 août 2020

Tribune. Sous la pression des lobbys sucriers, le gouvernement envisage de réautoriser provisoirement le recours aux néonicotinoïdes pour la culture de la betterave à sucre, alors même que la loi sur la biodiversité de 2018 en interdit aujourd’hui formellement l’emploi. Cette culture vient, il est vrai, d’être lourdement affectée par une maladie virale, la jaunisse de la betterave, transmise par un puceron qui a récemment pullulé dans les champs du fait des conditions climatiques particulières de cette année.

Mais les apiculteurs ont néanmoins des raisons de s’inquiéter d’une telle décision car on sait désormais comment l’exposition à ces insecticides déboussole les butineuses. Outre les abeilles mellifères, ce sont la plupart des pollinisateurs qui souffrent de surmortalité en la présence de ces insecticides, et c’est donc aussi la fécondation d’un très grand nombre de plantes cultivées (colza, tournesol, arbres fruitiers, etc.) qui risque de se retrouver lourdement handicapée.

La Confédération générale des producteurs de betteraves (CGB) n’a pas manqué de signaler que les racines de cette plante sucrière sont arrachées bien avant sa date de floraison et donc avant toute possibilité de voir leurs fleurs butinées. Mais les résidus insecticides peuvent être néanmoins absorbés par toutes les plantes à fleurs cultivées les années suivantes, et c’est en cherchant le pollen sur ces dernières que les insectes pollinisateurs se retrouvent de fait empoisonnés.

Une agroécologie scientifique

La CGB rétorque que s’il est pertinent de mettre fin à l’emploi des néonicotinoïdes, encore faudrait-il que l’on ait préalablement trouvé un ou des produits de substitution. En insistant sur le fait que les rendements à l’hectare vont très sensiblement diminuer cette année du fait de la jaunisse, et que cela va peser très lourdement sur l’équilibre de notre balance commerciale agricole.

Mais cela revient implicitement à dire qu’il n’existerait pas d’autres alternatives techniques que l’emploi de pesticides, et qu’améliorer le rendement à l’hectare consisterait toujours à l’accroître, indépendamment des coûts monétaires, sanitaires et environnementaux qui en résultent pour ce faire. C’est oublier aussi le fait que des alternatives techniques à l’emploi des néonicotinoïdes existent d’ores et déjà.

Ces pratiques, qui relèvent d’une agroécologie scientifique, n’ont pas pour objectif d’éradiquer les pucerons et autres insectes ravageurs, au risque d’ailleurs d’engendrer de graves déséquilibres écologiques, mais visent plutôt à pouvoir les côtoyer tout en minorant leur prolifération et leurs ravages.

Ces pratiques sont, entre autres, le choix de variétés tolérantes ou résistantes, l’allongement des rotations de cultures, la diversification des espèces cultivées au sein des mêmes terroirs, la plantation de haies vives, de bandes enherbées et d’autres infrastructures écologiques destinées à héberger des insectes auxiliaires tels que les coccinelles, syrphes et chrysopes, aptes à neutraliser les pucerons.

Faible compétitivité

Ces techniques agricoles sont, il est vrai, bien plus savantes et compliquées que celles encore trop souvent mises en œuvre dans le cadre des modes d’agricultures industrielles exagérément spécialisées. Elles sont plus exigeantes en travail et donc plus intensives en emplois, ce qui n’est pas en soi néfaste. Elles exigent aussi bien moins d’importations de pesticides et d’engrais azotés de synthèse, coûteux en énergie fossile, tout en présentant de moindres risques sanitaires et environnementaux.

La fermeture annoncée des sucreries en France n’a d’ailleurs pas attendu l’apparition de la jaunisse de la betterave ; elle résulte en fait de la faible compétitivité de nos systèmes betteraviers actuels face à la concurrence de la canne à sucre brésilienne. Pourquoi nous faudrait-il alors continuer de produire toujours davantage de betteraves pour des usines d’éthanol dont on sait qu’elles ne peuvent guère devenir rentables du fait de cette concurrence sur les marchés mondiaux ?

Ne conviendrait-il donc pas plutôt de diversifier les cultures au sein de nos assolements et d’y rétablir une bien plus grande biodiversité domestique et spontanée, en y intégrant surtout des plantes légumineuses (luzerne, trèfle, lupin, féverole, etc.), pour produire notamment les protéines végétales dont la France et l’Europe sont déficitaires pour près des deux tiers ?

