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Écologiste annécien

JO 2018 au SEMNOZ ?

Une réunion de travail a eu lieu ce samedi au SEMNOZ pour envisager l’hypothèse de compétitions de free style sur la partie déjà utilisée par les pistes de ski : half pipe, bosses, border cross, etc. Au total, 12 épreuves sur 14 jours.

 

Claude COMET, en charge du tourisme et de la montagne au Conseil Régional, Nicole BILLET, vice présidente de la commission sport et Alain CHABROLLE, vice président santé et environnement ,tous élus EUROPE ECOLOGIE, représentaient la Région.

 

La question centrale de cette réunion à laquelle de nombreux élus, la FRAPNA, les alpagistes et les chasseurs ont participé avait pour objectif de recueillir les avis des uns et des autres.

 

La présentation technique a permis de constater que les pentes du SEMNOZ étaient parfaitement adaptées aux caractéristiques techniques exigées par le CIO (longueur, pente, etc.). De ce fait, il est indéniable qu’il s’agit d’une adéquation stupéfiante.

 

On pourrait donc sauter de joie pour cette solution s’il n’y avait pas une autre exigence du CIO : prévoir une alimentation en neige artificielle alors qu’il n’y a aucun canon à neige au SEMNOZ et que le consensus historique sur le site est d’exclure de monter de l’eau au SEMNOZ.

 

C’est donc avec une extrême précaution que l’on doit aborder une telle hypothèse pour ne pas autoriser de facto la mise en oeuvre d’équipements pérennes qui remettraient en cause nos choix historiques en matière de protection du SEMNOZ.

 

Le Comité d’organisation a pris des engagements formels : les installations de production de neige artificielle seront alimentées par des tuyaux « de surface » qui ne seront donc pas enterrés et seront démontés à la fin des épreuves.

 

Aucun travail de terrassement d’ampleur ni d’abattage d’arbres n’est nécessaire selon le Comité d'organisation.

 

Enfin, le Comité s’engage à mettre en place un système d’accès au site exclusivement par bus, sans accès voiture hormis quelques accrédités et les athlètes.

 

L'ensemble coûterait moins cher que des aménagements à CHAMONIX ou dans les ARAVIS qui n'ont pas les espaces suffisants de toutes manières.

 

A la suite de cette présentation, le débat a permis de valider un accord unanime sur le fait d’utiliser cette perspective pour définir un projet de protection supplémentaire sur le SEMNOZ.

 

Pour donner quelques pistes : généraliser l’utilisation des transports collectifs et réduire les voitures là-haut, assurer une protection renforcée du SEMNOZ sur le plan réglementaire (documents d’urbanisme), délibérer au plan de la C2A qui est propriétaire du foncier pour réaffirmer l’intangibilité de l’inconstructibilité du SEMNOZ, etc.

 

Pour mener ce travail à bien, un comité de pilotage associant le Syndicat pour la protection et l’aménagement du SEMNOZ (SIPAS), le comité d’organisation des JO 2018 et les représentants de la société civile (écolo, alpagistes, chasseurs, etc.) est mandaté pour travailler à ce projet que l’on pourrait appeler « SEMNOZ 2018 ».

 

Pour ma part, je pense qu’un projet comme celui-là ne doit pas simplement permettre après les quinze jours de compétition de revenir à l’état actuel du SEMNOZ.

 

Il doit dès maintenant, conduire le SIPAS à innover, notamment en matière de transport.

 

Je m’étais élevé bien seul à l’époque contre l’affreux parking devant les pistes qui est un vrai bonheur d’intégration au site et de convivialité quand il y a affluence. Il faut maintenant passer à l’étape supérieure : revoir complètement la desserte du stade de neige en hiver par un système de navettes de la SIBRA depuis QUINTAL et depuis ANNECY.

 

Nos aînés ont rejeté l’urbanisation du SEMNOZ et pour « verrouiller » le système, ils ont juré que l’on ne monterait pas d’eau là-haut. Ce serment nous lie : il ne faut pas revenir dessus et au contraire tout faire pour qu'il ne puisse être remis en cause par nos successeurs.

 

Mais il faut aller plus loin et définir un projet plus ambitieux pour notre montagne de proximité. Le SEMNOZ du XXI° siècle doit être sans voiture, les bâtiments publics doivent être réhabilités en mode énergétique passif, la gestion forestière doit intégrer les enjeux de l'adaptation aux changements climatiques, etc.

 

Au-delà du seul cas du SEMNOZ, Eric FERAILLE, devenu président régional de la FRAPNA, a vigoureusement plaidé en faveur d’engagements clairs du Comité d’organisation sur l’abandon de tout projet sur la plaine agricole de PASSY, et pour obtenir des « compensations » précises pour les sites des ARAVIS et du SEMNOZ sous la forme de mesures de protection d’espaces naturels et agricoles non impactés par les Jeux.

 

Cette exigence a reçu l’aval de Jean-Luc RIGAUT et des participants en faveur d’un dossier  JO qui sera radicalement différent de celui qui fut déposé au CIO il y a quelques mois.

 

D’ores et déjà, il est acquis que la plaine agricole de PASSY ne recevra aucun équipement.

 

Reste la question des ARAVIS et des demandes de la FRAPNA sur les combes encore vierges qui demandent à être définitivement protégées.

 

A suivre donc comme le lait sur le feu d’ici au dépôt de la candidature...

 

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