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thierry billet

Écologiste annécien

Du NPA au FN...

Publié le 1 Mars 2011 par Thierry BILLET

On pouvait lire dans LE MONDE daté du 25 février un article retraçant le parcours d'un jeune délégué syndical CGT de 31 ans qui fut le second de liste du NPA aux élections régionales il y a un an; et qui est maintenant candidat FN aux élections cantonales de mars 2011.

Sa section syndicale n'y trouve majoritairement rien à redire.

Au-delà du cas particulier, cet exemple a valeur de symbole.Dans une lecture politique classique, ce type de transfert politique entre un parti trotskiste et un parti d'extrême droite est inenvisageable.

Il n'y a pas de militants anti fascistes plus ardents qu'au sein de l'extrême gauche.

Et donc que ce jeune homme trouve normal de passer de l'extrême gauche à l'extrême droite est un signe politique.

En premier lieu, il montre que pour certains jeunes ouvriers et donc pour d'autres catégories professionnelles, le clivage extrême gauche/extrême droite n'a pas de sens.

Cette personne exprime dans l'article que c'est à ses yeux maintenant Marine LE PEN qui défend le mieux les ouvriers, et auparavant il pensait que c'était le NPA. Il change donc de parti sur l'heure. Cela ne lui pose pas de problème par rapport à la doctrine raciste du FN...

Cette capacité de l'extrême droite à capter non seulement un électorat populaire, mais y compris des militants syndicalistes, est une preuve supplémentaire de la capacité de rassemblement par le FN de tous les gens qui se sentent exclus, sans que le discours raciste ne les rebutent .

La capacité de nuisance du FN est donc totale à un an de la présidentielle. Cet exemple le montre. Cela devrait être intégré dans les réflexions des écologistes pour la présidentielle, au moins autant que le "casting" entre Eva JOLY ou Nicolas HULOT. L'extrême droite sera au rendez vous et il convient d'intégrer cela dans notre stratégie électorale de premier tour.


En second lieu, cela interroge la posture politique de la seule dénonciation. Globalement, ce que nous dit cette personne, c'est que pour protester, c'est mieux au FN qu'au NPA.  Et effectivement si l'action politique n'a pas d'autre perspective que de protester, alors il n'y a pas besoin d'être d'accord sur un projet : uniquement sur le fait de dénoncer.  On peut rassembler un maximum de gens pour crier.  C'est plus difficile de rassembler pour construire. Et en ce sens, cette défection illustre l'impasse de l'extrême gauche.

Rassembler les gens qui sont contre, les gens qui se révoltent, sans s'attacher à la construction d'une stratégie politique POSITIVE, celle d'un projet de société réalisable, conduit  à ces dérives. On l'avait déjà vu avec l'histoire de la candidate voilée aux régionales. Le Congrès du NPA qui vient de s'achever sans majorité illustre cette impasse. Impasse que l'on avait déjà connue avec la victoire du NON au referendum sur le Traité constitutionnel européen : un rassemblement hétéroclite majoritaire sans stratégie de construction d'une alternative. Les marchés en rigolent encore.