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thierry billet

Écologiste annécien

Déflation et décroissance

Publié le 1 Novembre 2010 par Thierry BILLET

 

 

L’UMP avait imaginé à l’occasion des européennes de définir ce que pourrait être une écologie politique de droite.

Sensées répondre aux argumentaires d’EUROPE ECOLOGIE, Mmes  JOUANEAU et KOZIUSCKO MORIZET notamment, pourfendaient la « décroissance » comme une perspective économique et sociale dépourvue d’ambition et surtout ne répondant pas aux enjeux de la mondialisation.

Les « décroissants » sont sociologiquement composés de gens qui ont assez d’argent pour vivre et envisager des placements "éthiques" ou des gens « en rupture » avec le modèle social actuel.

Le débat qu’ils ouvrent est intéressant.

Mais il est politiquement caricaturable : la décroissance ne peut être un projet politique écologiste pour la grande majorité de nos concitoyens qui galèrent pour payer leurs factures d’électricité, voir d’eau.

La décroissance a donc servi de repoussoir anti écolo pour l'UMP : regardez  ces écolos qui veulent nous ramener des années en arrière, qui se moquent des gens dans la dêche qui ne peuvent atteindre au niveau de vie qu'ils estiment "normal", qui n'ont d'autre projet que de nous ramener en arrière, etc.

Pour autant, la caricature se renverse avec la politique déflationniste que mène le gouvernement sans le dire : ne pas remplacer les fonctionnaires, réduire toutes les aides sociales, diminuer son niveau d’intervention dans tous les domaines... c’est engendrer une réduction massive de la dépense au sein de notre pays par la réduction du niveau de vie et par la crainte de lendemains qui déchantent. Cette réduction de la "demande" est le propre de la déflation.

En effet, on ne peut pas critiquer la décroissance qui ne peut être qu’un projet social voulu par les citoyens sur la base d’une adhésion à une démarche de simplicité volontaire, et en même temps, imposer une décroissance subie à la population la plus fragile de notre pays.

Alors que la grande pauvreté explose inexorablement, pourfendre la décroissance tout en la mettant en oeuvre de la manière la plus féroce socialement à l’égard des plus pauvres, n’est pas la moindre des contradictions du sarkozysme.