Sous-traitance anglaise à la France du mal traitement des migrants
A l’occasion du 20ème anniversaire de la signature des accords du Touquet relatif à la coopération franco-britannique autour de la gestion externalisée de la frontière de la Manche et de la Mer du Nord, 60 associations publient un manifeste commun pour demander une politique alternative, respectueuses des droits humains, à cette frontière.
Le 4 février 2003, les gouvernements français et britannique gravaient dans le marbre l’externalisation des contrôles frontaliers britanniques sur le sol français. Vingt ans plus tard, les accords du Touquet constituent toujours l’un des actes fondateurs, juridiques et médiatiques de la politique migratoire inhospitalière mise en œuvre sur le littoral de la Manche et de la Mer du Nord .
Depuis la signature de ce traité, près de 300 personnes sont décédées à la frontière. De nombreuses autres ont disparu, et des milliers ont été mutilées et blessées. Mais l’accumulation des traités bilatéraux visant à renforcer la frontière, les milliards d’euros dépensés, les chiens, les caméras thermiques, les capteurs de CO2, les détecteurs de battements de cœur, les drones, les avions et hélicoptères, les caméras de vidéo-surveillance, les policiers et gendarmes toujours plus nombreux, n’y changent rien.
Les personnes exilées sont là et continuent jour après jour, nuit après nuit, à prendre tous les risques pour pénétrer sur le territoire britannique.
De fait, nombre d’entre elles y parviennent après avoir subi des violences insupportables. Trop, beaucoup trop d’entre elles y ont perdu la vie.
Alors que faire? Poursuivre aveuglément dans cette voie, et continuer à tuer, blesser, atteindre les personnes dans leur corps et dans leur esprit sans que cela n’ait aucune prise sur les traversées, ou réfléchir à une politique alternative digne et respectueuse des droits humains ?
Lorsqu’une politique échoue systématiquement, qu’est-ce qui justifie donc de la poursuivre indéfiniment ?
Nos associations agissent auprès des personnes exilées bloquées à la frontière franco-britannique ou auprès de celles qui, après des jours ou des mois à Calais, Grande Synthe ou Ouistreham, ont réussi à passer en Grande Bretagne. Elles constatent quotidiennement l’impasse à laquelle ont mené les accords du Touquet. Il est temps d’y mettre fin.
Pour cela nous proposons la mise en place d’un espace de concertation pour concevoir au plus tôt une politique alternative à même d’accueillir les personnes exilées dans la dignité et le respect de leurs droits fondamentaux.
Cette politique se traduirait d’abord par un gel immédiat des expulsions de campements et de squats.
Elle s’attacherait à définir et financer des solutions d’accueil dignes dans tous les lieux où survivent des personnes exilées, de passage, en prenant en considération les spécificités locales et en s’engageant à soutenir les élus locaux hospitaliers.
Ces solutions d’accueil doivent apporter une réponse aux besoins fondamentaux des personnes exilées et faciliter l’accès aux soins physiques et mentaux. Elles doivent garantir l’accès à une information juste, complète et impartiale et un accompagnement individuel de qualité, pour permettre à chacun et chacune de faire des choix éclairés pour la suite de son parcours de vie.
Plutôt que d’externaliser et de militariser les frontières, la Grande-Bretagne, la France et l’Union européenne doivent coopérer pour mettre en œuvre des politiques migratoires plus humaines et ouvrir des voies d’accès sûres et légales.
Cette politique alternative impose que soit mis en œuvre un moratoire sur le règlement Dublin III qui condamne trop de personnes à l’errance et rend illusoire leur intégration en les empêchant de demander l’asile dans le pays de leur choix.
20 ans après leur signature, nous demandons la dénonciation, par les gouvernements français et britannique, des accords du Touquet et de l’ensemble des accords franco-britanniques sur la gestion de la frontière.
Contre les cours suprêmes
Ce qui se passe en Israël est ce que ZEMOUR proposait en FRANCE : le contrôle des cours suprêmes (en FRANCE le conseil constitutionnel) par le personnel politique. C'est ce que veut faire ORBAN en HONGRIE et ce que tentent partout les politiciens qui ne supportent pas qu'un Juge (fut-il issu de ses propres rangs puisque les juges constitutionnels sont nommés par le pouvoir politique) puisse leur "retoquer" des lois ou des décisions non conformes à la loi suprême : la Constitution. C'est ce que tente NETANYAOU en ISRAËL, furieux que son ministre d'extrême droite ait été démis par la Cour suprême du fait de ses multiples condamnations.
On voit bien au BRÉSIL avec l'attaque des bolsonaristes contre la Cour suprême à quel point il insupporte aux dirigeants "illibéraux" c'est à dire à tendance totalitaire après avoir été élus dans une démocratie (à la différence des coups d'état) d'être contrôlés par un pouvoir indépendant. Partout dans le monde, les apprentis dictateurs tentent de museler les deux autres pouvoirs que sont la presse et le judiciaire.
Car l'enjeu est là: celui d'une autorité qui tient le cap du cadre constitutionnel au travers des aléas des majorités politiques du pays. Un cadre constitutionnel qui fixe les valeurs du pays, ses règles intangibles lui permettant d'assurer la continuité de ses choix éthiques.
En France, depuis une décision du 23 août 1985, le conseil constitutionnel a exprimé cela avec force : "une loi votée n'exprime la volonté (du peuple) que dans le respect de la constitution". Il y a donc un garde-fou (le terme est adapté quand on parle de BOLSONARO ou de TRUMP). C'est ce garde-fou qu'ils veulent supprimer.
Si cette question peut apparaître purement juridique, elle est au contraire hautement politique.
Le vote des parlementaires sur l'entrée du droit à l'IVG dans la Constitution de manière à le "sanctuariser" face à d'éventuelles remises en cause par telle ou telle majorité réactionnaire permet déjà de positionner les parties. En HAUTE SAVOIE, Cyril PELLEVAT l'a voté au Sénat; alors que Mme NOEL dans la droite ligne de ses postures anti-vaccins ne l'a pas fait, et plus étonnant le centriste Loïc HERVE non plus. Alors que le texte a été amendé pour seulement rappeler la liberté de la femme de bénéficier d'un avortement, et non pour sanctuariser l'IVG, ces deux-là ne l'ont pas voté. Ce qui signifie qu'ils sont prêts à le remettre en cause si l'occasion se présentait.
Aimez vous BRAHMS ?
Ou plutôt, aimez-vous le "Requiem allemand" de ce compositeur ? Alors, venez vite le chanter avec le GRAND ENSEMBLE VOCAL d'ANNECY qui commence les répétitions de cette oeuvre magnifique. Le lien est ici
/image%2F0935223%2F20231224%2Fob_20fe5a_fa44fd04-3b83-4512-9dce-534c79192bb9-1.jpeg)
/image%2F0935223%2F20230201%2Fob_afbca2_img-1534.jpg)
/image%2F0935223%2F20230131%2Fob_182c13_geva-aimez-vous-brahms.jpg)