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Écologiste annécien

De la boyauderie à la vaccination obligatoire et retour chez ORPEA

C''est arrivé à cause d'une déclaration de maladie professionnelle. Une "leptospirose ictèro hémorragique". La maladie professionnelle des égoutiers quand ils sont en contact avec les déjections des rats dans les égouts. Sauf que ce n'était pas un égoutier qui était malade...

Mais un employé d'une boyauderie dans l'abattoir municipal d'une ville moyenne du Nord de la France.

Les faits sont prescrits, mais l'anecdote me revient en mémoire à chaque fois que l'association L 214 documente une maltraitance animale dans un abattoir; maltraitance qui a échappé aux vétérinaires en charge de ces contrôles. (cf. mon article d'hier sur l'effectivité du droit)

Et donc me voilà en quête des raisons de cette exposition aux déjections de rats dans un abattoir. Trouver l'atelier de boyauderie, rencontrer la patronne, me heurter à un foetus de veau en plein milieu de l'atelier, faillir dégobiller illico et ne m'en empêcher qu'en sortant en urgence à l'air libre pour que la dame me raconte qu'évidemment c'est plein de rats, ce qui est tout à fait normal puisqu'elle utilise des stocks de gros sel pour ses boyaux et que les rats adorent ça... Alors forcément  c'est logique d'attraper une leptospirose... Il fallait que le salarié fasse attention, c'est tout.

Il existe un vaccin contre la leptospirose. Il n'était pas administré aux employés des entreprises de l'abattoir. Alors comme je ne pouvais pas supprimer les rats, j'ai fait prendre par le directeur départemental du Travail une "mise en demeure" de faire vacciner tous les employés. Procédé juridique rarissime mais qui, à l'époque, ne suscita aucune réaction négative, ni des patrons, ni des salariés. Bien au contraire.

C'est l'article R 4721-1 du code du travail 

La mise en demeure du directeur (...) peut être adressée à l'employeur lorsque la situation dangereuse créant un risque professionnel trouve son origine, notamment : 1° Dans les conditions d'organisation du travail ou d'aménagement du poste de travail ; 2° Dans l'état des surfaces de circulation ; 3° Dans l'état de propreté et d'ordre des lieux de travail ; 4° Dans le stockage des matériaux et des produits de fabrication.

Les outils juridiques existent encore faut-il les utiliser; et pour cela ne pas se boucher les yeux et enquêter.

Au fait, les réponses d'ORPEA ne sont pas du tout satisfaisantes nous dit la Ministre : des contrôles vont être diligentés partout. Par ceux qui n'ont rien vu jusque là ? Par ceux qui ont enterré les rapports qui leur sont parvenus ? Par ceux qui n'ont pas écouté les représentants du personnel ? Par ceux qui ont toléré la course aux profits dans un domaine où les alertes n'ont pas manqué ? . Lisez ci-dessous l'article de Véronique Lefevre des Noettes qui retrace l'historique des alertes depuis une enquête "flash" (déjà !) de 2017 déclenchée par Mme BUZIN sans aucune suite.

De quoi décourager toutes les bonnes volontés des agents de terrain confrontés à l'hypocrisie de nos ministres.

 

 

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