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thierry billet

Écologiste annécien

Le tueur de CANELLE relaxé...

Publié le 24 Avril 2008 par Thierry BILLET in Environnement

Le 1er novembre 2004, la dernière ourse de souche pyrénéenne était abattue en vallée d’Aspe (Pyrénées-Atlantiques), d’un coup de carabine par René Marquèze lors d’une chasse aux sangliers.

Aujourd’hui, le tribunal correctionnel de Pau vient de le relaxer, considérant qu’il se trouvait dans un état de nécessité, autrement dit qu’il avait tiré pour se protéger.

La juge a également souligné que la présence d’un ours sur une zone donnée n’interdit pas le déroulement d’une battue ou de tout autre acte de chasse dès lors qu’il s’agit d’un jour et d’un lieu autorisés, ce qui était le cas. Aussi, en l’absence d’une interdiction formelle de chasser ce jour-là, la battue au sanglier à laquelle se livraient les 6 chasseurs était légale.

Cette décision est conforme aux réquisitions du procureur de Pau qui souhaitait ne pas faire de René Marquèze 'un bouc émissaire'. Autrement dit, la Chancellerie lui a demandé de ne pas mettre de l'huile sur le feu avec l'extrême chasse au mépris des textes sur la protection des espèces menacées.

A l’opposé, pour la vingtaine d’associations qui se sont portées partie civile, la décision a du mal à passer.

Les premières réactions sont très vives, le WWF n’hésitant pas à déclarer que

'Ce jugement revient à faire disparaître purement et simplement le statut d’espèce protégée en France. Il suffit en effet désormais de se rendre volontairement dans un lieu où l’on sait que l’on va rencontrer un animal sauvage protégé, de le tuer et d’invoquer ensuite la légitime défense pour être exonéré de toute culpabilité !'.

Au-delà de la polémique que ce jugement ne va pas manquer de générer, en relaxant René Marquèze, la justice exonère les 6 chasseurs de leur non prise en compte de l’avertissement d’une ourse accompagnée de son ourson sur la zone de battue choisie.

Cela dit, faire reposer la présence des chasseurs en ce lieu, sur leur seule responsabilité, serait dédouaner un peu rapidement l’Etat de sa responsabilité dans ce dossier. Certes, si les chasseurs avaient pris en compte cet avertissement et logiquement reporté, ou déplacé, leur battue, l’ourse Cannelle serait probablement encore vivante…

Néanmoins ce jugement met en valeur l’imperfection de la mise en œuvre d’un texte censé assurer la stricte protection des ours.

En effet, en se contentant d’une simple information en lieu et place d’une interdiction de chasse ponctuelle, lorsque la présence d’un plantigrade est avérée sur un espace où des chasseurs vont intervenir, l’Etat se défausse de sa responsabilité.

Mais même avec une interdiction, ces chasseurs n'y seraient ils pas allés quand même... Et leur relaxe n'aurait elle pas été acquise pour éviter des scénes de violence de la part de certains excités de la gachette ?

La vérité est que notre pays est toujours incapable de gérer avec civilité sa faune sauvage.

Nous n'avons pas su sauver les ours, et nous sommes incapables de gérer le retour des loups, à la différence des italiens et autres slovaques...

Avec le fiasco qui s'annonce suite au GRENELLE de l'environnement, cela n'est pas près de s'améliorer.