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thierry billet

Écologiste annécien

"Il faut faire preuve de courage"

Publié le 1 Novembre 2012 par Thierry BILLET in C'est personnel

Alors que la cote EST des Etats-Unis a souffert d'une tempête ravageuse, comme un rappel de la planète aux américains qui sont dans le déni du réchauffement climatique et de ses conséquences sur la puissance des événements climatiques les plus extrêmes, l'entretien donné par le président de la commission développement durable de l'assemblée tombe à pic. Rien à ajouter à ce constat presque désespérant.

« On oppose la compétitivité à l'environnement », regrette le président PS de la commission développement durable à l'Assemblée nationale. « Il faut faire preuve de courage », lance-t-il dans une interview aux « Echos ».

Depuis la conférence environnementale où en est-on ?

J‘ai le sentiment que l'ambition du président de la République de faire de la France le pays de l'excellence environnementale est un discours pour rien. Il n'est pas porté par les responsables politiques. Aujourd'hui, personne au gouvernement, à part Delphine Batho, ne parle de transition écologique, d'excellence environnementale, de nouveau modèle de développement. Tout se résume à l'objectif de réduction du déficit budgétaire et aux moyens de l'atteindre. On oppose la compétitivité à l'environnement. On est dans la plus grande frilosité.

Je n'ai entendu que deux personnalités faire des déclarations fortes sur ce sujet, Ségolène Royal et Michel Rocard, ce dernier pour dire que la sortie de crise se fera par la révolution écologique. Je suis tout à fait d'accord. La prise en compte des enjeux environnementaux, ce n'est pas la disparition d'emplois et d'activités. C'est au contraire leur relocalisation, par exemple en matière de rénovation thermique des logements.

Il faut faire preuve de courage.

Sur quels dossiers ?

En premier lieu, je pense aux gaz de schiste. On voit bien que le dossier n'est pas refermé. Le chef de l'Etat a été clair pour les cinq ans à venir, mais après ? Le rapport Gallois parle de richesse et de réduction de notre facture énergétique. Je n'en suis pas si sûr. Les gaz de schiste coûteront peut-être moins cher à exploiter. Mais la France est liée par des contrats à long terme sur ses fournitures de gaz et les prix suivent le cours du baril de pétrole. Sans parler de son impact environnemental et sanitaire négatif, l'exploitation des gaz de schiste mobilise des investissements qui ne profiteront pas aux énergies renouvelables. On ne peut pas laisser compromettre la transition énergétique.

Je ne suis pas plus rassuré pour ce qui est de la fiscalité écologique. Je ne vois que des mesurettes dans la loi de Finances, comme le renforcement du malus automobile. Sur le fond, le sujet n'est pas appréhendé. Je suis inquiet. Si on ne s'attaque pas sérieusement à ce chantier d'ici à la fin 2013, il sera trop tard : la fiscalité écologique ne verra jamais le jour pendant ce quinquennat.

Il s'agit d'un chantier de longue haleine. Le temps a peut-être manqué ?

Pour 2013, c'était un peu court, je le reconnais. Mais ce qui est inquiétant, c'est que personne n'en parle. J'ai l'impression qu'on ne veut pas ouvrir ce dossier. Ce n'est pas aux lobbies, pas plus qu'à la haute administration, d'en décider, mais aux politiques.

Quelles mesures attendez-vous ?

Il faut rapidement s'attaquer à la question de la taxation du diesel. Il faut l'augmenter. Certains professionnels y sont favorables car ils pensent que l'avenir c'est l'essence et non pas le diesel. Au plan économique, la situation actuelle n'a pas de sens. La France importe du gasoil en quantité importante pour satisfaire la demande d'un parc automobile très diéselisé, que nos raffineries ne parviennent pas à satisfaire. Cela creuse notre déficit commercial. Il faut s'orienter vers une moindre diéselisation du parc qui pose un problème sanitaire majeur lié au caractère cancérogène des émanations.

Faut-il aussi remettre en chantier la taxe carbone ?

Bien-sûr. Il faut avoir le courage de rouvrir ce dossier. Le dispositif peut être amélioré. La taxe carbone était trop complexe et de nombreux consommateurs s'en trouvaient exonérés. On doit s'engager dans la sobriété énergétique, émettre un signal prix qui pousse les citoyens à réduire leur consommation. Il est possible de mettre en oeuvre une taxe carbone écologiquement efficace et socialement juste avec un système de compensation pour les ménages modestes. Cela demandera beaucoup de pédagogie. Mais il faut maintenant marquer une volonté et indiquer un chemin.

On ne financera pas une partie de la protection sociale avec des demi-mesures. La taxe carbone projetée sous le gouvernement Fillon, devait rapporter de l'ordre de 6 milliards.

 

Il n'y a rien à ajouter à cette déclaration de M. CHANTEGUET. Y a t'il à espérer quand on voit la vidéo du Congrès du PS où Mme ROSSIGNOL, en charge de l'écologie au PS, s'adresse à une salle qu'elle décrit comme vide...