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thierry billet

Écologiste annécien

La farce de la "suspension" de la campagne électorale

Publié le 25 Mars 2012 par Thierry BILLET

Une lectrice ce ce blog me signale cet article paru sur AGORAVOX. Je le soumets à votre sagacité... La "suspension" par le CSA des temps de parole des candidats et l'inconcevable "naïveté" des médias sur la possibilité de réalisation des annonces de SARKOZY montrent que la soumission au pouvoir en place est le meilleur moyen de devenir journaliste vedette.

 

"Sous le choc de la tuerie de Toulouse a commencé à « fleurir » l'idée de la suspension de la campagne électorale. Si cela pouvait paraître judicieux et juste dans l'élan de la compassion qui a suivi le massacre, avec un peu de réflexion cela n'était ni juste ni ne la justifiait et le temps passant cela devient une terrible hypocrisie. On en arrive à une espèce de surenchère dans la suspension puisque Sarkozy a annoncé qu'elle pourrait durer pour lui jusqu'à dimanche. Evidemment, on va le voir, ceci n'est qu'une mascarade.

Parmi les nombreuses raisons qui démontrent l'hypocrisie de cette suspension de campagne, la première est que ce n'est pas possible et tout le monde le sait. Tout d'abord si ces hommes politiques voulaient suspendre véritablement la campagne ils feraient une chose simple : une déclaration unique de compassion, de demande de justice, de solidarité et de là se tairaient pendant 24 heures : plus de communiqués, plus de tweets, plus de Facebook, plus aucune intervention d'aucune sorte. Le véritable black out. Mais nous assistons à une sorte d'anti-campagne qui n'est rien d'autre qu'une campagne électorale encore pire.

Le CSA lui-même s'y met, puisque les lundi et mardi ne seront pas pris en compte pour le temps de parole ce qui permet au candidat Sarkozy redevenu Président de faire à tout de bras des conférences de presse et d'envahir encore plus l'espace médiatique. La réalité crue est que la campagne se développe de plus belle sans égalité de temps de parole. Le simple fait de dire que l'on suspend la campagne, et de le répéter à foison, prouve que l'on fait campagne mais sur le thème de la suspension de campagne, un nouveau thème donc, pour se montrer à la hauteur de la dignité que nécessite l'événement.

Il y a des faits qui prouvent que c'est une autre campagne bien plus insidieuse et amorale. Sarkozy déclenche un plan vigipirate écarlate, tout à fait hors de propos car il s'agit non d'un groupe terroriste organisé et puissant, mais d'un homme seul. En utilisant le plus haut grade de ce plan, Sarkozy surjoue le Président protecteur et actif. Il démontre en fait qu'il est inapte à gouverner, incapable qu'il est d'adapter les moyens aux faits.

On voit Hollande, qui pour le coup me fait penser à ce film sur une campagne électorale où l'un des candidats convoque un journaliste pour lui apprendre qu'il va faire un don anonyme important à une association afin que tout à la fois la basse populace soit au courant du don mais qu'en plus le candidat le fait en ne voulant pas que cela se sache qui a assisté dans une école - comme le fait Sarkozy - à une minute de silence en ne disant pas dans quelle école il sera. 

Pour ajouter à la preuve que cette suspension n'est en rien une suspension, Eva Joly a proclamé, elle aussi la suspension de sa campagne mais voici ce que dit Duflot des paroles de Sarkozy qui, bien qu'ayant suspendu sa campagne, fait de la politique (Le NouvelObs) : La secrétaire nationale d'EELV, Cécile Duflot, critique sur Twitter les propos de Nicolas Sarkozy, qui a expliqué à des collégiens que la tuerie de Toulouse aurait "pu se passer" dans leur établissement, estimant "qu'on ne parle pas ainsi à des enfants".

Duflot ne suspend donc rien du tout.


Bayrou a, lui, décidé d'aller à Toulouse mais sans prendre la parole publiquement la laissant à l'ancien maire de la ville, plus indiqué pour cela, Douste Blazy. Il a participé à l'office religieux et n'a pas annulé son meeting de Grenoble, mais en a changé la nature.


