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thierry billet

Rousseau et Roussel sont sur un bateau...

27 Septembre 2022 , Rédigé par Thierry BILLET

Sandrine ROUSSEAU et Fabien ROUSSEL ne sont d'accord sur rien, sauf sur l'essentiel : faire parler d'eux à n'importe quel prix et pour ce faire ne pas hésiter à dire n'importe quoi car ils savent que c'est ce n'importe quoi qui fera le buzz dans les médias. Et voilà le premier qui oppose le travail à l'assistanat, reprenant le discours de l'extrême-droite : bingo, on ne parle que de cela quelques jours; surtout que la Sandrine y va de son couplet sur le droit à la paresse, ce qui remet une tune dans le bastringue et le cirque médiatique repart pour deux ou trois jours. Les deux, bien entendu, racontent des boniments. Mais les deux deviennent médiatiquement des excellents clients pour les chaines d'info en continu qui peuvent gloser à n'en plus finir sur les conséquences de ces petites phrases et patati et patata; des heures d'antenne pas chères : une aubaine. 

D'abord, ROUSSEL ment quand il oppose le travail et l'assistanat : il sait bien que la frontière sociale entre les deux est fluctuante. Quel chômeur indemnisé ou pas n'a pas déjà travaillé ? Quel travailleur peut dire qu'il ne bénéficiera jamais du filet de sécurité sociale après un licenciement, une maladie ou un divorce ? En réalité, la frontière est d'autant plus mouvante que le salaire est faible et qu'un licenciement risque de vous faire tomber dans la trappe à pauvreté. Cette crainte d'un déclassement encore accru rend les travailleurs pauvres hargneux envers ceux qu'ils craignent de rejoindre un jour; ceux qui pour des raisons diverses (et notamment de santé) ne sont plus capables de travailler et doivent accepter les allocations sociales comme l'allocation adultes handicapés. Alain LIPIETZ, il y a de nombreuses années, avait dépeint ce risque d'une "société en sablier", où les travailleurs pauvres risquaient de tomber dans la partie basse du sablier. C'est cette peur qui est alimentée ad nauseam par l'extrême droite et qui lui permet de récolter les voix de ces prolétaires qui se sentent menacés de devoir bénéficier des minima sociaux. Comme l'écrit Nicolas DUVOUX dans LE MONDE "la mise à distance du monde de l'assistance (...) s'exprime d'autant plus violemment que la proximité sociale encourage la distance symbolique et morale". ROUSSEL va chasser sur ces terres en reprenant la grammaire du F-HAINE. C'est une faute d'une extrême gravité, mais ROUSSEL a décidé de faire du Georges MARCHAIS. On n'attend plus qu'il affirme le  "bilan globalement positif" de POUTINE à la tête de la RUSSIE. Le Parti communiste ferait mieux d'écouter ce que raconte sur la même thématique François RUFIN qui, si il critique l'abandon des travailleurs pauvres par la gauche, propose une démarche d'éducation populaire combattant la démagogie.

Mais alors, ROUSSEAU ! Complètement hors sujet, voilà qu'elle répond à une bêtise par une autre avec le rappel du bouquin de LAFFARGUE, le gendre de MARX sur le droit à la paresse comme valeur ultime de la gauche. Pauvre imbécile universitaire qui n'a jamais dû rencontrer d'ouvriers de sa vie et oppose à leur volonté légitime de reconnaissance et d'ascension sociale le droit de ne rien faire... Comme si cette revendication de temps libéré n'était pas une revendication de progrès social rendue possible par la valorisation du travail salarié ! ROUSSEAU savait parfaitement que ce mot serait repris à l'infini et choquerait. C'était "fait pour". Parler du droit à la paresse à tous ceux qui travaillent à temps partiel et n'arrivent pas à obtenir un temps plein; c'est les insulter. Mais Mme ROUSSEAU s'en moque. Son public est celui des beaux quartiers parisiens qui l'ont élue pour que leurs états d'âme de cadres supérieurs "éclairés" soient étalées sur la place publique.  Ceux-là voudraient aller paresser un peu car leurs revenus le leur permettent amplement.

Tant va mal la gauche et les écologistes que ce type de polémique malsaine et mal informée occupe l'espace médiatique et renforce l'écho de l'extrême-droite qui vient de gagner les élections en ITALIE. C'est cela qui devrait être le coeur de leurs débats politiques et de l'échange des idées pour empêcher que cela advienne en FRANCE. Mais non, les irresponsables ROUSSEAU et ROUSSEL préfèrent mener leurs barques égoïstes; et nous risquons tous de tomber dans l'eau pourrie du fascisme

 

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