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thierry billet

Écologiste annécien

Vice président du SILA...

Publié le 19 Mai 2008 par Thierry BILLET in Environnement

Depuis vendredi, je suis donc Vice Président du SILA, représentant la Ville d'ANNECY.

Pierre BRUYERE
en assure désormais la présidence, et n'était l'incident déplorable concernant l'élection des représentants de la communauté de communes de CRUSEILLES qui donne lieu à toutes les suppositions, la première réunion du Conseil syndical a été marquée par un profond renouvellement des Vices présidents et du bureau du SILA.

Le mandat qui m'a été donné par la Ville, et qui sera porté par les représentants d'ANNECY au bureau et au Conseil syndical est très clair.

La première concerne le schéma d'assainissement collectif et en particulier le refus de continuer à financer des tuyaux pour raccorder quelques maisons individuelles à un coût rédhibitoire et qui incite et justifie ensuite de poursuivre l'urbanisation en mitage de l'espace rural.

La seconde porte sur la gestion durable du Lac d'ANNECY c'est à dire sur la compréhension des phénomènes en cours au niveau de l'éco système du lac.

La crise du PCB nous oblige à être à la hauteur de l'enjeu : comprendre le fonctionnement du lac, les raisons de la dégradation d'éléments naturels : 50% de roselières en moins en 10 ans, destruction des herbiers, diminution significative des pêches de corégones par les pêcheurs amateurs, etc.  ou encore les capacités du lac à supporter une fréquentation touristique de bateaux à moteur croissante sans aucun contrôle...

Même si les nouvelles analyses permettent de valider l'absence de nouvelle contamination des poissons du lac par les PCB contenus dans les sédiments, cela ne signifie nullement que nous ne devons pas réfléchir à l'avenir du Lac.

En effet, nous savons déjà qu'une pollution des sédiments aux HAP (Hydrocarbures aromatiques polycycliques) est avérée. Celle aux PCB est également une réalité.

De plus, d'autres problèmes doivent retenir l'attention.

Pour n'en citer que quelques uns :


●    la réduction de moitié des roselières en 10 ans

●    les fortes perturbations des quantités de poissons (corégones) pêchées par les pêcheurs amateurs sur le lac au cours de ces dernières années

●    La disparition accélérée  des herbiers

●    l'absence de toute indication précise sur la fréquentation du lac par les bateaux à moteur à essence et sur leur impact sur le milieu naturel

●    l'absence de suivi de l'avifaune et des populations de batraciens

●    L'absence de tout système de contrôle des activités polluantes ou d'incivilité sur le lac (pas de « brigade verte » à la différence de lacs voisins)


Pour aller à l'essentiel, la Ville d'ANNECY constate que nous ne sommes pas en capacité aujourd'hui de disposer d'un état des lieux de l'écosystème du Lac d'ANNECY.

Cette lacune ne permet pas de rechercher les solutions de gestion à moyen terme du lac de nature à préserver la biodiversité sur les rives et dans le lac.

Au-delà de l'enjeu écologique, c'est une menace grave sur l'image de marque touristique du lac d'ANNECY et donc sur l'économie de notre territoire.

C'est la raison pour laquelle la Ville soutient le projet de mise en place d'un observatoire du lac, sous la présidence du Préfet de département, représentant de l'Etat qui doit rester le propriétaire du lac et le garant de sa gestion à long terme.

Cet observatoire aurait pour but de constituer une base de données sur l'écosystème de la cluse du Lac dans une démarche écologique intégrée permettant de mettre en oeuvre les moyens de gestion qui permettent d'assurer la plus grande richesse écologique du lac et de son bassin versant.

Si cette biodiversité existe, les poissons seront là au final.

Mais ne confondons pas les causes et les conséquences : le malaise actuel sur la pêche est d'abord la conséquence  d'une insuffisante gestion intégrée du lac.

Et cette gestion est impossible si l'on ne se donne pas les moyens d'une étude et d'un suivi global du lac pour comprendre les mécanismes actuellement à l'oeuvre et qui font craindre à certains acteurs une « stérilisation » du lac, en parallèle de ses excellentes qualités biologiques.