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thierry billet

Écologiste annécien

Interdir le tabac, une évidence de santé publique

Publié le 22 Mai 2012 par Thierry BILLET

C'était l'autre jour devant le Tribunal d'ALBERTVILLE au procès de la dioxine. Un militant parisien très actif dans la dénonciation des dangers des dioxines dans la survenance de cancers... s'allumait une cigarette de son cru. Et j'en restais stupéfait... Dénoncer les risques pour la santé d'une susbtance cancérogène ou alerter sur le principe de précaution quand on parle de la téléphonie mobile et supporter le tabac, voir en être un adepte, démontre une incohérence qui me dérange quand on veut donner des leçons en matière de santé publique.

C'est pourquoi l'annonce de la parution du livre de Martine PEREZ :   "Interdire le tabac. L'urgence ! Le plus grand scandale de santé publique" m'a intéressé...

D'autant que notre société réprime sans compter l'usage des drogues douces qui ne sont pas cancérigènes... Tant que nos concitoyens accepteront de payer pour que la Sécurité sociale soigne les cancers du poumon des fumeurs, le système continuera. Pas sûr que ce soit éternel.

 

Voici un compte-rendu dans l'EXPRESS

 

C'est à la fois un cri d'alerte, notamment à l'égard des pouvoirs publics, une mise en garde pour les jeunes et leurs parents, une mise en accusation des industriels du tabac et des vendeurs de l'herbe à Nicot.Le livre que le docteur Martine Perez, rédactrice en chef au Figaro, consacre au tabac est remarquablement documenté.

Il commence par une scène banale, observée par cette journaliste qui suit l'actualité médicale depuis plus de vingt ans : sur un trottoir de Paris, devant un lycée, trois jeunes filles manifestement âgées de 10 à 12 ans fument leur première cigarette : un rituel initiatique, un moment important de leur existence, puisqu'il est désormais prouvé que l'addiction au tabac survient très vite. Et qu'ensuite la dépendance est tenace !

"Sur le plan personnel, je suis libérale, écrit Martine Perez. Les interdictions de quelque côté qu'elles surgissent me dérangent le plus souvent. Mais il y a quelque chose d'indécent à entendre tous les jours dans les médias des appels à "sortir du nucléaire", à voir des députés s'opposer fermement aux biberons au bisphénol A, à assister aux arrachages réguliers de plants d'OGM, à lire des réquisitoires incessants contre les antennes-relais ou les pesticides. Et à ne rien faire, ne rien dire face aux 5 millions de victimes du tabac dans le monde. Des décès pour lesquels il n'y a ni compassion ni indignation. Et vis-à-vis desquels les groupes si médiatiques censés agir au nom de la santé publique, et qui s'émeuvent souvent de tout et de rien, ne disent pas un mot. Si on totalise les cancers, les maladies ou les morts liés à ces produits tant décriés (nucléaire, OGM, bisphénol, antennes-relais...), on n'atteint sans doute qu'une microscopique proportion des millions de décès annuels liés au tabac dans le monde." "L'État, dépendant au tabac !" Le ton est donné. Car l'auteur le rappelle : le tabac tue dix mille fois plus par an en France que tous ces risques additionnés. (...) Il entraîne la disparition de 60 000 personnes chaque année - soit l'équivalent de la population de Quimper - et en rend malades des dizaines de milliers d'autres. Autre chiffre terrible : si 16 fumeurs sont présents dans la même pièce, statistiquement l'un décédera d'un cancer du poumon, un autre d'un cancer de la vessie, trois d'une maladie cardio-vasculaire... La moitié des fumeurs mourront des conséquences du tabac. "Imaginez qu'aujourd'hui un industriel mette sur le marché un produit récréatif qui causerait autant de morts, il se retrouverait tout de suite en prison avec une peine maximale, ou risquerait la chaise électrique dans les États américains qui n'ont pas aboli la peine de mort", conclut-elle. Face à cela, que fait notre pays ? Loin de déclarer une guerre salvatrice, il en tire des profits indus. En taxant le tabac, il gagne beaucoup d'argent - une nécessité a fortiori en période de crise -, ce qui le pousse à la clémence. Bref, il pactise avec l'ennemi plutôt que de lancer l'offensive. "L'État est devenu lui aussi dépendant du tabac !" écrit Martine Perez qui a le sens de la formule. Et pourtant, le bénéfice est inférieur à celui entrevu : le coût net du tabagisme était de plus de 47 milliards d'euros en 2005 (18 milliards pour les dépenses de santé, 18 milliards de pertes de productivité, 7,5 milliards de pertes de revenus, 4 milliards pour les prélèvements obligatoires non perçus...), donc bien supérieur aux taxes perçues (13 milliards d'euros) et aux retraites non versées du fait de la mort prématurée. Sans compter les souffrances et les drames familiaux, impossibles à chiffrer.


Par Anne Jeanblanc

"Interdire le tabac. L'urgence ! Le plus grand scandale de santé publique", éditions Odile Jacob, 256 pages, 17,90 euros.