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thierry billet

Écologiste annécien

Enneigement & réchauffement climatique

Publié le 2 Juin 2011 par Thierry BILLET

Les travaux du Schéma régional climat environnement continuent. La dernière séance de l'atelier ADAPTATION auquel je participe a donné lieu à une présentation des perspectives d'enneigement en relation avec le réchauffement climatique par le Centre d'étude de la neige, rattaché à METEO FRANCE.

M. GIRAUD a commencé par rappeler que nous étions déjà dans une phase de réchauffement : ANNECY a vu sa température moyenne augmenter de 1° au cours du siècle dernier.

Citant l'exemple du Col de PORTE qui est leur station de référence, l'enneigement était supérieur à un mètre dans les années 1960, il est de 50 centimètres maintenant à 1.325 mètres.

Pour autant, il existe de fortes variations annuelles et entre les massifs qu'il ne faut pas confondre avec les effets du réchauffement climatique qui sont à advenir.

Le Centre d'étude de la neige travaille sur 23 massifs alpins répartis en 4 groupes. Trois massifs servent de référence : le Chablais, les Grandes rousses et le Mercantour. Dès aujourd'hui entre ces massifs, la variabilité spatiale est forte : les précipitations varient du simple au double et les températures moyennes ont 3 à 5° d'écart.

Globalement, les perspectives sont un effondrement de l'enneigement à 900 mètres et aucun symptôme au dessus de 2.700 mètres.

Si d'ici 2030, les modèles ne permettent pas d'envisager de profondes modifications, vers 2050, on assisterait à un tournant considérable. Entre 2021 et 2050, l'enneigement diminuerait de 50% dans les ALPES du NORD à 1.400 mètres avec un fort impact jusque 1.800 mètres (l'altitude des pistes du SEMNOZ). Entre 2070 et 2100, l'enneigement baisserait de 50% jusque 2.200 mètres.

En 2070, le nombre de jours sous la neige dans le CHABLAIS serait ce qu'il est aujourd'hui dans le VERDON.

2030 pour les décideurs d'équipements de montagne, c'est un avenir stratosphérique : ils ont largement le temps d'équiper la montagne et d'amortir des équipements de plus en plus gros. La chute n'en sera que plus forte pour l'après 2030 si les prévisions du Centre d'études de la neige se vérifient. Comme les phénomènes climatiques liés au réchauffement vont plutôt plus vite que les prévisions du GIEC, ce modèle est peut-être trop optimiste.

En attendant, le raisonnement à long terme doit s'imposer, ne serait-ce que sur l'impact de la fonte des glaciers sur la réserve en eau. C'est le rôle des écologistes que de porter cette interrogation sur le long terme pour que les politiques publiques l'intègrent dès maintenant.

La sécheresse de cette année, qui n'est pas une conséquence des déréglements climatiques de long terme, nous montre la sensibilité de nos sociétés à ce type d'aléa climatique.

Quand ce ne sera plus un aléa, mais le climat "normal" : quelle est la viabilité de nos modèles économiques gaspilleurs de ressources ?