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thierry billet

Écologiste annécien

ANNECY coupée de GENEVE, selon Bernard BOSSON

Publié le 16 Février 2007 par Thierry BILLET in Politique locale

J'ai attiré l'attention dans ce blog sur les conséquences désastreuses probables de l'A 41 en matière d'aménagement du territoire et souligné que les négociations entre GENEVE et sa proche banlieue française étaient avancées d'une manière étonnante, dénonçant au conseil municipal du 18 décembre 2006, la "première charte d'engagement- plan directeur de l'habitat transfrontalier" que Bernard BOSSON découvrait en séance, suite à mon intervention.  Bernard BOSSON a repris cette thématique dans la Tribune de GENEVE datée du 13 février. Vous trouverez ci-après cet article, mais deux questions se posent :

  • Comment ANNECY a t-il pu être à ce point "hors jeu" depuis des années sur un dossier aussi central ? Notre ville comptait donc "pour du beurre"  lorsque Bernard BOSSON en était Maire ? Roger VIOUD, conseiller régional socialiste et Robert BORREL, maire d'ANNEMASSE ne sont pas loin de le penser si l'on lit leurs interviews dans LA TRIBUNE DE GENEVE du 14 février...

  • Bernard BOSSON interpelle le conseil général; mais deux de ses adjoints dont l'un est le nouveau maire d'ANNECY siègent au conseil général : que n'ont ils rien dit, rien vu, rien transmis ? N'ont ils rien compris, comme lorsque le conseil général a voté une réforme de la taxe d'habitation que les deux conseillers généraux ont demandé au CG de reporter suite au voeu de notre groupe au conseil municipal ? Voir sur ce point le blog de Jean EXCOFFIER qui explique dans le détail ce que seraient les conséquences sociales de cette modification.

«On ne va que renforcer le règne de Genève sur une partie de la Savoie. Il faut tout stopper pendant qu'il en est encore temps», fulmine Bernard ­Bosson.

A l'origine de ce coup de colère, l'annonce d'un redécoupage des aires urbaines qui ­anticipe la montée en puissance de l'agglomération franco-valdo-genevoise. L'ancien ministre a peut-être laissé son fauteuil de maire mais il n'a pas abandonné la politique. Surtout lorsqu'il s'agit de défendre Annecy. En Rhône-Alpes, l'Etat a identifié trois aires de «coopération métropolitaine»: la région urbaine de Lyon, le sillon Alpin et l'espace transfrontalier franco-genevois. Le hic, c'est que le préfet de région rattache Annecy au sillon Alpin (Grenoble, Valence, Chambéry) et non à l'agglomération transfrontalière. Et cela même au moment où est en train d'être construit le dernier tronçon de l'A41 qui va mettre Genève à une vingtaine de minutes d'Annecy. Il n'en fallait pas plus pour provoquer une montée d'adrénaline chez Bernard Bosson qui préside toujours la communauté d'agglomération du ­bassin annecien. «Ce nouveau découpage est absurde. Annecy va devenir la cinquième roue du char», proteste l'intéressé. Le dossier lui en rappelle un autre.


«C'est ahurissant»

En 2000, l'élu haut-savoyard avait vivement critiqué la façon dont avaient été négociés les accords bilatéraux.

«Les Français ont été nuls. C'est un désastre. Seule la Suisse y gagne. Ces accords sont un placement de banquier suisse», avait-il déclaré. Sur la même lancée, il déplore aujourd'hui de voir l'Etat entrer à ce point dans le jeu de Genève. «J'adore Genève, c'est une ville amie, mais on n'a pas à lui vendre notre pourtour», tance Bernard Bosson. Si les services de l'Etat, et notamment les Services de l'aménagement du territoire, estiment qu'il faut considérer Genève comme une ­agglomération française pour harmoniser son développement au-delà la frontière, le président de l'agglomération d'Annecy, lui, ne l'entend pas de cette oreille. Et de faire observer: «Ce qui est en train de se passer est tout simplement ahurissant. L'Etat s'apprête à reconnaître Genève comme métropole française.» Autrement dit, à entériner l'emprise de Genève sur sa banlieue française.

«On fait le jeu de Genève»

Bernard Bosson s'étonne que le Conseil général de Haute-Savoie n'ait pas encore pas réagi. S'il fait le jeu de Genève, le redécoupage fait aussi le jeu de la Savoie et de Chambéry qui affirment du coup leur prédominance. Et de reconnaître: «La Savoie a bien joué son coup.» Dans ce nouveau découpage des territoires, Annecy hérite malheureusement de la part congrue. Quitte à être intégré à un espace urbain défini, la capitale haut-savoyarde préfère être associée à Genève. Le 15 décembre dernier, les maires du bassin annecien ont signé une motion allant dans ce sens. Mais Bernard Bosson aurait préféré que l'Etat raisonne à une autre échelle. Ainsi conforté dans son statut «d'agglomération française», il craint que Genève ne fasse encore plus cavalier seul. «Genève avait déjà tendance à ne pas vouloir travailler avec les grandes villes de la région. Maintenant, elle va les traiter en banlieue.»