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thierry billet

Écologiste annécien

COVID-19

Publié le 31 Mars 2020 par Thierry BILLET

Après l’école Vaugelas, deux autres sites dédiés ouvrent ce mercredi (de 8h à 13h), l’un à l’école des Pommaries d’Annecy-le-Vieux, l’autre au parking de Champ Fleuri à Seynod (dans un périmètre barriéré).

Accueil gratuit pour les enfants des personnels mobilisés dans la lutte contre le Coronavirus, dans les crèches et les écoles d’Annecy

Afin de maintenir un service d’accueil pour les enfants du personnel de santé ou travaillant dans les établissements de santé, pour les personnes exerçant en foyer d’hébergement, en Ehpad, au maintien à domicile des personnes âgées, à l’accueil de public fragile, mais aussi pour les agents du service public et des transports, une garde d’enfants a été organisée dans les crèches et les écoles, en accord avec les consignes de sécurité sanitaire.

Pour l’ensemble de ce service, la CAF (pour les crèches) et la Ville (pour les écoles) ont décidé de ne pas facturer la prestation aux familles.

La semaine dernière, les crèches ont accueillis une vingtaine d’enfants par jour et les écoles plus de 80 enfants par jour.

Deux nouveaux sites dédiés à la vente de produits locaux ouvrent cette semaine à Annecy- le-Vieux et Seynod

Conformément aux dispositions nationales, les marchés les plus importants de la Ville ont été supprimés : marchés de la vieille ville et du boulevard du Taine à Annecy, des Pommaries à Annecy- le-Vieux, de Chorus à Cran-Gevrier et de Champ Fleuri à Seynod.

Afin de soutenir les producteurs locaux et apporter une solution de proximité à ceux qui ne peuvent se déplacer trop loin de chez eux, la ville met en place des sites dédiés à la vente de produits locaux, par les producteurs eux-mêmes.

Après l’école Vaugelas, deux autres sites dédiés ouvrent ce mercredi (de 8h à 13h), l’un à l’école des Pommaries d’Annecy-le-Vieux, l’autre au parking de Champ Fleuri à Seynod (dans un périmètre barriéré).

Sur ces deux nouveaux sites, les dispositions seront les mêmes que celles mises en place à Vaugelas, à savoir :

  • -  un site entièrement clos, avec un accès contrôlé et régulé afin de maintenir un flux de clientèle restreint dans l’enceinte.

  • -  des cheminements organisés autour d’un sens de circulation, évitant les croisements entre entrants et sortants.

  • -  des bancs espacés afin de permettre l'organisation de files d'attente espacées et matérialisées au sol.

  • -  une amplitude horaire permettant d’étaler les visites des clients.

    Les consignes restent les mêmes que sur les marchés : service par les commerçants et non par les clients, protection des denrées alimentaires, respect du sens de circulation...

Contrôles : cyclistes attention !

Chaque jour, les policiers municipaux assurent des contrôles au regard des règles liées au confinement.
La Police municipale rappelle que l’usage du vélo comme activité de loisirs est interdit.

Le Point d’écoute parents toujours actif...

La Ville d’Annecy maintient l’activité de son Point d’écoute parents, en proposant ses entretiens sur rendez-vous téléphonique, au 06 19 94 09 85.

Le Point d’écoute parents est destiné aux parents qui ont besoin, lorsqu’ils traversent un moment difficile avec leurs enfants, d’être écoutés, de comprendre et d’être soutenus. Soumis au principe de libre adhésion et de confidentialité, c’est un service gratuit, d’accès facile et sans formalité administrative.

Les écoutants sont des professionnels, formés à l'entretien familial, qui exercent dans les services du Conseil départemental de la Haute-Savoie, de l’hôpital, de l’Éducation nationale, de la Ville d’Annecy et de l’Association Passage.

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"Le temps de la magie" par Stéphane FOUCART

Publié le 31 Mars 2020 par Thierry BILLET

Stéphane FOUCART a pris la succession de Hervé KEMPF à la rubrique "écologie" du MONDE. KEMPF avait été remercié pour cause de trop fort engagement aux côtés des ZADistes de ND des Landes. FOUCART avait donc un défi sérieux à relever et il y parvient de mon point de vue parfaitement bien. Une preuve encore avec cette chronique sur la création monétaire qui me permet de surcroît à vous inviter à consulter le site passionnant d'Alain GRANDJEAN, "chronique de l'anthropocène".

Le temps de la magie
Par Stéphane Foucart

C’est une scène célèbre et la pandémie de Covid-19 lui donne, aujourd’hui, une saveur toute particulière. C’était le 5 avril 2018. Emmanuel Macron était en visite au Centre hospitalo-universitaire de Rouen (Seine-Maritime) et débattait fortement avec une aide-soignante. Se faisant la porte-voix de tous les personnels hospitaliers, celle-ci réclamait plus de moyens pour l’hôpital, et le président de la République lui répondit : « Il n’y a pas d’argent magique. » Deux années plus tard, face à la progression du Covid-19, M.Macron annonçait, mercredi 25 mars, « un plan massif d’investissements et de revalorisation des carrières » à venir dans les hôpitaux, une fois surmontée la crise en cours.
Avec le Covid-19 viendra donc peut-être le temps de la magie, où les liquidités apparaîtront là où l’on jurait qu’elles ne pouvaient plus se trouver. A l’occasion de la pandémie, la sorcellerie monétaire pourrait sortir du giron des banques commerciales et des banquiers centraux pour redevenir un instrument politique, un outil remis à sa juste place dans le fonctionnement de la société. La mise à l’arrêt de l’économie induite par la progression fulgurante d’une infection virale pourrait de fait engendrer les conditions d’un changement profond de politique monétaire – changement que nombre d’environnementalistes réclament, jusqu’ici en vain, pour financer la transition écologique. C’est peut-être un virus qui fera la révolution que nous n’avons pas faite.
Dans un ouvrage paru fin février (Une monnaie écologique, Odile Jacob, 288 pages, 22,90 euros), mais rédigé bien avant la catastrophe qui se déploie actuellement, deux économistes, Alain Grandjean et Nicolas Dufrêne, plaident pour le desserrement du carcan monétaire. Seule manière, disent-ils, de mobiliser les moyens nécessaires à la transition urgente vers une économie qui ne détruise pas le cadre de vie de l’espèce humaine. Mais il faut pour cela, au préalable, se réapproprier la dimension magique de l’argent.