Parfois on voit que Mélenchon et Bayrou se rejoignent. Voici la déclaration du candidat du FdG, pour laquelle je suis aussi d'accord bien que ce soit un autre point de vue. Le Figaro : Mélenchon va poursuivre sa campagne

« Il ne faut pas mettre notre bouillante démocratie entre parenthèses du fait d'un odieux dégénéré assassin », a-t-il ajouté. « Nous ne sommes pas à la merci d'un dégénéré, il ne fait pas la loi, il ne nous impose pas son rythme, nous le rattraperons et il paiera », a-t-il insisté. « Des dégénérés criminels ne doivent pas avoir l'illusion qu'ils puissent acquérir une espèce de notoriété de l'infâme, en ayant réussi à bloquer tout le pays en ayant assassiné des enfants ». « Cette violence, personne ne pouvait l'imaginer en France », a-t-il observé. « C'est un grand changement, il faut réfléchir et trouver les moyens de répliquer ». Ce à quoi a répondu Bayrou indirectement : «  Ce n'est pas avec une parenthèse de trois jours qu'on y mettra un terme (à l'intolérance). Je ne pense pas à ces évènements de façon électorale mais de façon nationale. Ce climat d'intolérance croissant, il faut y mettre un terme. »

Bayrou a donc décidé de maintenir son meeting à Grenoble, une sorte de symbole en ce même lieu du fameux discours du 30 juillet 2010 stigmatisant de Sarkozy où il annonçait des Français à deux vitesses devant la loi : la déchéance de la nationalité. Aujourd'hui il vient nous dire que nous sommes tous des Français de même nature. A regarder cette vidéo, on se dit que Bayrou a bien fait de parler.

 

« La nationalité française doit pouvoir être retirée à toute personne d'origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d'un fonctionnaire de police ou d'un militaire de la gendarmerie ou de toute autre personne dépositaire de l'autorité publique. »

C'était en pleine période de la destruction des camps Roms.


Donc Bayrou ne suspend pas sa campagne, même s'il l'a modifiée par deux fois : sa présence à Toulouse et la modification de son discours à Grenoble. Les psychologues nous disent, tout le monde dit que rien n'est pire que le silence après un choc terrible. Le silence, celui qui est un hommage, ne dure qu' une minute. Une minute pour rendre hommage, mais non pour ne pas parler le reste du temps, mais non pour taire ses émotions et taire ses interrogations et taire sa soif de comprendre. Suspendre la campagne est en fait une erreur manifeste. Une erreur car cela ne rend en rien hommage aux victimes. Une erreur car cela ne permet en rien de modifier le cours des choses, ni passées, ni futures. Une erreur car elle interdit justement de parler du fait, elle l'exclut de la campagne. Bayrou a été insulté violemment par Juppé, le repris de justice, en parlant d'attitude immonde. Hollande lui, comme à son habitude, a évacué le problème. Ce n'est pas le moment d'en parler, mais en ajoutant qu'il fallait réfléchir aux causes. La chèvre et le choux. Attaquer Bayrou mais récupérer ses paroles à son profit.


Bayrou a transformé son meeting qu'il a maintenu par respect pour ceux qui avaient l'intention d'y assister, qui n'étaient en rien responsables du massacre. Bayrou a en fait aussi respecté les victimes en parlant d'elles, en voulant que la compassion et la solidarité à leur famille ne soit pas la sienne isolée mais celle de toute une salle. Il a aussi respecté le besoin des personnes présentes qu'on leur parle de cette horreur et que l'on ne l'évacue pas parce que soit disant ce n'est pas à faire - et selon quels critères s'il vous plaît ? -. Il était légitime d'en parler, il était impératif d'en parler, il était légitime qu'il pose les bonnes questions comme tous les journaux étrangers l'ont fait, sauf nos journalistes Français, de savoir si le climat délétère qu'a laissé, si ce n'est aidé à, se développer en France le pouvoir.

La suspension de la campagne est non seulement hypocrite car virtuelle (on les entend toujours), car elle n'est qu'une autre manière insidieuse de faire campagne, mais en plus elle occulte la discussion, empêche le droit légitime de parler de cette horreur et de l'analyser, et en réalité méprise les Français et ce qui peut paraître paradoxale sans l'être, est une insulte aux victimes et non un hommage confondant la minute de silence et sa nécessité, son fond, son origine, sa signification, avec une suspension de campagne qui n'a pas de sens réel si on y réfléchit un peu comme l'ont fait au moins Mélenchon et Bayrou.

 

 

Il nous reste cinq semaines pour nous débarrasser de ce pouvoir. Souvenons-nous à chaque instant de cette campagne qu'Eric Woerth a été mis deux fois en examen dont une pour recel de financement illégal de parti ce qui est une forte suspicion de l'illégalité de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 et donc l'illégalité de son élection. Trouvez aussi ici la vraie timeline de Sarkozy (journal Facebook) Faisons notre Révolution en 2012, et avant si possible. Et votez en conscience après avoir lu ce livre des méfaits du clan Sarkozy Le Sarkozyland et ses méfaits(epub) ou Le Sarkozyland et ses méfaits(issuu)