Quels acteurs pour quels spectateurs ?
3 Mars 2026 , Rédigé par Thierry BILLET
Un ami me fait remarquer qu'il est contre intuitif de se faire appeler "les acteurs d'ANNECY" quand on veut se présenter en rassembleur de la population pour se distinguer de tous les autres annéciens qui deviennent de ce fait "les spectateurs d'ANNECY" non membres de la caste.
Outre l'égocentrisme macroniste de choisir pour son parti ses propres initiales, c'est tout le paradigme des hauts fonctionnaires sortis de l'ENA que de confondre "premier de la classe" et "premier de cordée". Parce qu'ils sont premiers de la classe, ils estiment qu'ils sont de droit les premiers de cordée; ceux qui doivent guider le peuple. Eux sont les acteurs, les autres deviennent les suiveurs.
Leur vision de la vie est simple : ils ont l'intelligence livresque, ils ont appris à parler en trois parties de n'importe quel sujet, ils ont le capital culturel, et donc ils méritent la première place partout où ils se présentent.
Pas question de commencer comme tout un chacun par un mandat de conseiller municipal, puis de maire adjoint pour apprendre le métier de maire.
Leur mentor est devenu Président sans jamais avoir été élu auparavant : la voie est tracée. Imitons-le puisque je le vaux bien puisque je suis Moi.
Dans son livre "AQUA", Gaspard KOENIG raconte comment cette caste parisienne, quand elle veut faire de la politique, a besoin d'un "ancrage local" pour se légitimer auprès de ses pairs parisiens et accéder à plus de pouvoir à PARIS.
Être un premier de cordée, cela s'apprend par le compagnonnage, par le contact avec les anciens qui vous apprennent les bonnes manières, les attentions à porter aux autres, les plus faibles à garder dans le rythme pour que tous arrivent au sommet. Cela ne s'apprend pas avec un parachute et des affidés qui s'auto-congratulent "acteurs" comme si les autres ne l'étaient pas.
Cette appellation a quelque chose de méprisant.
Ou alors, il faut juste y voir le côté théâtral.
Les acteurs d'ANNECY seraient alors une troupe de théâtre politique.
Déjà ça cadre mieux avec la réalité.
Si ce sont des acteurs, les scénettes de la série des Antoine deviennent franchement rigolotes.
La dernière où Antoine Carré bizute son mentor pour lui apprendre à coller sa première affiche à l'envers pour la retourner à l'endroit mérite une palme. Ne la manquez surtout pas. Dommage qu'il y ait des paroles, en film muet c'est vraiment tordant.
Quant au scénario, il s'est écrit de semaine en semaine.
Qui dans les rôles des traîtres ralliés au dernier moment pour un poste de chambellan ? Qui dans celui de celle qui allait faire barrage de son corps au vilain macroniste ? Qui dans la jeune fille en fleur qui n'attendait que le jeune premier arrivant de la capitale ? Qui dans le rôle des vassaux auxquels le suzerain concède un mini royaume de carton pour s'assurer leur soutien ? Qui dans le rôle de la marâtre qui revient hanter le château pour soutenir le suzerain chahuté ? Qui dans le rôle des faire valoir muets attendant de récupérer les miettes ? Qui dans celui des maltraités qui seraient pas venus si ils avaient su ?
Cette mauvaise pièce se joue sous nos yeux. Le metteur en scène est parisien, les figurants sont du cru. Il vient même de leur faire signer un contrat où ils lui prêtent allégeance de ne rater aucune représentation, illustration qu'il n'a aucune confiance en eux.
On comptera la recette au chapeau le 15 mars au soir.
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