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thierry billet

Écologiste annécien

WOERTH, BETTENCOURT, et les retraites

Publié le 20 Juin 2010 par Thierry BILLET

Abonnez vous sans tarder à MEDIAPART, l'un des rares médias français qui revendique une indépendance remarquable.


www.mediapart.fr

 

Grâce à MEDIAPART, on sait maintenant que Mme BETTENCOURT a fait des dons significatifs, y compris au président de la République en exercice, mais aussi à Mme WOERTH qui gère sa fortune et est la femme de l'homme qui est à la manoeuvre pour nous dire qu'il faut se serrer une nouvelle fois la ceinture.

Dans tous les pays européens, pour moins que cela, un ministre démissionne. Le principe est ancien : on ne doit pas suspecter la femme de César.

En France, non seulement il ne démissionne pas, mais il se rengorge.

Les enregistrements volés diffusés par MEDIAPART confirment que les conseillers de Mme BETTENCOURT craignaient les comptes suisses ouverts sans déclaration dans ce pays. Or Mme BETTENCOURT fait un don à Mme WOERTH au moment où son mari prétend faire la chasses aux exilés bancaires suisses.

Et Mme WOERTH prend cet argent alors qu'elle gère la fortune de Mme BETTENCOURT...

La plus élémentaire morale serait de démissionner.

Ce que M. WOERTH ne fait pas.

Tandis qu'il faudra à un salarié présenter un certificat médical établissant une incapacité de travail de 20% pour être considéré avoir travaillé dans un métier pénible... Demandez à votre médecin dans quel état physique il faut être pour être affecté d'un taux d'IPP de 20% ! La cynisme gouvernemental n'a pas de limite. C'est la profession qui doit être classée et pas l'individu. Par exemple sur des critères d'espérance de vie professionnelle.

Mme et M. WOERTH sont de toutes façons hors concours : leurs revenus leur permettent de prendre dès maintenant une retraite heureuse sans taux d'IPP à 20%.

 

Je complète cet article ce dimanche soir avec un extrait de l'entretien d'Eva JOLY avec MEDIAPART :


Que demandez-vous?

Il faut que les enquêtes qui soient ouvertes ne concernent pas seulement les enregistrements, mais aussi des vérifications fiscales sur les conseils de Mme Bettencourt, et sur Mme Bettencourt elle-même. Il doit y avoir aussi une enquête fiscale immédiate sur le départ évoqué d'un compte vers Singapour. On ne peut pas s'abriter derrière le respect de la vie privée dans cette affaire, car le contenu des discussions est trop violent, dans ce qu'il nous dit des rapports entre pouvoirs financiers et politiques! Enfin, ces enregistrements mettent en lumière la valeur des paroles et de la rhétorique d'Eric Woerth sur les paradis fiscaux. Il y a une contradiction d'intérêts incroyable, par rapport à sa prétendue lutte contre les paradis fiscaux, alors même que sa femme a participé à l'évasion fiscale de la fortune Bettencourt. Quel crédit après ça accorder à la notion d'égalité des citoyens devant la loi?

 

Eric Woerth doit-il démissionner?

Oui. Il n'est pas extraordinaire de demander à un ministre d'être irréprochable! Les fonctions de sa femme ne sont pas contestées, la validité des enregistrements non plus. Dans une démocratie normale, la démission s'impose. Mais dans une démocratie normale, on ne peut plus tolérer non plus que l'action publique à Nanterre et à Paris soit encore menée par MM. Courroye et Marin, car l'indépendance de la justice n'y existe pas. Comment demander un effort à tous les citoyens en période de crise économique, en ayant en même temps autant de prébendes au sommet de l'Etat? On n'essaie pas de trouver la vérité dans l'affaire Karachi comme dans les Hauts-de-Seine. On laisse le ministre du développement soumettre un permis de construire falsifié, et cet acte, détachable de la fonction ministérielle, doit être renvoyé devant le tribunal. Quant à Christian Blanc, il semble ne plus voir les réalités derrière ses volutes de cigares! Tout ça est de trop!

Si on tolère cela, on mithridatise notre vie publique. A force d'injecter un peu de poison chaque jour dans notre démocratie, on pense vacciner peu à peu les citoyens à l'indécence. Mais ici, l'issue de la mithridatisation est létale, et notre démocratie est en danger de mort.