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thierry billet

Écologiste annécien

Grand Froid : aucun dispositif cohérent n'a remplacé les 3 fontaines...

Publié le 31 Décembre 2006 par Thierry BILLET in Politique locale

Lors du conseil municipal du lundi 19 décembre 2005, j'avais présenté un texte suite aux menaces pesant sur l'Association des trois fontaines aujourd'hui liquidée. Nos interrogations demeurent un an plus tard en l'absence de volonté politique des responsables de la lutte contre l'exclusion:
l'Etat et le Conseil général.


La question posée par la situation de l’association est d’une particulière gravité.La situation d’un nombre croissant de nos concitoyens est particulièrement angoissante. 

Dans ce contexte, l’existence d’une association comme l’association des trois fontaines ne peut nous laisser indifférents.

Le fonctionnement de cette structur  a été profondément perturbé, chacun le sait, par la cohabitation de deux populations dont le mal être est radicalement différent ; celui des SDF, et celui des bosniaques arrivés en nombre en Haute Savoie et singulièrement à ANNECY.

Nous ne ferons sur ce point aucun angélisme. Nous savons bien que des filières existent qui exploitent la détresse des demandeurs d’asile, attirés par un tel différentiel de niveaux de vie que tout leur permet de considérer notre pays comme un Eldorado. Et que ferions nous d’autre à leur place ? C’est bien entendu d’une autre politique de coopération internationale que nous avons besoin ; mais elle ne relève malheureusement pas de la compétence de notre conseil municipal.

L’association n’était donc pas outillée, d’une part, pour remplacer les services de l’Etat dans leur responsabilité d’accueil des étrangers, et d’autre part, pour assurer la « cohabitation » de ces deux publics déshérités, mais antagoniques dans leurs malheurs respectifs.

Cette confrontation de deux misères a fait exploser l’association.

Nous sommes aujourd’hui saisis de l’apurement des comptes de cette association et bien entendu, il faut que la Ville prenne sa part de l’ardoise qui reste à solder.

Mais cela ne doit se faire qu’au regard du projet associatif porté pour l’avenir.

De ce point de vue, un administrateur judiciaire ne nous semble pas légitime pour porter non seulement un plan de redressement, mais un projet social de solidarité, articulant à la fois la satisfaction des besoins des personnes accueillies, et l’utilisation optimale des fonds publics.

Les décisions prises en matière de gestion du personnel soit le licenciement de 6 équivalents temps plein sur un effectif de 26 personnes, ne nous semblent pas acceptables.

  • Comment en effet reconnaître qu’il est utile de licencier du personnel alors que notre parking Sainte Claire est rempli de personnes sans domicile fixe ?
  • Comment en effet souscrire à un projet qui passe par la suppression des repas du soir et des petits déjeuners  pour des personnes dont le premier besoin est de se nourrir dans des conditions « diététiques » minimales pour éviter l’aggravation de leur état de santé ?
  • Comment ne pas envisager avec stupeur, au début de cet hiver qui s’annonce rude, que nous puissions ne pas maintenir a minima l’état actuel de l’offre de solidarité que notre Ville doit assurer ?

La mort d’un ouvrier dans sa voiture à la porte de son chantier à MEYTHET il y a quelques jours ne peut s’accompagner d’un désengagement financier des collectivités territoriales pour tenter d’offrir à cette population en danger les moyens de se « relancer ».

Cette mort terrible d’un salarié qui ne trouve pas à se loger est une donnée nouvelle de la précarité en France, celle des travailleurs pauvres ; c'est-à-dire de ceux qui, tout en ayant un emploi, ne peuvent trouver à se loger et à vivre décemment du fait du coût du logement en particulier.

Dans ce contexte, il est inacceptable que l’association ne puisse plus assurer le même service qu’elle assurait hier.

Aucun impératif économique ne peut être opposé au devoir sacré de solidarité que nous revendiquons tous au sein de notre Conseil municipal.

D’autant qu’il faudrait apporter la preuve d’un tel impératif dans une Ville riche au sein d’un département florissant.

Notre groupe, s’il se prononce favorablement sur la délibération qui lui est proposé quant à la participation financière d’ANNECY à l’apurement de la dette associative, ne peut que demander avec la plus forte détermination que l’association renonce à ses projets de licenciement et qu’elle mette en œuvre un plan de financement permettant de maintenir à la fois les repas du soir et de petit déjeuner, éléments indispensables d’un accueil respectueux de la dignité des personnes accueillies.

Nous demandons en ce sens que le conseil municipal assortisse sa délibération d’une demande de présentation d’un projet associatif solidaire rejetant un désengagement financier synonyme d’abandon de nos concitoyens en péril.

C'est ce projet associatif qui manque encore un an plus tard; tandis que l'Etat, malgré la mise à disposition par la Ville d'un terrain gratuitement n'a pas fait avancer le projet de CADA (centre d'accueil des demandeurs d'asile)...