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thierry billet

Écologiste annécien

2011, l'enterrement d'EUROPE ECOLOGIE

Publié le 31 Décembre 2011 par Thierry BILLET

Ce que je retiendrai de 2011 sur le plan de l'écologie politique, c'est l'enterrement d'EUROPE ECOLOGIE.

Du projet de Nicolas HULOT et Jean-Paul BESSET d'une part et de Dany COHN BENDIT d'autre part, il ne reste rien en cette fin 2011.

Partout les appareils ont repris leurs pouvoirs.

Les militants sont appelés à se réunir pour adopter des réglements intérieurs ou des chartes sur le fonctionnement des listes de discussion sur internet où chacun surveille chacune.

Du projet d'être la maison commune de l'écologie politique, EUROPE ECOLOGIE a été en fait totalement reprise en mains par la logique et le mode de fonctionnement politique des VERTS depuis l'AG de novembre 2010 à LYON.

L'incroyable accord programmatique avec le PS assujetti à la réservation des "bonnes" circonscriptions pour les ténors du parti rend totalement vaine l'adoption du programme de la candidate à la présidentielle, dont tout le monde sait (sauf les Verts ?) qu'il n'a aucun intérêt puisque les Verts ont par avance renoncé à toute perspective concrète de sa mise en oeuvre, puisqu'ils ont déjà négocié un accord minimal...que François HOLLANDE n'appliquera même pas.

L'important n'était pas là, il était dans les circonscriptions réservées aux amis du duo "Cécile DUFLOT- Jean-Vincent PLACE" qui règne sur le parti sans partage désormais.

PLACE au Sénat, DUFLOT à l'Assemblée (future élue sur la circonscription d'une femme députée socialiste à Paris pour ôter définitivement toute crédibilité à l'espoir que les Verts fassent de la politique autrement...), le symbole est à la mesure de l'enjeu.

Alain LIPIETZ a beau démentir ses propos repris par RUE 89 selon lesquels cette génération tuerait père et mère pour être député, c'est bien ce qu'il a dit sur le fond.

Et c'est exactement comme cela que le Parti est "drivé" par des cadres qui sont très nombreux à être soit des élus régionaux, soit les collaborateurs de ces élus rémunérés par les collectivités.

Ce sont ces militants salariés permanents dont un certain nombre n'a pas connu de véritable métier à l'exemple de Jean-Vincent PLACE qui a toujours vécu sur la politique, qui sont aujourd'hui aux manettes et gèrent le parti dans l'optique de continuer à faire grossir le nombre de salariés appointés (d'où la bataille de PLACE pour faire baisser le seuil de sénateurs pour disposer des moyens d'un groupe au Sénat... et donc des permanents nouveaux à recruter et à contrôler...). Ce sont eux qui ont le temps de monopoliser les débats sur les innombrables listes de discussion, de diffusion sur internet, où s'exprime l'essentiel du militantisme.

Comme chez les VERTS dans leurs pires moments, les débats sont uniquement tournés vers l'interne, comme si l'acquis électoral de EUROPE ECOLOGIE était devenu un simple business à faire fructifier : qui ramassera la manne électorale, voilà la question que les unes et les autres se posent.

C'est, je pense, ce que 2012 apprendra aux VERTS : rien n'est acquis en politique.

Dany COHN BENDIT marginalisé au sein du Parti, Nicolas HULOT renvoyé à son action associative, les VERTS sont à 5% dans les sondages.

Tandis que François BAYROU a maintenant l'opportunité de reconquérir l'électorat instruit et stratège qui avait apporté ses voix au projet EUROPE ECOLOGIE aux Européennes et aux Régionales. Cet électorat, particulièrement puissant en HAUTE SAVOIE, a été séduit par une démarche politique fondée sur l'ouverture et le rassemblement de tous les écologistes.

Si vous avez voté pour EUROPE ECOLOGIE, vous vous reconnaîtrez.

Voterez vous pour Eva JOLY ?

Je peux me tromper, mais il me semble que l'écologie politique perdra 15% de voix entre ces deux moments électoraux. Non pas à cause de l'accent d'Eva JOLY. A cause d'un positionnement et d'un fonctionnement politiques redevenus ringards après la bouffée d'oxygène de Dany COHN BENDIT.

L'exemple du NPA, promis au plus bel avenir après la dernière présidentielle, et complètement explosé en vol, montre que les appareils politiques savent aussi s'autodétruire.