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thierry billet

Du narcobanditisme et de ceux qui le créent...

23 Novembre 2025 , Rédigé par Thierry BILLET

Avec l'assassinat du frère d'un militant marseillais, les narcotrafiquants ont franchi une étape supplémentaire dans leur recherche de puissance absolue sur certains territoires, Planqués à DUBAI, les donneurs d'ordre se demandent comment les pays qui les accueillent ne sont pas déjà balcklistés par les pays occidentaux qu'ils inondent.

L'explosion du narcotrafic - que les saisies croissantes documentent de manière irréfragable - est en réalité ce qui m'apparaît le plus intéressant à comprendre. Puisqu'il est la preuve tangible d'une augmentation de la consommation de drogues dans toutes les sociétés développées, qu'il s'étend en France aux zones rurales et à toutes les couches de la population. 

Certains mêmes qui se plaignent de la violence des narcotrafiquants consomment, visionnent ou tournent des films où le rail de cocaïne est un passe temps habituel de fêtes banales entre amis sans en être choqués, pleurent avec les victimes tout en banalisant la consommation.

Ce paradoxe ou plutôt l'insuffisante réflexion sur les raisons pour lesquelles de plus en plus de nos concitoyens se droguent m'interroge.

Parce que, sauf erreur de ma part, on se drogue pour aller mieux le temps de la consommation, ou pour être plus performant ce qui revient au même, ou pour faire des choses qu'on s'interdirait si l'on n'avait pas consommé.

De quoi ce besoin de se droguer, en se démocratisant depuis une vingtaine d'années, est-il le signe d'un point de vue sociologique en FRANCE ?

Des travaux ont eu lieu sur le sujet et contrairement aux propos sommaires du Président de la république, le problème n'est pas que chez les "bobos".

Reprenant les travaux du psychologue et ancien président de la Fédération addiction Jean-Pierre Couteron, Christian Ben Lakhdar distingue quatre éléments constitutifs : « Le premier est l’affaiblissement du lien social et son corollaire, l’individualisation, qui mènent à un étiolement du contrôle de soi, favorable à la conduite addictive. Le deuxième est lié à l’intensité de l’environnement et à la culture consumériste : vitesse, rapidité, changement permanent favoriseraient l’excitation du désir. Le troisième élément consiste en la recherche ou la nécessité de la performance. Elle pousserait l’individu à s’aider, à s’équiper, à s’outiller pour tenir, pour se dépasser ou simplement pour rester dans la course. » Et pour finir, le quatrième élément « est d’ordre socio-économique : la montée des inégalités et de la pauvreté favoriserait la consommation de substances psychoactives. Car, prises dans la même course que les autres, les populations précaires doivent, elles aussi, tenir le coup et donc consommer. »

Accéder ou pas à des sources de plaisirs variées

Sur les facteurs socio-économiques des addictions, Marc Auriacombe livre un éclairage psychologique : « Plus les personnes ont de sources de plaisir et de gratification, moins elles sont susceptibles de développer une addiction. En outre, il semble qu’il y ait moins de risque de développer des addictions à des comportement de gratification naturelle pouvant nécessiter une éducation et/ou un entraînement, qu’à des substances où la gratification ne nécessite pas d’éducation et est rapide – comme c’est le cas pour les drogues. » Ainsi, là où une personne relativement aisée aura accès à de multiples sources de gratification – qu’il s’agisse d’art, de médias, de divertissement, d’alimentation ou encore d’activité physique –, une personne en situation de précarité économique sera davantage limitée et ainsi davantage sujette à se tourner vers une seule et même source de plaisir addictive comme le tabac, l’alcool ou le cannabis, alors que la consommation de ces mêmes substances tend à diminuer dans la population générale.

On peut donc émettre l'hypothèse que tant que la culture de la vitesse et de la performance individuelle serviront de boussole à nos vies, il y a peur de raisons que le narcotrafic voit son business menacé. 

 
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