Dette financière
19 Août 2025 , Rédigé par Thierry BILLET
Mon dernier article a pu laisser entendre que la dette financière ne m'intéressait pas. Tel n'est pas le cas, notamment parce que la question de son origine est d'une importance particulière. Lorsqu'un Ministre des Finances vous rappelle que le budget de l'Etat c'est comme votre budget personnel. Et qu'il ne faut donc pas dépenser plus que ce que vous gagnez. Méfiez-vous.
D''abord parce que l'argent dont vous disposez vraiment personnellement n'est pas l'argent que vous gagnez mais celui qui vous reste après avoir payé vos impôts et réglé vos cotisations sociales, et après avoir reçu les aides décidées par les parlementaires (allocation logement, crédit d'impôts, allocations familiales, etc.). C'est en réalité l'Etat qui détermine largement vos propres revenus selon les choix politiques qu'il fait : niveau du SMIC, aides fiscales à telle ou telle catégorie sociale, etc.
Ensuite parce que l'Etat a le devoir de préparer l'avenir et qu'un emprunt pour financer la transition énergétique et réduire le déficit de la balance commerciale en important moins de pétrole n'a pas la même pertinence au plan macro-économique que si l'emprunt sert à financer le déficit budgétaire lié aux niches fiscales favorisant les énergies fossiles.
La simplification prétendument pédagogique de la dette française expliquée aux Français par les Ministres des Finances a pour unique but de justifier un nouveau recul du service public et une dégradation de la situation des plus faibles alors que l'explosion de la pauvreté et des inégalités est un constat partagé.
En 2023, dernière année connue, selon l'INSEE, le taux de pauvreté est de 15,4% un chiffre jamais atteint depuis 1996. 9,8 millions de Français vivent sous le seuil de pauvreté soit 1 288 euros par mois pour une personne seule. Tandis que les 20% les plus riches ont eu des revenus 4,5 fois supérieurs aux 20% les plus pauvres, un écart jamais enregistré depuis 30 ans.
Alors, il y a bien une dette croissante de l'Etat, mais à quoi est-elle due ?
L'Observatoire français des conjonctures économiques a rappelé ce 11 juillet que "Depuis 2017, en France, le creusement du déficit de 2,4 points de PIB s’explique - comptablement - par la baisse du taux de prélèvements obligatoires (de 2,5 points de PIB), dont 1,6 point se traduisent par une baisse des prélèvements payés par les ménages et 0,9 point pour les entreprises. De leur côté, les dépenses publiques sont restées stables. Cependant, les prestations et transferts ont baissé de 0,8 point tandis que l’investissement public a augmenté de 0,5 point de PIB."
Autrement dit, la dette depuis 2017 est la conséquence de la baisse des impôts sous toutes ses formes. Continuer de les réduire alors que la pauvreté explose et que la transition climatique est une nécessité vitale relève de la folie furieuse. C'est la voie choisie par TRUMP.
En accusant les dépenses de solidarité sociale d'être la cause de la dette alors qu'elle est due à une réduction des recettes et non à une augmentation des dépenses, le gouvernement choisit la voie des inégalités croissantes comme il le fait depuis 2017. Par exemple, les Ministres des Finances depuis février 2025 ont ainsi décidé de ne pas appliquer une loi votée pour supprimer l'avantage fiscal frauduleux accordé aux actionnaires étrangers d'entreprises françaises leur permettant de contourner l'impôt sur les dividendes; soit entre 1,5 et 3 milliards d'euros par an en cédant au lobbying des banques complices.
Le choix de la solidarité et de la réhabilitation de l'impôt comme symbole de l'intérêt général s'imposent dans un monde fragmenté et une France déboussolée. Ce n'est pas le choix qui est présenté par François BAYROU aujourd'hui.
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