Le président Macron nous a d’ailleurs promis, au lendemain du dernier G7, un plan visant à rétablir notre souveraineté protéinique, afin de ne plus dépendre des importations considérables de graines et de tourteaux de soja transgéniques en provenance des Amériques. Plutôt que de réautoriser les néonicotinoïdes pour un système de culture betteravier désuet et dommageable, le gouvernement ne devrait-il pas le mettre en œuvre au plus tôt ? Une façon de concilier les impératifs économiques, sociaux et environnementaux !

Marc Dufumier est l’auteur de « L’Agroécologie peut nous sauver » (entretiens avec le journaliste Olivier Le Naire, Actes Sud, 2019).

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Apartheid pulmonaire ?

Publié le 20 Août 2020 par Thierry BILLET

Lorsque je travaillais sur le projet de "zone de faible émission" du GRAND ANNECY, la question sociale de l'impact des mesures de restriction de la circulation nous préoccupait bigrement. Cet article de MEDIAPART sur l'instauration de zones protégées de la circulation automobile illustre le risque de discrimination entre les habitants à partir de l'exemple londonien. La recherche de l'amélioration de la qualité de l'air doit permettre à tout le monde de vivre mieux.

A Londres, les restrictions de circulation suscitent des accusations d’«apartheid pulmonaire»

Les municipalités du Grand Londres mettent en œuvre des mesures encourageant la marche et le vélo. La création de zones « à faible circulation automobile » fait polémique parmi les militants antipollution, sur fond d’épidémie de Covid-19 et de lutte antiraciste.L

  • Londres (Royaume-Uni).– Au sud de Brixton, un havre de paix a été créé début juillet à l’initiative de la municipalité de Lambeth, l’un des 33 boroughs du Grand Londres. En ce début du mois d’août, la température frôle les 30 degrés, mais le calme qui règne sur la chaussée, à l’ombre des petites maisons de ville, adoucit l’atmosphère. Les voitures semblent plus rares que les cyclistes et les piétons grâce à l’entrée en vigueur de restrictions limitant la circulation automobile. 

À plusieurs carrefours, de grands bacs de fleurs ont été installés pour délimiter les confins de ce Low Traffic Neighbourhood (LTN) et filtrer la circulation. Le quartier reste accessible à tous les véhicules, mais il ne peut pas être traversé de bout en bout comme auparavant. Des radars ont été installés par la mairie. 

Le LTN de Railton Road englobe une vingtaine de rues situées dans ce quartier historiquement noir et pauvre qui s’est embourgeoisé.  

Sarah Berry, 28 ans, nous fait visiter le voisinage en poussant son vélo. « Je l’ai acheté dès que la mairie a annoncé la création du Low Traffic Neighbourhood, nous explique-t-elle. Maintenant, je me sens beaucoup plus en sécurité sur un deux-roues dans mon quartier et je suis même allée jusqu’à Hyde Park ! »

Sarah est une défenseuse des Low Traffic Neighbourhoods (LTN). Pas seulement parce que sa rue n’est plus embouteillée, assure-t-elle. Cette bénévole de l’ONG Living Streets, qui milite pour que la marche redevienne le mode de transport dominant au Royaume-Uni, considère que la mise en œuvre des LTN, parce qu’ils allongent les trajets en voiture et donc les découragent, constitue « une véritable mesure de réduction de la circulation automobile ». 

C’est le cœur du débat qui agite les militants antipollution de la capitale. À l’heure où les Londoniens ont toujours pour consigne d’éviter les transports en commun pour cause de Covid-19, les Low Traffic Neighbourhoods qui fleurissent vont-ils entraîner une baisse ou un déplacement de la circulation ? 

David Smith, un militant antipollution noir du sud de Londres, juge absurde la création de ces quartiers protégés introduits au titre des « mesures d’urgence pour lutter contre le coronavirus ». 

« Ces restrictions de circulation n’aident en rien les Londoniens qui souffrent le plus de la pollution, déclare ce père de famille de 49 ans, joint par téléphone. Les personnes noires, asiatiques et issues des minorités ethniques sont davantage malades du cancer, souffrent plus de maladies respiratoires et du Covid-19. Ces Low Traffic Neighbourhoods, c’est un coup dur supplémentaire ! », s’indigne-t-il. 

La terminologie utilisée par les défenseurs des LTN l’exaspère tout particulièrement. « Ils font la distinction entre “les quartiers résidentiels” d’un côté et “les grandes artères” de l’autre, mais celles-ci sont densément peuplées ! », fait remarquer David Smith, connu sous le nom de Little Ninja sur Twitter. 

