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Écologiste annécien

L'ouvrier et la caméra cachée

M. X est ouvrier.

Il travaille en équipe.

Il est membre du comité d'entreprise.

Il a reçu des avertissements disciplinaires.

Il est en pause avec deux collègues : les deux sont intérimaires.

Le directeur de l'usine vient le trouver pendant cette pause et lui demande de venir le voir à l'issue de celle-ci.

Surpris et inquiet car il n'a jamais pénétré dans le bureau du "grand directeur", il se trouve seul face à ce dernier...

Qui lui présente des photos prises de M. X en train de voler des produits de l'entreprise.

Le directeur affirme que ces photos ont été prises par une caméra située dans les locaux et qu'il dispose d'une copie vidéo

des faits.

Il met le marché en mains de M. X : vous démissionnez ou je porte plainte.

La lettre de démission à recopier (avec même les mentions sur le maintien du régime de prévoyance) est prête "pour raisons familiales".

M. X est seul, il panique.

Il recopie la lettre de démission, il quitte précipitamment l'entreprise en vidant son tiroir.

Il est démissionnaire, il n'a pas droit aux allocations de chômage.

Le CE demande quand l'entreprise a déclaré la vidéosurveillance à la Commission nationale informatique et libertés. L'employeur répond qu'il n'y a pas de caméra...

Il sait parfaitement que la preuve du "vol" (si il a eu lieu réellement) est illicite : la vidéosurveillance doit être déclarée à la CNIL et les salariés doivent en être informés.

L'inspection du travail ne pourrait pas autoriser le licenciement d'un membre du CE sur la base d'une preuve illicite.

L'employeur sait donc que le licenciement de M. X sera refusé.

M. X, lui, ne le sait pas.

Il pense à ses amis, à sa famille, au "qu'en dira t'on"...

Il ne sait pas qu'une démission lui interdira de toucher le chômage et qu'il se retrouvera sans aucun revenu avec une épouse à la maison et une petite fille.

Il ne peut pas compter sur le témoignage des deux intérimaires : il ne connaît que leurs prénoms, et il sait qu'ils ne lui donneront pas d'attestation dans la crainte de ne pas être embauchés définitivement...

Anecdote à ajouter au tableau de l'état des relations sociales en 2011 en HAUTE SAVOIE...

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