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thierry billet

Écologiste annécien

Patrick SEBASTIEN

Publié le 14 Septembre 2008 par Thierry BILLET in C'est personnel


Je connais mal Patrick SEBASTIEN. Je ne regarde pas ses émissions.
Grâce à INTERNET, je découvre une autre facette de ce personnage tonitruant.

(...)
Le service public sans pub, c’est une chance?
C’est une magouille politique pour faire un cadeau à Bouygues, patron de TF1. Faudra bien s’arranger avec ça. Et Patrick de Carolis (ndlr: PDG de France Télévisions) se bat depuis longtemps pour une télé différente. Il n’a pas attendu la suppression de la pub pour mettre des opéras en première partie de soirée. Nous vivons dans une société très corrompue. C’est le copinage et le lobbying qui marchent. Si tu es copain avec untel, tu as ce que tu veux, talent ou pas, audience ou pas. Moi, je me démerde tout seul. Malgré les résultats obtenus depuis trente ans, je suis obligé de me battre, d’arracher une case pour produire mes émissions.

Vous vous voyez comment dans cet avenir, cette nouvelle télé?
Mort (rires)! Mort très, très vite! Tant qu’ils me veulent pour continuer à faire ce que j’aime, je continuerai. J’aimerais que le Cabaret dure jusqu’à ce que ma petite fille de 1 an soit en âge de le voir. Le jour où ils ne me voudront plus, je ne me battrai pas. S’ils me demandent de faire autre chose, ce sera non. Je n’ai jamais fait de compromis, ce n’est pas aujourd’hui que je vais commencer. Mais je suis à la merci du premier petit con venu délégué par Sarkozy qui prendra la chaîne et dira: «Celui-là, je l’aime pas, on le jette!»

Sarkozy place ses hommes?
C’est la moindre des choses dans un régime comme celui-là. Il tient sur l’apparence. Je le connais bien. Je sais comment il fonctionne et sur quoi il fonctionne. Il est au service du pays, bien sûr, mais avant tout, il est au service de sa propre personne. J’ai un mépris profond pour tous les hommes politiques qui font du showbiz, n’ont plus d’idées de l’Etat, n’ont plus le goût du sacrifice. La seule chose importante pour eux, c’est de passer au journal télévisé. Aujourd’hui, on est dans un système qui ressemble, hélas, à une période dure de notre vie, quand il y avait des collaborateurs et des résistants. Ce pays est partagé entre les uns et les autres. Il y a ceux qui passent à la télé et ceux qui ne passent pas. Ceux qui ont des avantages et ceux qui n’en ont pas. Je ne suis certes pas à plaindre, mais je fais quand même partie des résistants; autour de moi, je vois des gens qui en bavent tous les jours, et je n’accepte pas! Et mes impôts, on peut me les augmenter quand on veut, je ne partirai pas en Suisse!

Des résistants comme vous, il n’y en a pas beaucoup.
Il faut en avoir les moyens. Sarkozy, la chose qu’il a le plus créée, c’est le désespoir! Et le désespoir n’est pas filmable. On ne va pas à la télé – et on ne vous invite surtout pas – pour dire «je suis désespéré». Derrière les faits divers qui arrivent tous les jours, il y a des gens désespérés parce que ce qu’ils vivent au quotidien est dur, leur boulot, leur niveau de vie, tout est dur. Ils sont désespérés, fatalistes. Quant aux mômes, au lieu de construire quelque chose, ils regardent d’autres mômes aussi crétins qu’eux dans Secret Story ou draguent sur l’internet! C’est affligeant. Les gosses ne veulent pas prendre de risques, pas partir de chez papa et maman. Forcément, un jour, il y en aura qui en auront marre, qui ne se contenteront pas de regarder les crétineries à la télé, qui vont bouger, bâtir enfin quelque chose d’humain!

Vos collègues de télé ne parlent pas comme vous.
Je n’ai peur de personne. Ou alors que de moi. Je suis suicidaire. Ma femme déteste que j’en parle. Je suis un suicidaire qui voudrait choisir la fin parce que je n’ai pas choisi le début. Bâtard dans un village de Corrèze.

Interview donnée à TV8.