Une doxa déjà égratignée

Rappelons-le : l’argent se crée ex nihilo, par la volonté du banquier, par une décision comptable. (souligné par TB) L’argent apparaît dans les livres de comptes des banques commerciales et la valeur qui lui est attribuée ne tient qu’à ce que Pierre Bourdieu appelait un « acte de magie sociale » : une foi collective capable de changer en quelque chose d’autre des morceaux de papier ou des chiffres affichés sur un écran.
Ainsi, lorsqu’une banque accorde un crédit à un particulier ou à une entreprise, par exemple, elle ne puise pas dans le stock de liquidités dont elle dispose : c’est la contraction de la dette qui génère les liquidités correspondantes. Le crédit fabrique la monnaie. Quant aux banques centrales, elles arbitrent et supervisent le système par l’injection de monnaie centrale sur le marché interbancaire et par la fixation des taux directeurs.
On le voit : avec la mise à l’arrêt de pans entiers de l’économie, les Etats ont assoupli leurs règles budgétaires et les banques centrales vont injecter des quantités colossales de liquidités dans le système. La doxa monétaire commence à être égratignée : déjà, Christine Lagarde évoque la possibilité que la Banque centrale européenne rachète les dettes des Etats-membres. Et ce alors que, en théorie, les Etats ne peuvent se financer auprès de la banque centrale, celle-ci n’opérant que par le truchement des banques commerciales. Un système dans lequel, expliquent Nicolas Dufrêne et Alain Grandjean, une grande part de la masse monétaire est aspirée par les marchés financiers et participe à la flambée de l’immobilier.
Face à l’étendue du désastre provoqué par seulement quelques semaines de circulation du SARS-CoV-2, il devient possible que le carcan monétaire finisse par exploser tout à fait. Que les banques centrales puissent redevenir des institutions politiques à même d’interagir directement avec la société pour répondre à une urgence à laquelle les mécanismes de marché sont incapables de répondre. Et, pourquoi pas, que de la monnaie « libre » puisse être créée sans la contrepartie de la dette.
C’est ce que prônent Nicolas Dufrêne et Alain Grandjean, pour financer la transition écologique. Au terme d’une démonstration étayée par le constat des dysfonctionnements actuels du système monétaire et de nombreux exemples historiques, ils proposent de redéfinir et de « verdir » le rôle des banques publiques d’investissement et de refonder leurs liens avec la banque centrale. Ils plaident aussi pour qu’une monnaie « libre » de dette puisse être produite et injectée de manière ciblée dans l’économie, afin de répondre aux grands enjeux de développement et de préservation de l’environnement.
Le risque, le grand risque, est celui de l’inflation, diront leurs contradicteurs. C’est peut-être vrai. Mais cette crainte montre surtout que l’économie est devenue en quelques années bien plus qu’un savoir socialement dominant : elle semble, à certains égards, être devenue sa propre métrique, aveugle aux réalités du monde physique et aux tourments des hommes. Car si l’inflation peut en effet être dangereuse, peut-elle vraiment l’être plus que la destruction du climat terrestre ou l’effondrement de la vie ?
Il y a, en vérité, bien des façons d’envisager les concepts habituels de la science économique. Alain Grandjean et Nicolas Dufrêne ont déniché dans l’œuvre du grand poète et écrivain argentin Jorge Luis Borges ce qui est peut-être la plus belle définition possible de la monnaie : « Ne pouvant dormir, possédé, presque heureux, je me disais qu’il n’y a rien de moins matériel que l’argent, puisque toute monnaie est, rigoureusement, un répertoire de futures possibilités. L’argent est abstrait, répétais-je, l’argent est du temps à venir. »
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Covid-19 : qui sont les plus vulnérables ?

Publié le 30 Mars 2020 par Thierry BILLET

The CONVERSATION sous la plume de JF TOUSSAINT et G. SAULIERE donne une analyse qui semble pertinente de l'impact sanitaire du Covid-19. "L’âge moyen au décès y est de 81 ans. Parmi les patients décédés, 14 % avaient plus de 90 ans, 56 % plus de 80 ans et 86 % plus de 70 ans. Plus des deux tiers souffraient de diabète, de maladies cardio-vasculaires, de cancer ou étaient d’anciens fumeurs." N'hésitez pas à consulter le site car les tableaux statistiques ne "sortent" pas sur le blog, ils consomment trop de place.

Covid-19 : qui sont les plus vulnérables ?

29 mars 2020, 19:18 CEST

Auteurs

  1. Jean-François Toussaint

    Directeur de l'IRMES, Médecin à Hôtel-Dieu, AP-HP, Université de Paris

  2. Guillaume Saulière

    Biostatisticien , Institut national du sport de l'expertise et de la performance (INSEP)

Nous comprenons maintenant l’impact de cette pandémie : nous perdrons trop tôt nos parents et grands-parents.

En Chine, en France, en Italie, les sujets âgés sont les plus touchés. Le premier SRAS avait conduit l’OMS à déclarer en 2003 que sa prochaine apparition induirait « une crise de santé publique mondiale ».

Or face à l’un de ses cousins, plus létal et plus vif, nous n’avons pas assez progressé pour en anticiper l’émergence.

Observation de la pandémie

Quel est notre adversaire actuel ? Un nouvel acteur dont il nous manque l’origine (animale ?), les routes (tropisme industriel ou touristique ?) et le potentiel évolutif mais dont la dynamique est encore celle de ses prédécesseurs (SARS-1, MERS…) : après la phase d’attaque sur une population vulnérable, le pic de diffusion (jour du plus grand nombre de contaminations, suivi 5 à 7 jours plus tard du pic de décès) est atteint en 3 à 4 semaines.

La progression ralentit ensuite pour s’interrompre, selon la nature des réponses individuelles et populationnelles et la possibilité de ré infestations (en Corée, en Chine, on ne compte plus de décès hors Hubei mais la surveillance de cette possibilité reste très étroite).

 

Ces courbes décrivent l’évolution d’une compétition optimisée (attaque virale contre défenses humaines – immunitaires, individuelles ou sociétales) dans un système passant par plusieurs phases d’adaptation stratégiques réciproques et définissent aussi le cadre des relations proies-prédateurs.

Il s’agit ici d’une agression cliniquement très brutale dont la deuxième phase (installation en quelques heures d’une pneumopathie fulgurante, 5 à 8 jours après les premiers symptômes) pourrait dépasser cette semaine les capacités des services hospitaliers de réanimation. Il faut donc en organiser précisément la gestion des moyens humains (ce que font remarquablement les équipes sur le terrain) et la répartition des moyens matériels (respirateurs, masques et tenues de protection). Dans cette agression, tous les chiffres de mortalité seront revus à la hausse avec l’intégration a posteriori des données des maisons de retraite.

La publication du profil des personnes décédées en Italie nous donne le profil européen de cette pandémie et permet de comprendre son intensité transalpine. L’âge moyen au décès y est de 81 ans. Parmi les patients décédés, 14 % avaient plus de 90 ans, 56 % plus de 80 ans et 86 % plus de 70 ans. Plus des deux tiers souffraient de diabète, de maladies cardio-vasculaires, de cancer ou étaient d’anciens fumeurs.

Dans les pays d’Europe, les indicateurs de vieillissement de la population sont corrélés à l’intensité locale de l’épidémie : le rapport entre le nombre de personnes de plus de 70 ans et celle de moins de 20 ans est en effet très corrélé à la hauteur de la vague.

 

La France, qui présente un ratio intermédiaire (0,43) pourrait ainsi subir une vague moins destructrice que l’Italie et l’Espagne ; les personnes les plus âgées étant les moins à même de se défendre alors qu’un fort pourcentage d’enfants et de jeunes adultes pourrait être protecteur à l’échelle des populations. Sans doute ont-ils un rôle déterminant dans l’établissement de l’immunité de groupe. Dans les dernières publications chinoises et italiennes, moins de 1 % concerne des personnes en dessous de 30 ans, alors que deux sur trois concernaient des personnes ayant dépassé l’espérance de vie italienne.

