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thierry billet

Écologiste annécien

Bilan de l’évolution de la qualité sur le Grand Annecy après 3 semaines de confinement.

Publié le 15 Avril 2020 par Thierry BILLET

État des lieux au début avril 2020... Deux polluants sont particulièrement suivis et des plans d’actions sont mis en œuvre depuis plusieurs années sur le Grand Annecy  pour les particules fines et le dioxyde d’azote. Il apparait donc intéressant pendant la période de confinement de constater les impacts sur les concentrations de ces composés.

Le dioxyde d’azote (NO2) est un gaz émis lors des combustions et donc le trafic routier est le contributeur majoritaire de ce polluant, particulièrement en milieu urbain. La baisse de ce polluant entre la semaine avant le confinement et les 3 semaines suivantes est particulièrement conséquent avec 50% de baisse sur les 3 stations de mesures du Grand Annecy. Les niveaux enregistrés pendant le confinement sont équivalents à ceux observés habituellement en milieu rural. La réduction du trafic automobile se mesure clairement dans cette diminution des concentrations de NO2.

Les particules fines (PM10 et PM2,5) sont majoritairement émises par le chauffage au bois non performant sur le Grand Annecy. On observe une stagnation, voire une légère augmentation des niveaux de ces particules sur l’ensemble des stations de mesure du Grand Annecy. La station de mesure située boulevard de la Rocade, qui est en prise directe avec le trafic, voit ainsi ses concentrations stagner de 19 µg/m3 la semaine avant le confinement à respectivement 19, 26, et 19 µg/m3 les 3 semaines suivantes. La réduction drastique de l'impact du trafic routier a donc été sans effet sur les poussières fines.

Plusieurs explications viennent argumenter l’augmentation constatée la 2ème semaine de confinement pour les particules fines. Il a été observé des températures 2,6 degrés plus froides en moyenne que la semaine avant le confinement et 3 journées consécutives avec des gelées matinales. Ainsi l’augmentation des besoins en chauffage des particuliers a été plus conséquente.

Les épandages agricoles peuvent également expliquer une part de l’augmentation des particules car ils ont été particulièrement nombreux la seconde quinzaine de mars et sont générateur de particules. Les agriculteurs épandent en cette période du lisier qui produit de l'ammoniac, lequel produit des particules fines détectées par les capteurs d'ATMO.

Loin des poncifs sur la qualité de l'air développées par certaines associations ne tenant pas compte des réalités météorologiques de nos vallées montagnardes, le chauffage au bois est bien en hiver le responsable essentiel des émissions de poussières fines ; la réduction du trafic automobile sans impact sur la production au boulevard de la rocade le démontre de manière empirique.

Ainsi les premiers résultats de l’impact du confinement sur la qualité de l’air à ANNECY mettent en avant la nécessité d'accentuer encore les efforts sur notre FONDS AIR BOIS contre le chauffage au bois non performant. Nous avons déjà signé plus de 400 conventions et notre objectif est de 3 000. Il faut pour cela que nous nous convainquions tous que la voiture n'est pas la seule responsable de nos problèmes de qualité de l'air. Et que les faux prophètes acceptent de tenir compte de la réalité locale.