Rosamund Kissi-Debrah, l’une des activistes antipollution les plus célèbres de Londres, est du même avis. Elle a dénoncé l’« apartheid pulmonaire » créé par les quartiers à faible circulation automobile. 

Cette habitante de Hither Green West, dans le borough de Lewisham, en bordure du périphérique sud de Londres, a perdu sa fille de 9 ans, Ella, en 2013, à la suite d’une énième crise d’asthme. Depuis, elle se bat pour que la pollution de l’air soit officiellement reconnue comme cause du décès d’Ella. 

Ces temps-ci, cette militante consacre également une partie de son temps à dénoncer les effets pervers des LTN, à commencer par celui créé dans le quartier voisin du sien. 

Il suffit de se tenir cinq minutes en bordure de Hither Green Lane en milieu d’après-midi pour saisir le désarroi des riverains. En pleines vacances scolaires et alors que la plupart des Londoniens télétravaillent toujours, la deux-voies qui mène au périphérique sud de la capitale est saturée de voitures et de poids lourds. Le bruit et la pollution sont insupportables. 

« Je suis venu m’installer ici il y a sept ans, car le coin était tranquille. Aujourd’hui, je ne peux plus ouvrir les fenêtres de ma maison qui donnent sur la rue, nous confie un habitant du quartier, sous couvert d’anonymat. Toute cette circulation crée beaucoup d’anxiété et de stress, ajoute-t-il. Les gens sont sur les nerfs ! »

La municipalité de Lewisham prie les habitants de Hither Green West de faire preuve de patience, le temps que les habitudes des automobilistes évoluent. « Nous anticipons une réduction de la circulation qui devrait conduire à une amélioration de la qualité de l’air pour tous », a fait savoir, fin juillet, l’adjointe chargée de l’environnement.  

Cette intervention n’a pas apaisé la controverse à Hither Green West et, sur les réseaux sociaux, les échanges entre certains militants antipollution de la capitale ont viré à l’aigre. 

Les défenseurs des quartiers à faible circulation automobile semblent avoir du mal à comprendre l’anxiété qui étreint les militants noirs et les habitants des boulevards. 

Plusieurs études scientifiques ont pourtant fait le lien entre pollution et taux de mortalité élevé du Covid-19 parmi les Britanniques noirs, asiatiques et issus des minorités ethniques. De surcroît, ces derniers sont beaucoup plus susceptibles de mourir du coronavirus que les Blancs. Ils possèdent aussi moins de voitures que les Londoniens blancs. 

Le peu d’attention apportée aux craintes exprimées notamment par David Smith et Rosamund Kissi-Debrah creuse un fossé entre les deux camps et alimente les préjugés. Les activistes antipollution et anti-LTN assurent qu’une guerre de classes est à l’œuvre. 

Selon eux, les restrictions de circulation serviraient avant tout les intérêts des propriétaires de biens immobiliers des LTN susceptibles de capitaliser sur « l’atmosphère de village » des LTN. Pourtant, les statistiques montrent que le profil socio-économique des habitants des quartiers à faible circulation automobile n’est pas uniforme et varie d’un quartier à l’autre. 

L’expérience est censée durer dix-huit mois. Au terme de cette période d’essai, les restrictions de circulation pourraient être pérennisées, tout comme d’autres mesures similaires dont la mise en œuvre a été hâtée par la crise liée au Covid-19, sous l’impulsion du gouvernement de Boris Johnson, qui a débloqué des subventions. 

« Si les Low Traffic Neighbourhoods ne débouchent pas sur une baisse généralisée de la circulation automobile, assure Sarah Berry, la militante antipollution de Brixton, je ne défendrai pas leur maintien. » Rosamund Kissi-Debrah, elle, n’est pas prête à attendre plus longtemps. Elle réclame une réunion au plus vite avec les élus de sa municipalité. 

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"il faut tout changer pour que rien ne change"

Publié le 19 Août 2020 par Thierry BILLET

Le prince SALINA prononce cette phrase dans le livre de LAMPEDUSA "Le Guépard" : elle est devenue le symbole du cynisme de ceux qui promettent le changement pour n'en offrir au final que l'illusion évanescente. Interrogée par Marie-Luce PERDRIX - maire de GRUFFY - qui l'interrogeait sur son projet de politique générale pour le GRAND ANNECY, Mme LARDET a répondu qu'il était ... d'appliquer le projet de territoire issu du processus participatif "IMAGINE LE GRAND ANNECY" ... sans rappeler qu'il avait été élaboré par son prédécesseur.