Comprendre les causes de la mortalité

L’analyse des premiers décès français montre une distribution similaire avec un taux de mortalité inférieur à 0,2 % pour les sujets de moins de 45 ans sans co-morbidité et un risque majeur au-delà de 80 ans, d’autant qu’un antécédent (maladie cardio-vasculaire ou hématologique, insuffisance rénale…) limite l’aptitude à se défendre.

On a beaucoup comparé le virus de la grippe et le SARS-CoV-2. Or, à la mi-mars 2020, la grippe en France se répartissait ainsi pour les cas les plus graves nécessitant des soins lourds : 15 % avaient moins de 15 ans, un tiers plus de 65 ans, un quart ne présentait aucun antécédent. La grippe, qui fut pourtant la moins grave de ces dernières années a proportionnellement plus touché les enfants et les individus non malades que ne le fait le Covid-19. Épargnés par la grippe, les sujets les plus fragiles ne peuvent répondre au casse-tête immunitaire d’un agresseur auquel leurs défenses n’avaient jamais été confrontées.

Cette notion de vulnérabilité nécessite d’être précisée dans le contexte actuel. Nos relations aux paramètres vitaux passent en effet par un optimum, qui définit les plages de surveillance des patients et de leurs traitements (tension artérielle entre 90/60 et 140/90 mmHg ; glycémie à 1 g/l +/- 0,25 ; température entre 33 et 41 °C ; indice de masse corporelle ou IMC entre 18,5 et 25 kg/m2, etc.).

Hors de ces intervalles optimisés, l’organisme réduit ses facultés adaptatives en raison de contraintes métaboliques (hypertension artérielle, diabète, cholestérol élevé) ou physiques (âge élevé, surpoids…). Toutes ces dimensions établissent un optimum commun (cf. Figure 4, adaptée du rapport « Impacts sanitaires de la stratégie d’adaptation au changement climatique » du HCSP) dont toute pathologie ou insuffisance (cardiaque, rénale, respiratoire, neuronale…) nous éloigne.

Les plus vulnérables se situent aux extrêmes de ces distributions (défaillance cardiaque nécessitant une transplantation, maigreur sévère ou obésité morbide, broncho-pneumopathie chronique, âge très élevé). C’est pourquoi l’on retrouve ces facteurs de risque associés à la mortalité du Covid-19 (les très rares sujets jeunes décédés sans antécédent connu présentaient peut-être un défaut de leur système de défense immunitaire, que le coronavirus utilise comme porte d’entrée et qu’il est le premier – et malheureusement le dernier – à révéler).

Survivre au temps du Corona

Rien ne nous interdit de resituer maintenant cet épisode dans son contexte : nous sommes désormais conscients des effets de très longue portée de nos choix lorsqu’ils exploitent principalement le court terme.

Trois effets se télescopent ici :

  • L’impact économique des épidémies croît de manière exponentielle : celle dite de la vache folle avait emporté 10 milliards de dollars en 1995, H5N1 : 30, SARS-1 : 40 en 2003, H1N1 : 50 en 2009 (pour 150 000 décès). Avec son impact sur l’énergie, l’automobile, la banque, le tourisme ou l’aviation, Covid-19, par la complexité de ces intrications, dépassera les centaines de milliards à l’échelle planétaire. Alors que l’économie est à bout de souffle, on voit pointer la perte fulgurante de nos moyens de lutte pour sauver les patients des générations suivantes et le vide dans lequel certains pays vont plonger. Parmi de nombreux autres, le Liban, qui vient de déclarer faillite, en fera-t-il la douloureuse expérience ? Et dans quel état cette période, économiquement redoutable par ses effets dominos, laissera-t-elle nos sociétés ?

  • Le risque d’une réaction non proportionnée : confrontés à ce nouvel acteur, les patients meurent d’une hyper réaction immunitaire qui flambe leur poumon en quelques jours. À l’échelle des sociétés, le feu est dans la maison et le recul économique lié à cette crise pourrait détruire certaines options indispensables de nos systèmes de santé. Comment réagirons-nous lorsque les grandes crises annoncées par l’OMS surviendront dans les prochaines années ? En tant qu’espèce, sommes-nous à ce point affaiblis pour ne plus avoir d’option que de jeter nos dernières forces dans un combat, qui n’est que la première bataille des guerres à venir ?

  • À l’avenir, il nous faudra aussi considérer les interactions entre risques, telles qu’elles se déclenchent aujourd’hui au cours d’une crise sanitaire, économique, environnementale, énergétique et pétrolière. En effet, l’effondrement des taux atmosphériques de NO2 et de CO2, résultant de l’arrêt de la production industrielle (en Italie, en Europe, en Chine), nous indique l’ampleur de ce qu’il faudrait faire pour respecter nos engagements sur le climat (accord de Paris 2015 à la COP21). Nous y voyons le poids faramineux de notre empreinte et la hauteur de la barre à franchir. Serons-nous spontanément capables de décider une réduction de 92 % de notre production industrielle ? Pouvons-nous réellement « choisir » de le faire ou nos choix sont-ils le plus souvent contraints ? Or c’est aussi de cette qualité d’air dont auront besoin les enfants de Chine et du monde pour éviter maladies coronaires, asthme et cancers prématurés.

Nous avançons, pas à pas, sur une planche au-dessus des flots. Chaque nouvelle perturbation vient rompre notre fragile équilibre alors que nos sociétés absorbent de plus en plus difficilement ces oscillations puissantes.

Nous y lisons la confirmation d’un fait majeur : l’évidence de notre vulnérabilité croissante face à des menaces que nous pensions oubliées. Le XXe siècle nous a trompé quant aux raisons exactes de notre croissance et de notre développement. Le XXIe siècle ne sera pas celui des maladies dégénératives, faites d’insuffisances cardiaques, respiratoires ou neuronales (Alzheimer) aux grands âges… mais, à nouveau, celui de nos prédateurs primaires (virus, parasites, bactéries) dont on ne cesse de mesurer le réarmement et la résistance croissante à toutes nos thérapies.

Cette fragilité engendre une très grande instabilité sociétale et politique et une remise en cause de plus en plus forte des décisions prises. À Wuhan, Madrid, Mulhouse ou Brescia, se mesure déjà ce que seront, bien après la pandémie, les conséquences de cette tempête.

 

 

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Bruno LATOUR

Publié le 30 Mars 2020 par Thierry BILLET

"Faites l’expérience de pensée : imaginez que le président Macron soit venu vous annoncer, avec le même ton churchillien, un train de mesures pour laisser les réserves de gaz et du pétrole dans le sol, pour stopper la commercialisation des pesticides, supprimer les labours profonds, et, audace suprême, interdire de chauffer les fumeurs à la terrasse des bars… Si la taxe sur l’essence a déclenché le mouvement des « gilets jaunes », là, on frémit à la pensée des émeutes qui embraseraient le pays. Et pourtant, l’exigence de protéger les Français pour leur propre bien contre la mort est infiniment plus justifiée dans le cas de la crise écologique que dans le cas de la crise sanitaire, car il s’agit là littéralement de tout le monde, et pas de quelques milliers d’humains – et pas pour un temps, mais pour toujours." Bruno LATOUR nous incite encore une fois à une réflexion vivifiante. Cette période de calme inouïe en est le moment propice.

