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thierry billet

Écologiste annécien

Législatives 2012 : pour des primaires ouvertes...

Publié le 9 Décembre 2011 par Thierry BILLET in Politique locale

Je suis assez surpris de voir que la question de la présidentielle semble déjà acquise et que presque tous les partis se positionnent comme si l'affaire était réglée. L'épisode CHIRAC - BALLADUR de 1995 ne doit pas être oublié et rien n'est acquis sur le plan électoral, surtout dans le climat d'incertitude économique dans lequel nous nous trouvons. On en est à la répartition entre les appareils politiques des circonscriptions; alors que le débat sur les propositions des candidat(e)s n'a pas eu lieu et que les électeurs n'ont pas choisi.

Dès lors, ma posture est simple.

Soit M. SARKOZY est réélu et la messe est dite, l'UMP gagnera toutes les circonscriptions de la HAUTE SAVOIE.

Soit M. SARKOZY est battu, et il devient envisageable de gagner des circonscriptions en HAUTE SAVOIE.

Celles qui intéressent les annéciens sont celles de MM. ACCOYER  (74-1) et TARDY (74-2).

L'un serait alors l'ancien président de l'Assemblée nationale ayant saupoudré sa réserve parlementaire abondante dans sa circonscription depuis 5 ans, et l'autre un député d'un seul mandat cultivant une certaine autonomie vis à vis de ses mentors, twittant à tout rompre et n'hésitant pas à rendre compte de son mandat et à participer aux débats des autres (Loi littoral, gaz de schistes, etc.).

Ils ne "tomberont" pas tous seuls.

Si l'on a réellement envie d'assurer une alternance, il faut s'en donner les moyens. Dans une élection à deux tours, cela veut dire être suffisamment haut au premier tour pour créer une dynamique au second. Pour cela, il faut faire plus de 40% des voix au premier tour.

Si MM. ACCOYER ou TARDY réalisent ce score, ce qui laisse 60% d'électeurs qui n'ont pas voté pour eux au premier, la dynamique de la campagne jouera pour eux. Ils seront élus au 2° tour. Regardez les résultats des élections partielles depuis 2007 : elles donnent toutes ce seuil fatidique.

Ma proposition est simple si l'on veut se donner les moyens de la victoire : organiser une primaire ouverte à tout le spectre politique opposé à l'UMP du Front de Gauche, aux VERTS en passant par le MODEM, CAP 21 et le Parti socialiste.

Dans des départements moins monocolores que le nôtre, les différents partis peuvent cultiver leurs différences au premier tour. Mais dans un département aussi contrôlé par l'UMP, il faut se donner les moyens de candidatures communes.

Pour ce faire, le meilleur moyen est celui de primaires ouvertes à tout(e) candidat(e) à la candidature pourvu qu'il soit soutenu par un nombre significatif d'habitants de la circonscription (250 personnes par exemple) permettant de désigner la ou le candidat que l'actuelle opposition veut voir élu(e).

Le succès de la primaire socialiste montre que cette démarche permet de mobiliser l'électorat, de créer une dynamique, de faire de la pédagogie politique et de rassembler.

Une primaire législative permettrait de montrer aux électeurs que les promesses de faire de la politique autrement et de mettre en place plus de démocratie participative ne sont pas des voeux pieux, mais des engagements sincères que l'on met en pratique immédiatement.

Qu'auraient les partis à y perdre ?

Si leur candidat est le "bon" pour les électeurs opposés à l'UMP, il sera désigné par le collège électoral.

Mais si il n'est pas assez connu pour son travail de terrain, si il n'a pas l'expérience politique d'une campagne législative, si il ignore les dossiers locaux, bref si il n'a pas fait ses preuves, ou si il a été désigné par un si petit nombre d'adhérents qu'ils ne savent pas faire nombre, il pourrait être écarté lors de la primaire.

Qui s'en plaindrait ?

En revanche si une candidate de la société civile apparaissait comme la meilleure pour s'opposer à MM. ACCOYER ou TARDY, elle aurait toute sa place et pourrait être désignée; alors qu'elle n'a aucune chance aujourd'hui si elle n'appartient pas à un parti...

On a toujours le choix : poursuivre dans la logique perdante du témoignage ou se donner les moyens de la mobilisation unitaire.

Je soumets cette proposition à la discussion sociale et politique des adhérents des partis, mais aussi de toutes celles et de tous ceux qui souhaitent une alternative à l'UMP en HAUTE SAVOIE.