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thierry billet

Écologiste annécien

Puce du canard, bilan 2017

Publié le 5 Février 2018 par Thierry BILLET

La dermatite cercarienne est un fléau sur le lac d'ANNECY ou plutôt dans les eaux peu profondes du bord du lac contre lequel des mesures annuelles sont prises pour limiter le développement des cercaires qui viennent piquer les baigneurs.

D'abord par une régulation du nombre de canards colverts qui abritent le parasite est effectuée chaque année par les chasseurs. En 2002 ils avaient tué 506 canards quand nous étions au pic du développement du parasite. En moyenne, il s'en tire environ 200 par an et cette année seulement 70. L'objectif crucial est d'éviter que les canards colverts sédentarisés ne soient une source illimitée de parasites.

Ensuite par des hersages des plages pour détruire les limnées, ces coquillages dans lesquels migrent les parasites quand ils quittent les canards. Il s'agit de limiter l'habitat du cercaire. Le hersage est efficace : une densité de 30 limnées au m2 était mesurée avant hersage au printemps 2017; elle était tombée à 14 limnées après le hersage. Les années antérieures où la présence de limnées était plus importante qu'en 2017, l'efficacité moyenne du hersage était une réduction de 74% des limnées présentes dans le fonds du lac.

La chronique 2006-2013 montrait une forte corrélation proche de 100% entre la température minimale de l'eau au cours de l'hiver et la densité de limnées au printemps suivant. Une température moins froide  semblait favoriser les limnées et donc les risques de prolifération du parasite. Ces observations ne sont plus fiables depuis 2014 où la corrélation s'étiole sans que l'on ait déterminé quels autres facteurs expliquent cette divergence d'évolution. Il y a là pour la direction de l'environnement et du cycle de l'eau du SILA une interrogation à résoudre dans les années à venir. Peut-être la conséquence d'un doublement des jours de hersage depuis 2012 ?

Le taux de parasitisme est également étudié par le SILA, c'est à dire le % de limnées qui sont parasitées par des "furcocercaires ocellées pigmentées", seuls vecteurs de la dermatite. Ce pourcentage est de 0,3% en 2017 - pratiquement constant depuis 2006 - à comparer du résultat de 1999 qui donnait un taux de parasitisme de 3,7%. La prévalence du parasite a nettement diminué grâce au travail de prévention réalisé.

La régulation des canards colverts sédentaires sur le lac et des limnées le long des berges des plages montre son efficacité depuis presque vingt ans. Il reste néanmoins des incertitudes sur les conditions favorables au développement du parasite et notamment les températures favorables tant en hiver qu'en été. Sur ce point comme sur tout l'écosystème alpin, l'élévation moyenne de la température favorise des espèces indésirables.