« La crise sanitaire incite à se préparer à la mutation climatique »

Tribune

Bruno Latour, Sociologue et philosophe, anthropologue des sciences

Dans une tribune au « Monde », le sociologue et philosophe Bruno Latour explique que « l’exigence de protéger les Français pour leur propre bien contre la mort est infiniment plus justifiée dans le cas de la crise écologique que dans le cas de la crise sanitaire »

Publié 25 mars 2020 à 02h10

La coïncidence imprévue entre un confinement général et la période du carême est quand même assez bienvenue pour ceux à qui on a demandé, par solidarité, de ne rien faire et qui se trouvent à l’arrière du front. Ce jeûne obligé, ce ramadan laïque et républicain peut être une belle occasion pour eux de réfléchir sur ce qui est important et ce qui est dérisoire…

Comme si l’intervention du virus pouvait servir de répétition générale pour la crise suivante, celle où la réorientation des conditions de vie va se poser à tout le monde et pour tous les détails de l’existence quotidienne qu’il va falloir apprendre à trier avec soin. Je fais l’hypothèse, comme beaucoup, que la crise sanitaire prépare, induit, incite à se préparer à la mutation climatique. Encore faut-il tester cette hypothèse.

Le virus n’est que l’un des maillons d’une chaîne

Ce qui autorise l’enchaînement des deux crises, c’est la réalisation soudaine et douloureuse que la définition classique de la société – les humains entre eux – n’a aucun sens. L’état du social dépend à chaque instant des associations entre beaucoup d’acteurs dont la plupart n’ont pas forme humaine. Cela est vrai des microbes – on le sait depuis Pasteur –, mais aussi d’Internet, du droit, de l’organisation des hôpitaux, des capacités de l’Etat, aussi bien que du climat. Et bien sûr, malgré le barouf autour d’un « état de guerre » contre le virus, celui-ci n’est que l’un des maillons d’une chaîne où la gestion des stocks de masques ou de tests, la réglementation du droit de propriété, les habitudes civiques, les gestes de solidarité, comptent exactement autant pour définir le degré de virulence de l’agent infectieux.

Une fois pris en compte tout le réseau dont il n’est qu’un maillon, le même virus n’agit pas de la même façon à Taïwan, Singapour, New York ou Paris. La pandémie n’est pas plus un phénomène « naturel » que les famines d’autrefois ou la crise climatique actuelle. Il y a bien longtemps que la société ne tient plus dans les étroites limites du social.

Ceci posé, il n’est pas clair pour moi que le parallèle aille beaucoup plus loin. Car enfin, les crises sanitaires ne sont pas nouvelles, et l’intervention rapide et radicale de l’Etat ne semble pas jusqu’ici beaucoup innover. Il suffit de voir l’enthousiasme du président Macron pour endosser la figure de chef d’Etat qui lui manquait si pathétiquement jusqu’ici. Beaucoup mieux que les attentats – qui ne sont malgré tout que des affaires de police –, les pandémies réveillent, chez les dirigeants comme chez les dirigés, une sorte d’évidence – « nous devons vous protéger » « vous devez nous protéger » – qui recharge l’autorité de l’Etat et lui permet d’exiger ce qui, en toute autre circonstance, serait accueilli par des émeutes.

Mais cet Etat, ce n’est pas celui du XXIsiècle et des mutations écologiques, c’est celui du XIXe  siècle et de ce qu’il est convenu d’appeler le « biopouvoir ». Pour parler comme le statisticien regretté Alain Desrosières, c’est l’Etat des bien nommées statistiques : gestion des populations sur un quadrillage territorial vu de haut et mené par un pouvoir d’experts. Exactement ce que nous voyons ressusciter aujourd’hui – à cette seule différence qu’il est répliqué de proche en proche, au point d’être devenu planétaire.

L’originalité de la situation présente, me semble-t-il, c’est que, en restant claquemuré chez soi alors que, dehors, il n’y a plus que l’extension des pouvoirs de la police et le pin-pon des ambulances, nous jouons collectivement une forme caricaturale de la figure du biopouvoir qui semble sorti tout droit d’un cours du philosophe Michel Foucault. Il n’y manque même pas l’oblitération des très nombreux travailleurs invisibles obligés de travailler quand même pour que les autres puissent continuer à se terrer chez eux – sans oublier les migrants impossibles à fixer. Mais justement, cette caricature est celle d’une époque qui n’est plus la nôtre.

Un abîme immense

C’est qu’il y a un abîme immense entre l’Etat capable de dire « je vous protège de la vie et de la mort », c’est-à-dire de l’infection par un virus dont la trace n’est connue que par les savants et dont les effets ne sont compréhensibles que par le recueil des statistiques, et l’Etat qui oserait dire « je vous protège de la vie et de la mort, parce que je maintiens les conditions d’habitabilité de tous les vivants dont vous dépendez ».

Faites l’expérience de pensée : imaginez que le président Macron soit venu vous annoncer, avec le même ton churchillien, un train de mesures pour laisser les réserves de gaz et du pétrole dans le sol, pour stopper la commercialisation des pesticides, supprimer les labours profonds, et, audace suprême, interdire de chauffer les fumeurs à la terrasse des bars… Si la taxe sur l’essence a déclenché le mouvement des « gilets jaunes », là, on frémit à la pensée des émeutes qui embraseraient le pays. Et pourtant, l’exigence de protéger les Français pour leur propre bien contre la mort est infiniment plus justifiée dans le cas de la crise écologique que dans le cas de la crise sanitaire, car il s’agit là littéralement de tout le monde, et pas de quelques milliers d’humains – et pas pour un temps, mais pour toujours. (souligné par TB)

  • L’agent pathogène dont la virulence terrible modifie les conditions d’existence de tous, ce n’est pas du tout le virus, ce sont les humains !

Or on sent bien que cet Etat-là n’existe pas. Et ce qui est plus préoccupant, c’est qu’on ne voit pas comment il se préparerait à passer d’une crise à l’autre. Dans la crise sanitaire, l’administration a le rôle pédagogique très classique, et son autorité coïncide parfaitement avec les vieilles frontières nationales – l’archaïsme du retour aux frontières européennes en est la douloureuse preuve.

Pour la mutation écologique, le rapport est inversé : c’est l’administration qui doit apprendre d’un peuple multiforme, à des échelles multiples, à quoi peut bien ressembler l’existence sur des territoires entièrement redéfinis par l’exigence de sortir de la production globalisée actuelle. Elle serait tout à fait incapable de dicter des mesures depuis le haut. Dans la crise sanitaire, c’est en effet le brave peuple qui doit réapprendre, comme à l’école primaire, à se laver les mains et à tousser dans son coude. Pour la mutation écologique, c’est l’Etat qui se retrouve en situation d’apprentissage.

