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thierry billet

Écologiste annécien

De l'inertie...

Publié le 3 Avril 2008 par Thierry BILLET in Environnement

Le problème avec la nature, c'est qu'elle est lente et résistante.

Si elle était fragile, l'humanité n'aurait pas pu faire autant de conneries sans s'en apercevoir rapidement.

Si elle était rapide, elle ne nous jouerait pas le tour pendable de la bio accumulation : au lieu d'engranger la pollution et de la relarguer petit à petit le long de la chaîne alimentaire, la nature nous renverrait sans délai des produits inconsommables.

Non, la nature est bonne fille. Elle encaisse et serre les dents. Bien sûr, à bas bruit, elle envoie des signaux. Mais depuis trente ans, bien peu les entendaient. Ils s'appellent  "les écologistes", je crois.

Et puis, depuis quelques années, la nature en a marre. On a beau être bonne fille, il y a des limites à tout. Alors la nature se fâche. Elle a trop chaud, elle le fait savoir et les catastrophes "naturelles" succèdent aux catastrophes "naturelles" à un rythme qui s'emballe.

Cela a permis à une partie de l'humanité de commencer à se dire qu'il fallait se bouger.

Et ce mouvement s 'esquisse un peu partout dans le monde, en une prise de conscience qui exige des mesures adaptées à la survie de l'humanité.

Mais mon angoisse est de savoir si il est encore temps; si la lenteur de la nature n'était pas l'obstacle sur lequel nos efforts allaient échouer.

Même si nous réduisons drastiquement notre production de carbone sur le plan mondial, le réchauffement climatique d'aujourd'hui n'est rien à côté de celui que nous allons subir du fait de la lenteur de la dégradation du carbone qui est déjà dans l'atmosphère...

Depuis quand les PCB qui empoisonnent nos ombles chevaliers sont ils au fond du Lac ? Combien de temps a t-il fallu pour que les sédiments soient imprégnés, puis relarguent petit à petit leur poison ?
Combien de temps pour que la graisse des ombles chevaliers ne les concentre jusqu'à les rendre impropres à la consommation humaine ?

Cette inertie de la nature nous oblige à redoubler d'efforts et à accélérer la réduction de la production des gaz à effet de serre...

Paradoxalement, la lenteur de la nature nous contraint à une écologie à grande vitesse.