La phrase de LAMPEDUSA prend ici tout son sens. Les électeurs écologistes et socialistes qui ont voté pour François ASTORG en sont pour leurs frais : ils ont permis l'élection d'une présidente d'agglomération plus à droite que JLR pour appliquer le projet de territoire qu'il a mis en musique. Tout changer pour que rien ne change...

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André GORZ

Publié le 17 Août 2020 par Thierry BILLET

Les éditions "La Découverte" publient une biographie de André GORZ sous la signature de Willy GIANINAZZI que j'ai lue en m'apercevant que je m'étais formé sur le plan économique en lisant tous les ouvrages de GORZ. Replacés dans leur contexte historique par l'exigeant travail de GIANINAZZI qui détaille les débats intellectuels de GORZ avec SARTRE, HABERMAS, NAVILLE, la CFDT, les décroissants, etc. à la fois sur le plan philosophique et politique. 

La question de l'aliénation est au coeur de la démarche intellectuelle de GORZ :"comment ne pas perdre sa vie à la gagner ?", comment échapper à la course au toujours plus qui éloigne du bonheur de vivre simplement ? On retrouve dans la biographie tous les débats sur les "dégâts du progrès" et les perspectives d'une émancipation collective et individuelle. Ecologiste avant l'heure, GORZ pensait la société qui n'utiliserait pas les avantages d'une productivité toujours croissante pour exclure, mais pour travailler moins et vivre mieux. Ce paradigme social humaniste demeure de la plus grande actualité.

Et puis, parce que parler du bonheur sans parler d'amour, le livre s'achève bien sûr sur "Lettre à D", Doreen l'épouse d'André, dans un texte testament préalable au suicide conjoint des deux amoureux à plus de 80 ans. Lisez "Lettre à D" juste pour vous dire que vous aimeriez pouvoir écrire une telle lettre d'amour à votre compagne ou à votre compagnon. Juste pour l'émotion et les larmes que vous ne pourrez pas retenir. 

Philosophe, militant et amoureux, la belle vie que voilà !

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Dupond-Moretti en caricature de sa propre exagération réactionnaire

Publié le 17 Août 2020 par Thierry BILLET

Chasseur « passionné », l’actuel ministre de la justice a rédigé ce texte - la préface d’un livre sur la chasse - avant son entrée au gouvernement. Il s’est défendu dimanche d’avoir « incriminé les écologistes » dans leur ensemble.

in LE MONDE du 16 août 2020

Le ministre de la justice, Eric Dupond-Moretti, revendique être un chasseur « passionné » et s’en prend aux « ayatollahs de l’écologie » dans la préface d’un livre du président de la Fédération nationale des chasseurs à paraître mardi.

« Ce livre, les ayatollahs de l’écologie s’en serviront pour allumer le barbecue où ils cuiront leurs steaks de soja », écrit l’ex-avocat dans la préface d’Un chasseur en campagne, de Willy Schraen. Eric Dupond-Moretti a rédigé ce texte, révélé dimanche 16 août par le JDD, avant son entrée au gouvernement.

Il y qualifie les défenseurs de la cause animale d’« illuminés » et d’« intégristes », selon les extraits cités par le journal. « Ils veulent que nous ayons honte d’être chasseur, (…) nous culpabiliser d’être ce que nous sommes, car nous sommes aussi notre passion. Et depuis trop longtemps nous refusons de nous défendre, convaincus sans doute que l’intolérance et l’absurde ne méritent pas de réponse », écrit-il.

« Je n’ai jamais incriminé les écologistes »

L’ex-ténor des barreaux explique qu’il n’a « pas honte » quand il « tue un perdreau » et quand il se « délecte de la chair de l’oiseau ». Il salue le livre, un « petit bijou », fait « pour que les chasseurs relèvent la tête ». Dans cet ouvrage, Willy Schraen se pose en défenseur de la ruralité et condamne les « terroristes de la cause animale » et autres « nouveaux combattants verts ».

Le garde des Sceaux a réagi dimanche sur Twitter aux nombreux commentaires suscités par sa préface.

« On peut être contre l’interdiction d’une certaine chasse et défenseur du climat et de la nature, comme je le suis et l’ai toujours été », écrit-il. « Je n’ai jamais incriminé les écologistes mais des ayatollahs de l’écologie. Les premiers sont pour moi bien différents des seconds », s’est-il expliqué.