Mais il y a une autre raison que la figure de « la guerre contre le virus » rend incompréhensible : dans la crise sanitaire, il est peut-être vrai que les humains pris en bloc « luttent contre » les virus – même si ceux-ci ne s’intéressent nullement à nous et vont leur chemin de gorge en nez en nous tuant sans nous en vouloir.

La situation est tragiquement inverse dans la mutation écologique : cette fois-ci, l’agent pathogène dont la virulence terrible a modifié les conditions d’existence de tous les habitants de la planète, ce n’est pas du tout le virus, ce sont les humains ! Et pas tous les humains, mais certains, qui nous font la guerre sans nous la déclarer. Pour cette guerre-là, l’Etat national est aussi mal préparé, aussi mal calibré, aussi mal dessiné que possible car les fronts sont multiples et traversent chacun d’entre nous. C’est en ce sens que la « mobilisation générale » contre le virus ne prouve en rien que nous serons prêts pour la suivante. Il n’y a pas que les militaires pour être toujours en retard d’une guerre.

Mais enfin, on ne sait jamais, un temps de carême, fût-il laïque et républicain, peut entraîner des conversions spectaculaires. Pour la première fois depuis des années, des millions de gens, bloqués chez eux, retrouvent ce luxe oublié : du temps pour réfléchir et discerner ce qui les fait d’habitude s’agiter inutilement en tous sens. Respectons ce long jeûne imprévu.

Bruno Latour est notamment l’auteur de « Les Microbes. Guerre et paix », suivi de « Irréductions » (Métailié, 1984) et de « Où atterrir ? Comment s’orienter en politique » (La Découverte, 2017).

 

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Covid-19 ou la pandémie d’une biodiversité maltraitée

Publié le 29 Mars 2020 par Thierry BILLET

The Conversation

L’expertise universitaire, l’exigence journalistique

Covid-19 ou la pandémie d’une biodiversité

maltraitée

Auteurs

  1.  Philippe Grandcolas

    Directeur de recherche CNRS, systématicien, ISYEB - Institut de Systématique, Evolution, Biodiversité (CNRS, SU, EPHE, UA), Muséum national d’histoire naturelle (MNHN)

  2.  Jean-Lou Justine

    Professeur, UMR ISYEB (Institut de Systématique, Évolution, Biodiversité), Muséum national d’histoire naturelle (MNHN)

     

Le monde est frappé de manière globale par l’épidémie du Covid-19. Elle touche chacun d’entre nous, nous craignons pour notre santé, celle de nos proches ou des personnes fragiles. Pour nous tous, le Covid-19 a pris infiniment plus d’importance en quelques semaines que les crises du climat ou de la biodiversité. Celles-là même qui monopolisaient récemment l’attention mondiale avec des évènements catastrophiques comme les incendies forestiers en Australie, par exemple.

Ces crises environnementales – qui nous réservent de graves problèmes à court et moyen terme – semblent pourtant infiniment moins graves au temps présent que cette épidémie menaçant de pouvoir nous toucher immédiatement dans notre corps.

Il faut cependant souligner que le Covid-19, tout comme d’autres épidémies majeures (sida, Ebola, SRAS, etc.), n’est pas sans rapport avec la crise de la biodiversité et du climat que nous connaissons.

Que nous disent ces pandémies de l’état de la biodiversité ?

Nouveaux agents pathogènes

Nous détruisons les milieux naturels à un rythme accéléré : 100 millions d’hectares de forêt tropicale coupés entre 1980 et 2000 ; plus de 85 % des zones humides supprimées depuis le début de l’époque industrielle.

Ce faisant, nous mettons en contact des populations humaines, souvent en état de santé précaire, avec de nouveaux agents pathogènes. Les réservoirs de ces pathogènes sont des animaux sauvages habituellement cantonnés aux milieux dans lesquels l’espèce humaine est quasiment absente ou en petites populations isolées. Du fait de la destruction des forêts, les villageois installés en lisière de déboisement chassent et envoient de la viande contaminée vers des grandes villes.

C’est ainsi qu’Ebola, par exemple, a trouvé son chemin vers les grands centres humains. Ce que l’on appelle la viande de brousse est même exporté vers d’autres pays pour satisfaire la demande d’expatriés et étend ainsi le risque sanitaire très loin des zones d’endémie.


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Nous chassons sans vergogne des espèces exotiques et sauvages pour des raisons sottement récréatives : attrait du rare, repas exotiques, pharmocopées naïves, etc. Le commerce des animaux rares alimente les marchés et là encore permet la contamination des grands centres urbains. L’épidémie du SRAS (syndrome respiratoire aiguë sévère) était advenue du fait ce type de circonstances, par la proximité entre chauve-souris, carnivores et consommateurs humains crédules.

En 2007, la conclusion d’un article scientifique majeur sur cette épidémie du SRAS dénonçait :

« La présence d’un réservoir important de virus de type SARS-CoV dans les chauves-souris Rhinolophidae combiné avec l’élevage pour la consommation de mammifères exotiques dans le sud de la Chine est une bombe à retardement. »

Cette bombe à retardement semble avoir explosé en novembre 2019 avec le Covid-19…

Le danger des zoonoses

La consommation et l’import-export d’animaux exotiques ont deux conséquences majeures.

Ils augmentent d’une part le risque d’épidémie en nous mettant en contact avec des agents infectieux rares. Mais souvent ces agents infectieux sont spécialisés sur une espèce et ne peuvent pénétrer notre corps, vaincre notre système immunitaire, voire même pénétrer et utiliser nos cellules, comme dans le cas des virus. Les trafics mettant en présence divers animaux permettent aux agents infectieux portés de recombiner et d’être ainsi capable de franchir la barrière entre espèces, comme cela a été le cas pour le SRAS et comme cela semble être peut être le cas pour le Covid-19.

Au-delà de la crise actuelle du Covid-19, ce risque n’est pas marginal : Il faut rappeler que plus des deux tiers des maladies émergentes sont des zoonoses, c’est-à-dire des maladies dont le réservoir de l’agent infectieux est un animal ; parmi ces zoonoses, la majorité provient d’animaux sauvages.


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Capturer et vendre ces animaux exotiques exerce d’autre part une pression énorme sur les populations sauvages. C’est le cas du [pangolin], récemment mis en lumière par le Covid-19. Ces mammifères (huit espèces en Afrique et en Asie) sont braconnés pour leur viande et leurs écailles malgré leur statut protégé : plus de 20 tonnes sont saisies chaque année par les douanes, amenant à une estimation d’environ 200 000 individus tués chaque année pour ce trafic.

Nous nous mettons ainsi doublement en danger : « création » de maladies émergentes et destruction d’une biodiversité fragile qui assume des rôles dans les équilibres naturels dont nous bénéficions.

Les circonstances de l’émergence de ces nouvelles maladies peuvent être encore plus complexes. C’est ainsi que les virus du Zika ou de la dengue sont transmis par des moustiques exotiques transportés par les humains par le biais du commerce international dans le monde entier.

