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Écologiste annécien

André GORZ, suicide d'un intellectuel amoureux

On n'aura peut être jamais autant parlé d'André GORZ qu'à l'occasion de son récent suicide en compagnie de son épouse. J'ai attendu d'avoir lu "Lettres à D...", sa compagne avant d'écrire l'émotion que m'a causée cette mort volontaire.
D'abord sur le plan personnel, ce choix de mourir ensemble comme d'autres l'avaient fait il y a quelque temps -je pense à l'ancien Maire de CLERMONT FERRAND Roger QUILLOT et son épouse - pose le problème du choix de la fin de vie pour et par des personnes qui estiment que la maladie ou simplement la vieillesse leur est insupportable.
Dans le cas de Mme GORZ, l'origine de la maladie est médicale : un produit dangereux injecté à l'hôpital parce qu'il va se résorber en quelques jours...et qui laissera des séquelles permanentes engageant la survie.
Notre société ne pourra pas éternellement se voiler les yeux sur cette réalité alors que la maladie d'ALZEIMER et le cancer frappent de plus en plus largement...
Et que nous faisons supporter par les générations futures les couts d'une prolongation de la durée de la vie que nous sommes incapables de financer.
Je lisais dans PHILOSOPHIE un article sur un service d'éthique situé à l'hôpital COCHIN qui aide les soignants à faire des choix face à des situations de poursuites de soins, ou de refus par les patients ou leurs familles d'un acharnement thérapeutique qui frise quelquefois le délire technique médical. Au nom du serment d'Hippocrate, combien de médecins sont d'abord intéressés par la réussite technique de leur innovation ?
Ensuite, André GORZ, qui fut l'un des penseurs qui ont marqué mon adolescence et mes premiers engagements. GORZ raconte dans "Lettres à D..." leurs rencontres avec Ivan ILICH (dont on devrait relire "Nemesis médical") ou Herbert MARCUSE ( "L'homme unidimensionnel") et cette proximité a permis à GORZ de sortir des chemins bétonnés du marxisme orthodoxe pour être l'un des premiers penseurs français de l'écologie politique, au Nouvel Observateur d'abord, puis par une production littéraire remarquable dont il faut souligner "Adieux au prolétariat" et "Métamorphoses du travail" qui furent mes livres de chevet.
Que serait la planète si l'on avait écouté à la fin des années 70 ces intellectuels qui donnèrent aux écologistes leur cadre de pensée ?
Au moment où le pétrole flambe, signe tangible de la déplétion pétrolière, si bien expliquée par l'ami Yves COCHET, nous tardons à prendre les mesures de sobriété qui permettraient d'éviter le pire.

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