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thierry billet

Écologiste annécien

L'Etat se prononce en faveur du marnage du lac

Publié le 11 Octobre 2018 par Thierry BILLET

L'état du lac en ce début octobre est la preuve par l'exemple que le nouveau régime climatique n'est pas pour demain : nous y sommes déjà bel et bien.

Dans ce contexte, les 1,2 milliards de mètres cube stockés dans le lac nous protègent d'un aléa climatique aussi significatif que celui que nous connaissons avec une sécheresse aussi subite qu'intense.

Mais le débit sortant est de 3,9 mètres cube par seconde : 1,2 m3 par évaporation, 0,5 m3 pour l'eau potable et 2,2 m3 pour alimenter le THIOU et éviter la mort de toute vie aquatique en aval. Nous sommes mêmes descendus à 1,75 m3 pour le débit réservé à cette fin; ce qui est le strict minimum en deçà duquel les dégâts à l'aval seraient irrémédiables. L'entrée dans le lac est de l'ordre de 2,4 m3/seconde : le déficit est marqué et explique seul le marnage négatif que nous constatons tous.

L'été 2018 est le deuxième été le plus chaud que nous ayons connu à ANNECY. Nous n'avons connu qu'un seul précédent à la côte 19 qui est celle de ces derniers jours; c'était en 1947.

Lors de la conférence lac de ce lundi 9 octobre, l'Etat a confirmé son accord pour relancer le travail réalisé par le SILA en 2014 en large concertation avec les parties prenantes du lac de manière à s'adapter à ce nouveau régime climatique.

Car si la sécheresse actuelle est acceptable par l'écosystème lacustre, elle ne l'est pas pour les torrents, les sources et les cours d'eau. Les sources à sec marquent cet été 2018 comme jamais. 

Mais l'excès sera peut-être dans quelques semaines inverse avec des pluies trop abondantes pour être gérées efficacement et éviter l'inondation.

C'est donc à ces phénomènes météorologiques qui ne seront plus exceptionnels que nous devons nous adapter. Cela demande de l'intelligence collective, une volonté commune de protection des biens et des personnes, des écosystèmes naturels et bien entendu une prise en compte des intérêts économiques touristique mais aussi de production d'électricité hydraulique sur le THIOU.

Le feu vert donné par l'Etat en ce début octobre 2018 permet de relancer le travail pour aboutir à des solutions partagées en 2019. La différence avec 2014, c'est que nous allons devoir imaginer des scenarii d'évolution de la masse d'eau bien plus significatifs que ceux que nous avions imaginés alors. Ici comme partout sur la planète, le réchauffement climatique est allé plus vite que ceux qui niaient le phénomène il y a encore 5 ans...