Le commerce de pneus usagés dans lesquels de l’eau s’accumule et permet aux larves aquatiques des moustiques de se développer et d’être transportées est notamment incriminé. Dans ce cas, la maladie ne se répand pas par un premier contact direct entre espèce humaine et animaux réservoirs suivi par une transmission intra-humaine, mais il est transmis à l’espèce humaine par des moustiques vecteurs, ces derniers se déplaçant efficacement avec notre aide.

Jamais le moustique-tigre ou d’autres moustiques exotiques n’auraient quitté l’Asie sans notre aide !

« Un monde, une santé »

Cette initiative mondiale – « One Health » en anglais – préconise de gérer la question de la santé humaine en lien avec l’environnement et la biodiversité. Elle identifie trois objectifs principaux : lutter contre les zoonoses (maladies transmissibles des animaux aux humains et inversement) ; assurer la sécurité sanitaire des aliments ; lutter contre la résistance aux antibiotiques.

Cette initiative nous rappelle avec vigueur que nous ne pouvons pas vivre dans un cocon artificiel, où nous ne serions jamais en contact avec la biodiversité, qu’elle soit sauvage, élevée ou cultivée. Deux des trois cibles de l’initiative « Un monde, une santé » – sécurité alimentaire et zoonoses – sont directement impliqués dans l’actuelle crise du Covid-19. Nous ne devrions pas créer des circuits alimentaires farfelus, qu’il s’agisse d’importer des espèces exotiques dans des conditions sanitaires incontrôlées ou de nourrir les animaux d’élevage avec des produits inappropriés, comme l’a montré la maladie de la vache folle avec la consommation de farines animales.

Prévenir les pandémies

Une fois de plus, quand il s’agit de biodiversité, les causes des crises sont connues et les remèdes aussi : quand allons-nous enfin appliquer les remèdes ?

La solution serait d’arrêter la destruction de l’environnement dans les pays du Sud – la déforestation, le transport d’animaux exotiques, le commerce mondial de n’importe quelle denrée ou espèce vivante – pour gagner quelques pour cent de rentabilité par rapport à des productions locales ou des circuits courts… On commence à entendre ici et là que « le monde ne sera pas le même après le Covid-19 ». Alors, intégrons à ce « monde de l’après » un plus grand respect de la biodiversité dans nos nouvelles règles de société… pour notre plus grand bénéfice immédiat !

Le monde que nous laisserons à nos enfants et petits-enfants sera affecté par de nouvelles pandémies, c’est malheureusement déjà sûr… La question reste à savoir de combien de pandémies il sera question. Cela dépendra de nos efforts pour préserver la biodiversité et les équilibres naturels, partout sur la planète. Espérons qu’au-delà des drames humains actuels, le Covid-19 ait au moins l’effet positif de provoquer cette prise de conscience.


Cet article est publié en collaboration avec les chercheurs de l’ISYEB (Institut de systématique, évolution, biodiversité du Muséum national d’Histoire naturelle, Sorbonne Universités). Ils proposent ici une chronique scientifique de la biodiversité, « En direct des espèces ». Objectif : comprendre l’intérêt d’explorer le Vivant et de décrire la biodiversité

 

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Qualité de l'air et COVID-19

Publié le 28 Mars 2020 par Thierry BILLET

Les associations de mesure de qualité de l'air dont ATMO AUVERGNE RHÔNE ALPES viennent de publier une analyse globale des conséquences du confinement. Je vous l'envoie par simple demande par courriel. En voici la synthèse.

  • Les mesures enregistrées par les Associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (AASQA), depuis la prise d’effet des mesures de confinement, montrent que celui-ci a un impact positif sur la qualité de l’air (I) ;

  • On observe cependant en certains points du territoire ce qui s‘apparente à un épisode de pollution printanier : augmentation des températures, absence de vent et ensoleillement, qui ont pour conséquence la formation de particules fines dans l’atmosphère, issues notamment de sources agricoles et chauffage au bois. Les émissions liées au trafic routier sont, elles, en net recul (I) ;

  • Une exposition chronique à la pollution de l’air est un facteur aggravant des impacts sanitaires lors de la contagion par le COVID-19 (II) ;

  • Le contexte de confinement que nous connaissons doit inciter chacun·e à redoubler de vigilance sur les bonnes pratiques à mettre en œuvre en termes qualité de l’air intérieur (III).

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« Seule l’intelligence collective nous sortira de la crise »

Publié le 28 Mars 2020 par Thierry BILLET

Entretien recueilli par ALTERNATIVES ÉCONOMIQUES le 26 mars

Laurent Berger : « Seule l’intelligence collective nous sortira de la crise »

Laurent Berger Secrétaire général de la CFDT

Comment protéger les salariés tenus de travailler ? Et trouver des solutions au cas par cas dans les entreprises ? Laurent Berger, secrétaire national de la CFDT, revient sur la nécessité de renforcer le dialogue social, alors que l’ordonnance sur le temps de travail issue de la loi d’urgence sanitaire permet désormais aux employeurs de modifier unilatéralement les jours de repos, horaires, RTT… Et de mobiliser également six jours de congés payés, à la condition toutefois d’avoir signé un accord avec les syndicats.

Pour le leader de la centrale de Belleville, qui a lancé mercredi un appel à ne pas verser de dividendes aux actionnaires en 2020, il s’agit aussi d’inventer un modèle post-crise sanitaire.

Le débat monte sur les personnes qui exercent des métiers dits « indispensables » et celles qui pourraient rester confinées. Avez-vous identifié ces activités ?

Nous nous sommes essayés à l’exercice et, objectivement, c’est compliqué. Je mets de côté les métiers de la santé, qui sont plus qu’essentiels, et toute une série de services publics qui assurent de la solidarité, de la sécurité, de l’accompagnement des citoyens dans cette période difficile. Il en va de même pour les transports et l’agro-alimentaire.

Mais justement, prenons ce dernier secteur. Il est très mécanisé et il commence à avoir des difficultés d’approvisionnement en pièces de rechange, parce que des sous-traitants ont ralenti ou suspendu leur activité. Baisser le rideau partout pose des problèmes. On échange beaucoup avec nos équipes, y compris avec nos collègues italiens qui rencontrent les mêmes problèmes.

En France, je prends un autre exemple : les aires d’autoroutes ont été fermées. Les routiers qui acheminent les marchandises nous ont immédiatement fait remonter des demandes : comment font-ils pour manger, se doucher, se laver les mains ? Nos équipes ont saisi le ministère des Transports et des solutions sont proposées.

Elles sont très mobilisées dans cette période. Par exemple chez SFR. la CFDT est vent debout contre la direction, qui a mis beaucoup de monde au chômage partiel alors que la téléphonie c’est vital en ce moment et qu’il est possible, dans certains cas, de télétravailler sans mettre la vie des salariés en danger. Et sans avoir recours au chômage partiel. En revanche, c’est logique de fermer les boutiques avec des salariés en contact avec les clients.

Le chômage partiel, c’est très bien. Nous l’utilisons heureusement beaucoup plus qu’en 2009, mais il ne faut pas oublier que c’est nous, la collectivité, qui le payons. Il faut en plus éviter les effets d’aubaine. Certaines entreprises mettent leurs salariés au chômage partiel et les font télétravailler.

