Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
thierry billet

A 41 (2bis) : le captage de la DOUAI est déjà pollué !

2 Février 2007 , Rédigé par Thierry BILLET Publié dans #Politique locale

Le Dauphiné Libéré rapporte le nouveau combat de l'Union locale des consommateurs de CRUSEILLES, dont l'action exemplaire sur le prix de l'eau, il y a de nombreuses années, avait été un combat phare des écologistes de la HAUTE SAVOIE, emmenés par l'ami Bernard MAGISSON, qui a malheureusement quitté le département. L'ULC confirme les craintes de pollution; quant à la vacuité du "plan de secours" - qui se limite à deux feuilles A 4 ! que je peux adresser à qui le souhaite-, elle illustre le sérieux du traitement de ce dossier par la Préfecture. Il fallait démarrer les travaux sans tarder, tant que l'UMP avait le pouvoir dans ce pays.

"Décidément, la source de la Douai ne coulera jamais des jours paisibles... Cette résurgence située sous les ponts de la Caille est victime de remous,générés cette fois par le chantier de l'A 41. Trente ans après une âpre bataille au sujet de sa "potabilité ", menée par une poignée d'habitants réunis sous la bannière de l'Union locale des consommateurs (ULC), quatre d'entre eux reprennent le combat. Ils viennent de déposer un recours auprès du Tribunal administratif de Grenoble. Objectif : obtenir l'annulation de l'arrêté préfectoral du 13 avril 2006, portant sur l'autorisation de travaux et ouvrages d 'aménagement hydraulique et de gestion liés à la construction de la liaison autoroutière A41, confiée à Adélac.

« Nous sommes inquiets à plusieurs titres » explique Léo Vanhelmon, membre fondateur et actuel président de l'ULC. « Les analyses de suivi des eaux de la Douai prévues dans l'arrêté laissent apparaître régulièrement de juillet à octobre, la présence inquiétante d'un composé organique volatil (COV), le té-trachloroéthylène. Les doses varient de 1,9 à 7,7 microgrammes/litre » poursuit Marc Lecourt, autre membre de l'association signataire du recours. Un produit qui, selon eux, « n'apparaissait pas dans les analyses fournies d'avril à juin...».

Soit avant le début du chantier de l'A41.

«Il n'existe pas dans la région d'industries utilisant ces produits (fabriquant de la peinture, de l'encre ou de nettoyage industriel de vêtements).» Directement en cause donc selon eux : les tirs de mines, brassages de terre et la présence en nombre de véhicules de chantier.

Cette « pollution », avérée pour les signataires, les pousse à remettre également en cause le plan d'alerte prévu dans l'arrêté « qui sera peut-être déclenché après in­gestion par les usagers des pollutions détectées... ». Ils dénoncent également le plan de secours de la source de la Douai, « toujours pas validé alors que les travaux ont commencé ». Un dispositif imposé par un arrêté préfectoral, datant lui du 13 janvier 1994. Il prévoit notamment, en cas de pollution accidentelle pendant les travaux, une diversification de l'alimentation en eau. « Aucun plan sérieux de substitution n'est actuellement envisagé » affirment les membres de l'ULC. Qui s'inquiètent aussi « du dimensionnement des bassins de collecte prévus le long de 1'A41, notamment de ceux à l'aplomb du captage de la Douai». Quid également du « sort réservé au marais de Troinex et à sa flore... » Une somme «d'erreurs d'appréciation», voilà ce qu'ils reprochent au texte.« Le captage de la Douai est exceptionnellement fragile ; on est sur un plateau calcaire, très perméable. Et la tranchée dite du Noiret passe en plein périmètre de protection...»

 LA DOUAI EN CHIFFRES

L'eau captée à la Douai alimente quotidiennement les 9.000 usagers des 13 communes de la Communauté de communes du Pays de Cruseilles. Elle leur fournit 3 500 m3 par jour

30 ANS DE COMBAT

Même si depuis, l'eau a coulé sous les ponts et que les consommateurs de la Douai ont repris confiance avec l'eau de leur robinet, les membres de l'ULC (affiliée à l'origine à l'UFC-Que Choisir), eux, n'ont cependant jamais cessé de veiller sur cette ressource. «En 1976, et pendant de longues années (jusqu'en 2002, NDLR), nous nous sommes battus pour prouver la non "potabilité" des eaux distribuées pour la consommation humaine par la Communauté de communes du Pays de Cruseilles, ex-District Rural de Cruseilles » explique Léo Vanhelmon. « Une non "potabilité" qui s'expliquait par la fragilité de la source de La Douai. Des périmètres de protection ont été décrétés en 1992, alors qu'une loi de 1965 les imposait... Périmètres traversés aujourd'hui par le tracé de l'A41.»

 
Source : Le Dauphiné Libéré / Isabelle Davier

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :