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thierry billet

Écologiste annécien

Centre de congrès, pour une conférence de consensus !

Publié le 17 Décembre 2012 par Thierry BILLET in Politique locale

La décision à prendre sur la construction du Centre des Congrès nécessite t'elle un référendum tant au niveau de la Ville sur l'implantation de celui-ci, qu'au niveau de l'agglomération qui va le financer ?

En tous cas, poser la question est parfaitement légitime.

Rappelons que dans le mandat précédent, le Conseil municipal unanime avait décidé de consulter les annéciens sur la question de la Loi littoral et que le Préfet avait bloqué cette initiative : il y a donc un précédent que nous avions initié à l'unanimité du Conseil.

J'ai déjà abordé ce point à différentes reprises sur ce blog :

Centre de congrès, échec de la DSP

Pourquoi un Centre de Congrès ?

Centre de Congrès : pour une alternative économique

Centre de Congrès : un referendum ?

Centre de Congrès : mes questions.

Mais ce type de consultation populaire pose toujours plusieurs problèmes.

D'abord celui de la question à poser pour que l'on ne manipule pas les électeurs dans un sens ou dans un autre.

Ensuite celui du périmètre pertinent de celui-ci.

Enfin la question du débat préalable et du niveau d'informations dont doit disposer utilement l'électeur pour qu'il puisse trancher en connaissant bien tous les tenants et les aboutissants du dossier.

L'échec du référendum sur le Traité constitutionnel européen a montré comment les ragots colportés par internet étaient déterminants pour disqualifier un projet européen utilisé par les politiciens de tous bords pour des raisons purement opportunistes ( Souvenez vous Fabius et son "plan B" !) : un référendum doit être précédé d'un vrai débat.

Si l'on veut consulter la population annécienne sur le Centre de Congrès, il faut que les citoyens disposent de tous les éléments utiles en faveur et en défaveur du projet.

Dans le cas du Centre de Congrès, le conseil d'agglomération a voté simplement une étude de faisabilité de la construction de l'immeuble sur la presqu'île d'ALBIGNY. Un concours d'architectes a été lancé. Deux équipes ont été retenues, preuve qu'aucune des équipes n'a su pour le moment répondre à toutes les exigences du cahier des charges.

Il faut être très clair : cette décision était le fruit d'un deal politique qui permettait de débloquer les travaux de BONLIEU que M. ACCOYER menaçait d'empêcher à la C2A !

A partir de là, la montée en puissance d'un mouvement de pétitions et de prises de positions contre le Centre de Congrès exige qu'un débat démocratique ait lieu qui ne peut se limiter aux seules institutions élues.

Le caractère "sacré" du Lac et de ses rives, notamment à ANNECY, exclue que l'on puisse "passer en force" sur un dossier comme celui-là qui divise les annéciens.

Il faut que je sois encore plus clair : aucun annécien qui défende ou qui s'oppose au Centre de Congrès à ALBIGNY n'est suspect à mes yeux de se moquer du Lac ni des conséquences de la construction du Centre de Congrès à cet endroit. Tout au contraire, les uns affirment que c'est la construction du Centre de Congrès qui permettra l'ouverture au public des rives du Lac et les autres pensent exactement le contraire. Mais l'objectif affiché est le même pour tous : améliorer l'accessibilité aux rives du lac et réouvrir des espaces publics là où ils sont privatifs.

Dans ces conditions, on peut  s'envoyer des anathèmes à la figure ou bien on peut essayer de prendre une décision à partir de nos valeurs communes qui sont :

  • l'application intégrale de la Loi littoral,
  • l'ouverture au public des rives du Lac,
  • la gestion prudente des deniers publics et de la dette

Autour de ces valeurs communes, le débat peut s'instaurer de manière pertinente. Je propose que l'on ait recours, non pas à un référendum qui clive les points de vue et pousse à la rupture mais à une conférence de consensus.

Pour un exemple de mise en oeuvre, cliquez ici :

http://www.mairie-lille.fr/fr/Urbanisme_et_logement/se-loger/conference-consensus

Prenons un exemple des points à aborder, celui de l'intégration paysagère. Le cahier des charges y répond en considérant qu'il faut "enterrer" le Centre de congrès pour qu'il ne soit pas visible du lac. Mais alors, quel est l'intérêt de le positionner au plus près du Lac, là où se trouve la plus belle vue sur le lac pour attirer le plus de clients potentiels ? Pourquoi ne pas avoir ouvert l'alternative d'un geste architectural majeur comme l'a fait LUZERN avec son opéra en verre planté au bord du Lac où les eaux et les bateaux se reflètents ?

Et un second, celui de l'équilibre économique de ce projet. Personne ne peut soutenir un projet qui nécessiterait un renflouement annuel de l'exploitation du Centre de congrès comme l'agglo le fait déjà tous les ans pour l'IMPERIAL ou pour l'aéroport. Disposons nous de suffisamment d'éléments pour trancher définitivement ce point ?

Il y en a bien d'autres, mais l'important est de partir sur une démarche qui renvoie aux méthodes de la Commission nationale du Débat public pour construire un consensus ou, en tous cas, éclairer suffisamment les annéciens et les habitants de l'agglo sur un projet structurant aussi coûteux et aussi polémique.

On pourrait imaginer que les partisans et les détracteurs du Centre de Congrès disposent sur les mêmes thématiques d'une place égale pour présenter sur chaque item leurs points de vue dans le cadre d'une exposition publique, puis d'un débat contradictoire devant un groupe de citoyens non experts, représentatifs de la sociologie annécienne, tirés au sort et qui rendent au final un avis éclairé sur le sujet du Centre de Congrès à ALBIGNY.

On sortirait ainsi de l'affrontement classique "Pour" ou "Contre" et chacun serait assuré que ses arguments seraient exposés de manière équitable dans le cadre d'une discussion éclairée. Personne ne perdrait la face et personne ne pourrait s'estimer trompé ou trahi.

Il nous appartient de faire vivre cette proposition.

Quand je constate la puissance d'imagination et de compétence des annéciens dans les ateliers techniques du Plan climat ou dans les commissions du Club climat, je suis persuadé chaque jour d'avantage qu'il faut utiliser ce potentiel positif pour faire émerger les meilleures idées et les meilleures solutions pour notre Ville.

Il faut refuser les utilisations politiciennes d'une démocratie locale caricaturale qu'un parti propose ici alors qu'il le refuse ailleurs selon qu'il est en position de décision ou pas. Mais donner la parole aux citoyens autour de la recherche de consensus sur un sujet qui divise légitimement des citoyens de bonne foi est un objectif démocratique qui devrait nous réunir.
Le débat est normal et vivifiant sur un sujet aussi sensible que celui de l'aménagement des rives du lac. On ne doit pas en sortir par des vaincus et des vainqueurs, mais en utilisant les outils modernes de la démocratie locale.