Dans toutes ces situations qui nous arrivent, et je peux vous dire qu’on reçoit des milliers de questions sur la boîte Covid-19 de la CFDT, il faut répondre au cas par cas. Evidemment, quand l’activité de l’entreprise est déprimée – l’automobile est un cas typique –, il vaut mieux suspendre, travailler avec moins de personnes. Des entreprises signent des accords, mettent en place des alternances de postes, font travailler des personnes quatre jours payés cinq. C’est par exemple le cas chez Master Grid.

Il est nécessaire aussi de faire le ménage sur ce qui est utile et ce qui ne l’est pas, de s’interroger dans les entreprises sur tout ce qui peut être annulé, reporté. Mais on ne peut pas faire un inventaire à la Prévert de toutes les activités qui ne sont pas indispensables. Et encore moins dépendre d’une injonction qui viendrait du sommet.

Mais que répondez-vous aux employeurs qui font quand même travailler leurs salariés alors que ce n’est pas nécessaire ou dangereux ?

Nous sommes extrêmement vigilants sur ce point. Certaines situations sont inacceptables. Sur le site de Schindler à Wambrechies dans le Nord, les salariés travaillent sans protection. Dans une entreprise de la chimie en Rhône-Alpes, le patron a fait des déclarations écrites expliquant qu’il n’y avait pas de danger, malgré deux droits d’alerte des organisations syndicales signalant qu’il y avait un danger grave et imminent pour la santé.

Nous avons soutenu les salariés d’Amazon qui se sentaient menacés et qui ont exercé leur droit de retrait… Il faut tenir les deux bouts : permettre de travailler quand c’est nécessaire, et sécurisé et l’empêcher dans le cas inverse. Je le répète, il faut des consignes claires et un cadre national, mais les solutions sont à construire dans les branches et les industries  Il ne peut pas y avoir une réponse uniforme au niveau national. Il n’y a que le dialogue social qui puisse nous aider à sortir de cette crise.

L’ordonnance publiée mercredi sur le temps de travail, issue de la loi d’urgence sanitaire, balaie pourtant ce dialogue social. Les entreprises peuvent désormais déroger au Code du travail sur les RTT, horaires, temps de repos… sauf pour les six jours de congés payés qui ne pourront être modifiés sans accord préalable. C’est un lot de consolation accordé aux syndicats ?

Il faut arrêter de voir les choses comme ça. Vous savez, les congés payés, c’est extrêmement important pour les gens dont on parle. Ceux qui sont dehors, qui s’exposent au danger. Eux, bien souvent, ils n’ont que ça. Les RTT ou les compte épargne-temps, ce n’est pas pour eux. Donc oui, nous voyons cela comme un résultat positif d’avoir fait reculer la décision unilatérale de l’employeur.

Pour le reste, passer en force sans discussion et écarter le dialogue social, c’est une grosse erreur. C’est insupportable. Mais je vous fais le pari que les employeurs qui en profiteront pour faire travailler davantage les salariés sans contreparties négociées se casseront les dents. Dans les abattoirs par exemple, vous ne pouvez pas demander à des salariés de travailler 60 heures par semaine. C’est humainement impossible.

Tous les syndicats, y compris patronaux, ont demandé au gouvernement d’en passer par des accords au niveau des entreprises ou des branches et de ne pas déroger au temps de travail dans une loi d’exception. Pourquoi n’êtes-vous pas écoutés ?

La situation est assez contradictoire. Nous avons un gouvernement qui n’a de cesse de promouvoir la négociation au plus près du terrain mais qui, dans ce cas-ci, impose ses décisions par le haut. La raison tient à une vieille défiance vis-à-vis du dialogue social.

Certains ne croient pas à la capacité des acteurs à réagir à cette crise avec les bons modes de fonctionnement. Or, encore une fois, seule l’intelligence collective nous sortira de là. On n’a pas besoin de dire aux soignants qu’ils doivent faire plus que leurs heures. Ils le font déjà. Et partout, quel que soit le secteur, on peut s’adapter.

Cela fait bien longtemps qu’on n’avait pas vu une telle unité syndicale, y compris entre partenaires sociaux. Cela va-t-il laisser des traces ?

Je l’espère. Tout le monde se parle. On s’appelle très souvent avec Yves [Veyrier] et Philippe [Martinez]. Et on se retrouve sur ces questions de santé et de sécurité. On verra sur quoi tout cela débouchera après la crise. Mais d’ores et déjà, on avance. Le dialogue social, c’est plus que des déclarations. On a trouvé des solutions dans la métallurgie, l’agro-alimentaire… Dans la branche des cafés/hôtels/restaurants qui emploie 800 000 salariés, la discussion a débouché sur un fonds de solidarité de 1 milliard d’euros. Les salariés seront exonérés de cotisations versées normalement à leur complémentaire santé.

Il est possible d’innover. Nous avons obtenu que les nombreux salariés, je devrais dire nombreuses car il s’agit de beaucoup de femmes, qui travaillent chez les particuliers employeurs, bénéficient du chômage partiel. Nous avons poussé pour que les intérimaires dont les contrats prévus se sont brutalement arrêtés puissent bénéficier de l’assurance chômage, et qu’ils aient droit à l’activité partielle quand l’entreprise qui a recours à leurs services a fait cette demande. Les règles de calcul des allocations chômage, qui devaient entrer en vigueur le 1er avril, sont repoussées. Les chômeurs en fin de droit voient leurs droits prolongés… Beaucoup de dispositifs sont mis en place.

Chômage partiel, aides aux indépendants, droits pour les chômeurs… De nombreuses mesures sont effectivement déployées. Mais voyez-vous encore des trous dans la raquette ?

Oui, il en existe encore. Nous avons un gros problème avec les personnes qui devaient être embauchées et qui ne le sont pas, avec les CDD non renouvelés. Pareil avec celles qui ont démissionné pour prendre un nouvel emploi et qui ne le peuvent plus. Il est trop tôt pour évaluer les conséquences de cette crise sanitaire sur l’emploi, mais il est évident que des entreprises, surtout les plus petites, ne pourront pas se relever. Avec les organisations patronales, nous avons décidé d’activer les commissions paritaires régionales de l’artisanat pour venir en aide aux salariés et employeurs de TPE.

Les conséquences sur l’économie risquent d’être lourdes et les réponses doivent venir de tous les échelons et de tous les acteurs qu’ils soient locaux, nationaux ou européens. Avec la Confédération européenne des syndicats (CES), nous avons lancé un appel pour que l’Europe lance des « Corona bonds » (un titre de dette commun aux pays de la zone euro ou de l’Union européenne pour emprunter sur les marchés financiers, NDLR). Nous avons besoin de fonds pour faire face à cette crise.

Vous avez signé avec 18 organisations (Fondation Abbé Pierre, Nicolas Hulot, Oxfam…) un pacte du pouvoir de vivre pour un modèle alternatif de société. Vous coordonnez-vous pour trouver des solutions dans cette crise sanitaire ?

Tout d’abord, je tiens à préciser que nous sommes désormais 55 organisations réunies autour de ce pacte. Ensuite, l’urgence c’est de sauver des vies, de protéger les personnes qui doivent travailler, de trouver un toit pour ceux qui n’en ont pas, et de faire en sorte que l’économie ne s’effondre pas. Chacun travaille, mais il est certain qu’après cette vague d’urgence sanitaire, nous formulerons des propositions.