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Tuer 3 millions de milliards d’abeilles

Publié le 16 Août 2020 par Thierry BILLET

Je suis né dans un département sucrier. L'automne, les routes y sont grasses de la terre qui tombent des tracteurs et des camions qui emmènent le légume aux sucreries. J'ai gardé la mémoire de l'odeur de la cuisson de la pulpe des betteraves à la sucrerie d'ABBEVILLE qui empestait la ville lorsque j'étais lycéen ou quand je contrôlais l'usine en tant qu'inspecteur du travail. A l'époque on ne parlait pas des néonicotinoïdes, ni des abeilles. Depuis quelques jours, les écologistes ne parlent que de cela. De l'impossibilité alléguée de se passer d'un pesticide contre un parasite et de l'accord du gouvernement pour une dérogation.

Mme POMPILI, ministre de l'environnement et députée d'AMIENS parachutée en 2017, connait la taille des tracteurs des betteraviers établis sur des centaines d'hectares et a préféré sans doute ne pas faire de zèle sur le sujet, vue l'épaisseur de la vitre de sa permanence parlementaire.

Le gouvernement a donc dit OUI en prétendant que le risque pour les abeilles était faible avec l'utilisation de graines enrobées et donc sans pulvérisation pendant la période de floraison et qu'il n'y avait pas de substitution biologique possible. Le problème est que c'est un mensonge.

Dans LE MONDE du 12 août 2020, Stéphane FOUCART cite des études précises : "Une part très importante de l’insecticide appliqué sur les semences, de 80 % à plus de 98 % (selon des données publiées en 2003 dans le Bulletin of Insectology), demeure en effet dans les sols. Des cultures mellifères ou attractives pour les abeilles, non traitées mais semées l’année suivante, peuvent ainsi être contaminées et présenter un risque élevé pour les pollinisateurs"

"D’autres travaux, conduits en Suisse et publiés en mars 2019 dans le Journal of Applied Ecology sont allés plus loin. Des chercheurs de l’université de Neuchâtel (Suisse) ont analysé plus de 700 échantillons de plantes et de sols, prélevés sur l’ensemble des régions agricoles helvétiques. Au total, les prélèvements ont été menés sur 169 parcelles issues de 62 exploitations agricoles conduites en agriculture conventionnelle ou biologique. Résultat : tous les échantillons prélevés sur des parcelles conventionnelles contenaient des résidus de néonics, tandis que 93 % des parcelles menées en « bio » – bien que toutes converties depuis plus de dix ans – étaient contaminées, à des concentrations cependant beaucoup plus faibles. Mais même à ces niveaux très bas, les chercheurs suisses identifiaient des risques pour une variété d’insectes non ciblés.

L’une des caractéristiques des néonicotinoïdes est en effet d’être toxiques à des doses d’exposition infimes. Par exemple, l’application de 60 grammes d’imidaclopride (le principal néonic) par hectare, sur les 423 000 hectares de betterave à sucre exploités en France, équivaut à environ 25 tonnes de produit, soit suffisamment pour tuer 3 millions de milliards d’abeilles (4 nanogrammes d’imidaclopride par abeille suffisent à tuer 50 % d’une population exposée, selon la synthèse de référence publiée en 2014 dans Environmental Science and Pollution Research). En comptant un centimètre par hyménoptère, cela représenterait une chaîne d’abeilles mortes d’environ 30 milliards de kilomètres, soit quelque 40 000 allers-retours de la Terre à la Lune."

Il est donc faux d'affirmer comme le fait le gouvernement que les abeilles ne risquent rien.

Quant à l'inexistence d'alternatives, les quelques agriculteurs produisant des betteraves à sucre "bio" ne souffrent pas de la maladie en question. Ils sont marginaux : les gros betteraviers préfèrent hurler auprès de leurs parlementaires et présidents de Région qu'ils soutiennent politiquement et dont ils savent qu'ils n'ont rien à leur refuser, plutôt que de remettre en cause leurs pratiques culturales en adoptant un modèle plus intensif en travail et moins en intrants chimiques.

Je n'ai d'ailleurs trouvé nulle part la moindre enquête sur les efforts réels des agriculteurs pour remplacer l'imidaclopride. Une fois de plus, on a cru les betteraviers sur parole. Et les abeilles mourront en attendant d'autres dérogations à la loi POMPILI sur la biodiversité.

 
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comment rester écolo dans devenir dépressif ?

Publié le 15 Août 2020 par Thierry BILLET

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