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thierry billet

Écologiste annécien

Le loup n’a pas d’impact négatif sur la faune sauvage au contraire !

Publié le 13 Mai 2010 par Thierry BILLET in Environnement


Contrairement aux idées reçues, la FRAPNA prouve que le loup n'a pas d'impact négatif sur la faune sauvage, bien au contraire. Voici son communiqué de presse à l'occasion du procès du braconnier professionnel en procès le 12 mai à BONNEVILLE

 

Voici le Communiqué de presse de la FRAPNA Haute-Savoie
 
Le procès de Frank Michel aura lieu mercredi 12 mai au Tribunal de Grande Instance de Bonneville. Il est accusé d’avoir tué un loup, espèce protégée sur le territoire national, et présenté par certains comme une victime. Nous souhaitons souligner les éléments suivants : non content d’avoir tué un loup, M. Michel l’a dépecé pour le naturaliser, il était également en possession des restes de plusieurs espèces protégées comme le bouquetin, le héron cendré, le grèbe huppé, le casse noix moucheté, l’épervier d’Europe. Toutes ces espèces ne sont pas de redoutables prédateurs qui déciment les troupeaux à l’estive! De plus M. Michel était en possession d’une arme prohibée. En l’occurrence, c’est bien de braconnage qu’il s’agit et M. Michel doit répondre de ses nombreux chefs d’accusation, c’est là le travail de la justice.

Nous reconnaissons pleinement que le retour naturel du loup crée des contraintes importantes pour les éleveurs de montagne. Par contre, les cris des chasseurs sont pour leur part injustifiables, eux qui chassent par loisir alors que l'animal tue pour vivre. Le loup est accusé par certains chasseurs de décimer les populations d’animaux sauvages, chamois, chevreuils et autres ongulés, et de mettre ainsi en péril l’avenir de la faune sauvage. Ce sont les mêmes chasseurs, ceux du Petit- Bornand, qui après avoir péremptoirement affirmé que le loup avait quasiment anéanti la faune sauvage, demandent une augmentation des attributions de chamois et de cerfs au plan de chasse pour la saison 2009-2010 ! De qui se moque-t-on ?
L'expérience prouve que la présence du loup n’entraîne pas de régression des populations de faune sauvage, au contraire
- les comptages de ce printemps montrent que sur l’Unité des Gestion des Glières (entendez le massif des Glières), le nombre de chamois compté est passé de 677 en 2004 à 889 !
- dans les départements de Provence-Alpes-Côte d’Azur où le loup est présent depuis près de 15 ans (Alpes Maritimes, Hautes-Alpes), les plans de chasse des ongulés sauvages sont en constante progression.

Il est par conséquent incroyable que des gens qui se présentent comme responsables du monde de la chasse et comme «gestionnaires» des espèces naturelles, puissent évoquer la possibilité d'effondrement des populations-proies du fait des prédateurs, position qui est un non-sens scientifique.
En Haute-Savoie, les tableaux de chasse des chevreuils, chamois, cerfs, totalisent 4420 animaux tués pour la saison 2007-2008, et ceci sans compter des milliers de sangliers : est-il impensable dans ces conditions que les chasseurs qui représentent 1% de la population du département laissent une part au loup ? 

Rappelons que le loup n’est pas qu’une contrainte, en reprenant sa place au sommet de la pyramide écologique il est le garant du bon fonctionnement de l’écosystème entier.
Des exemples: 
- il empêche la concentration des grands ongulés sauvages qui compromet la régénération naturelle de la forêt et les jeunes plantations, 
- il élimine les individus faibles ou malades empêchant la propagation des maladies (nos troupeaux de chamois sont régulièrement décimés par la kérato-conjonctivite),
- il élimine les chiens errants  … et il constitue un formidable vecteur d'image sur la qualité des milieux naturels, support d'un tourisme respectueux de la nature essentiel pour les territoires de montagne.

Nous sommes pour notre part convaincus de la nécessité de la préservation de la biodiversité, ainsi que de la possibilité d'une cohabitation entre le loup et l'homme.
Si les Etats européens, de toutes orientations, ont pris depuis des décennies des mesures pour protéger de nombreuses espèces animales, c'est bien que la conception du rôle de l'homme dans la nature a changé.