Cette crise nous rappelle cruellement que nous sommes tous interdépendants, elle jette une lumière crue sur les inégalités. La réalité du confinement n’est pas la même quand on vit à quatre dans 80 m² qu’à cinq dans 40 m².

Au moment où l’économie repartira, la question de l’écologie ne devra pas être traitée de manière subalterne. Tout comme celle des services publics dont on redécouvre subitement l’utilité. Faire passer les impératifs budgétaires avant les besoins de santé est une impasse totale. Et ce n’est pas faute de l’avoir répété. En 2015, j’avais écrit que l’hôpital était au bord du burn-out. Et je ne suis pas le seul à l’avoir dit.

On assiste à un changement de pied dans les discours. Le gouvernement salue les soignants en héros. Tous les soirs à 20 heures, les gens, et j’en fais partie, applaudissent aux balcons. Les personnels de santé avec lesquels je discute me disent que c’est réconfortant. Mais ça ne suffira pas. Il ne faudra pas oublier cet effort et leur apporter une reconnaissance sur le long terme.

Nous avons lancé un appel pour que cette année les dividendes ne soient pas versés aux actionnaires

Nous allons devoir reconstruire un modèle. Y compris dans les entreprises. Hier, nous avons lancé un appel pour que cette année, les dividendes ne soient pas versés aux actionnaires. On nous parle d’économie, de santé, de solidarité. A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Les entreprises du CAC 40 ont versé 50 milliards d’euros l’an passé. Certains grands groupes ont déjà annoncé qu’ils ne verseraient pas de dividendes en 2020. On attend que les autres le fassent.

Mais c’est aussi vrai à titre individuel. On assiste à de belles initiatives solidaires. Beaucoup d’entre nous sont confinés. On consomme moins, on ne va plus au resto ou au ciné. C’est l’occasion, pour ceux qui le peuvent, de faire des dons, d’aider ceux qui en ont le plus besoin.

Propos recueillis par Sandrine Foulon
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Confinement et air intérieur, par ATMO AUVERGNE RHONE ALPES

Publié le 27 Mars 2020 par Thierry BILLET

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Si le confinement peut avoir du bon sur la qualité de l’air extérieur, notamment avec un trafic routier en très forte baisse, la situation peut être différente pour l’air intérieur... Alors que nous passons tout notre temps à l'intérieur de nos logements, voici quelques rappels sur les bonnes pratiques à adopter au quotidien.

En effet, nous devons pour la plupart rester confinés chez nous, parfois sans la possibilité de sortir "prendre l'air". Les activités dans les logements se sont accrues ces derniers jours, pour s’occuper : cuisine, bricolage, peinture. Elles sont autant de pratiques susceptibles de générer des polluants dans l’air des habitations. Ces polluants peuvent être responsables de l’aggravation de maladies respiratoires comme l’asthme et l’allergie.

Habituellement, nous passons environ 80 % de notre temps dans des environnements clos, la qualité de l'air intérieur est d’ailleurs considérée un enjeu majeur de santé publique. Actuellement, pour les personnes confinées, cette proportion dépasse sans doute 95 % du temps, dans le même espace clos. Alors voici les trois principes fondamentaux à avoir en tête : aérer, ventiler, et réduire les sources d'émissions de polluants.

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Cependant, en cette période de confinement, c’est peut-être l’occasion de s'interroger un peu plus sur vos habitudes et de prendre le temps d’adopter les bons gestes qui vous permettront de mieux respirer au quotidien. En voici quelques-uns :

J’AERE ET JE VENTILE

- J’ouvre en grand mes fenêtres : vous pouvez aérer à toute heure car il y a moins de pollution due au trafic. Habituellement, il est conseillé d'aérer au minimum de 15 à 20 mn par jour (en deux fois, matin et soir), mais n’hésitez pas à aérer à chaque fois que vous finissez une activité ou avant l’occupation d’une pièce pour une longue période (chambre de nuit par exemple), ou dès que vous passez un certain temps à plusieurs dans une même pièce.

- Je surveille l’humidité : l’augmentation du nombre de personnes dans les foyers conduit à une augmentation de l'utilisation des pièces d'eau (salle de bain/douche, cuisine). Les moisissures peuvent se développer principalement dans les pièces humides mal ventilées (salles de bains…), sur les murs mal isolés. Leurs spores peuvent envahir l’ensemble du logement et provoquer des troubles respiratoires ou allergiques.  

- J’augmente la ventilation si nécessaire : il est souvent possible de moduler les vitesses des systèmes d’aération. Bien sûr, ne bouchez jamais une entrée d’air ou une bouche d’extraction et nettoyez les régulièrement !

- J’évite de fumer (dans un espace clos) : la fumée de cigarette s'imprègne durablement dans les murs, les tissus, le sol et le plafond. Inhaler l'air d'un espace clos pollué par le tabac augmente le risque de pathologies cardiaques et respiratoires.

- Je fais sécher mon linge si possible à l’extérieur ou dans une pièce bien ventilée ou aérée.

- J’allume systématiquement la hotte aspirante en cuisinant ou j’aère si je n’ai pas de hotte. Je mets un couvercle sur les casseroles afin d'éviter l’humidité.


 

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Le premier site de vente de produits locaux ce vendredi, de 8h et 13h, à l’école Vaugelas

Publié le 26 Mars 2020 par Thierry BILLET

COVID 19 – LA VILLE A VOS COTES

Jeudi 26 mars 2020

La ville d’Annecy organise chaque jour les conditions de maintien du service public, répond aux besoins des usagers et des acteurs de la lutte contre le Covid-19, et s’engage en faveur des acteurs économiques impactés.

Le premier site dédié à la vente de produits locaux ouvre demain

Afin de soutenir les producteurs locaux et apporter une solution de proximité à ceux qui ne peuvent se déplacer trop loin de chez eux, la ville met en place des sites dédiés à la vente de produits locaux, par les producteurs eux-mêmes.

Le premier site ouvre ce vendredi, de 8h et 13h, à l’école Vaugelas, 5 avenue de Chambéry, Ce site sera entièrement clos, avec un accès contrôlé et régulé afin de maintenir un flux de clientèle

restreint dans l’enceinte. Lamplitude horaire permet également détaler les visites des clients.

Les cheminements des clients seront organisés autour d’un sens de circulation, évitant les croisements entre entrants et sortants.

Les bancs seront espacés afin de permettre l'organisation de files d'attente, également espacées et matérialisées au sol.

Les consignes restent les mêmes que sur les marchés : service par les commerçants et non par les clients, protection des denrées alimentaires ...
Ces consignes seront rappelées aux commerçants.

Concernant le marché de Meythet

Contrairement à ce qui était indiqué dans le communiqué de presse du 24 mars, le marché de Meythet ne fait pas partie des petits marchés de proximité maintenus à la demande la Ville et par arrêté préfectoral.

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La Ville organise l'accueil des sans abris à ANNECY

Publié le 26 Mars 2020 par Thierry BILLET

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