Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
thierry billet

Écologiste annécien

Vidéosurveillance : « Nous ne sommes pas à l’abri d’un dérapage »

Publié le 12 Janvier 2007 par Thierry BILLET in Politique locale

La revue CFDT MAGAZINE m'a interviewé à propos de l'extension de la vidéosurveillance à ANNECY. Cet article rend parfaitement compte de mon état d'esprit sur ce sujet.


« Le débat au sein du conseil municipal s’est cristallisé autour de la vidéosurveillance, car contrairement à ce qu’il avait annoncé, le maire, Bernard Bosson, a fait savoir que toutes les images seront bientôt enregistrées en continu et conservées. Pourtant, la délinquance est faible à Annecy, les statistiques montrent même qu’elle est en baisse. Dès lors, pour quelles raisons prendre le risque de porter atteinte aux libertés individuelles ?
Je pense que la mairie est entrée dans la logique d’un système qui s’alimente lui-même: Annecy ne veut pas paraître laxiste vis-à-vis d’autres municipalités qui renforcent la vidéosurveillance et elle suit le mouvement sans même avoir ouvert le débat. Or, ce déploiement n’est pas justifié par la réalité sociale de la ville, il y a donc un risque de dérive sécuritaire. Bernard Bosson est un démocrate sincère, si bien que les habitants ne peuvent pas imaginer que la vidéosurveillance puisse présenter un danger. Mais ce dispositif pourrait constituer un moyen de pression considérable dans les mains d’un autre élu. On n’est jamais à l’abri d’un dérapage. Le système peut être utilisé à tout moment par un élu ou même un agent qui aurait envie de faire des filatures, voire du chantage sur la vie privée des citoyens.


Dans la région, nous avons déjà eu un exemple de dévoiement. En 2002, la section CFDT de la mairie d’Albertville a saisi la justice après avoir appris que les policiers municipaux avaient reçu des ordres de leur hiérarchie leur demandant d’établir un fichier, baptisé “Troubadour”. Ils listaient les plaques d’immatriculation d’automobilistes accompagnées de mentions comme “homo” ou “maghrébin”. Mais la plainte de la CFDT a été déclarée irrecevable et le dossier est aujourd’hui classé. Je suis vraiment amer vis-à-vis de cette affaire car elle démontre qu’en cas de problème grave, on ne dispose d’aucune garantie pour que les garde-fous fonctionnent .»