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Écologiste annécien

Sobriété, écueil et boussole pour l'écologie

Bruno VILLALBA, professeur de science politique, donne au MONDE une interview sur le thème de la sobriété, vecteur de l'écologie dans un monde que nous n'arrivons pas à penser comme "un monde fini" où le stock de ressources n'est pas illimité. Nous avons eu la chance depuis 1945 de vivre dans une perspective de société sans limite, "hors sol", n'ayant pas à tenir compte des contingences matérielles des éco-systèmes. VILLALBA cite Jean-Baptiste SAY l'économiste emblématique français en 1803 : "les ressources naturelles sont inépuisables, car sans cela nous ne les obtiendrions pas gratuitement"SAY a l'excuse de ne pas avoir connu l'accélération de la consommation de la seconde moitié du 20° siècle. Mais tous ceux qui nous promettent ces jours-ci "que l'on va pouvoir apporter une solution technique et rebondir par l'innovation sans voir que l'on ne fait que déplacer le problème" n'ont pas l'excuse de ne pas connaître la crise climatique que nous vivons. Presque tous les candidat(e)s aux présidentielles sont sur cette ligne : chercher de nouveaux moyens pour le "toujours plus". Même si c'est intenable pour la planète et pour le genre humain. L'utilisation des difficultés de nos concitoyens qui sont en situation de "sobriété contrainte"  pour s'opposer à une écologie "punitive" cache en réalité un refus de renoncer à "l'imaginaire d'une profusion du vivant" . VILLALBA a raison de rappeler que "la démocratie n'est pas seulement le régime politique qui donne des droits, c'est aussi celui qui organise la façon dont les citoyens s'imposent des normes communes".  La campagne présidentielle aura raté le coche de ce débat démocratique. Avec la relance du nucléaire, une agriculture toujours aussi polluante, MACRON, ROUSSEL, PÉCRESSE et autres LE PEN et ZEMMOUR nous invitent à reporter à plus tard les choix que nous impose la finitude de la planète... "Foule sentimentale" chantait pourtant SOUCHON il y a trente ans. Trente ans perdus pour un changement de modèle que la planète peine à imposer à nos courtes vues. Alors, je voterai pour Yannick JADOT au premier tour de la présidentielle qui aura bien seul essayé de porter ce débat.

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